‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 64 sur 154 · CHAPITRE CIRQUIÙMK. 1 l · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIRQUIÙMK. 1 l

il faut avoir la précaution de n'en exciser que la quantité justement nécessaire pour qu'elle se laisse soulever par l'action du muscle élévateur. Dans les cas les plus ordinaires du trichiasis , c'est-à-dire dans ceux qui dépendent du relâchement de la paupière et de l'introversion du tarse et des cils , il est de la plus grande importance, comme je lai dit, de se rappocher le plus possible du bord libre du tarse; mais dans le cas de simple relâchement de la paupière supérieure sans aucune inclinaison vicieuse , il n'y a pas d'autre indication que celle de raccourcir cette paupière : j'aime mieux alors exciser une portion des téguments qui avoisinent l'arcade orbitaire supérieure.

On apprécie facilement la longueur excédente de la paupière relâchée, en faisant regarder.au malade un objet situé horizontalement à la hauteur de ses yeux ; cela suffit pour voir de combien la paupière saine s'élève au-dessus de l'autre. La différence étant reconnue, le chirurgien, à laide d'une pince ou mieux avec le pouce et l'indicateur, fait un pli transversal à la peau de la paupière supérieure, tout près de l'orbite , puis ordonne au malade d'ouvrir les deux yeux. S'il exécute également bien ce mouvement des deux côtés, c'est une preuve que le muscle élévateur n'a* pas perdu sa puissance contractile, et si, en même temps, les deux paupières supé-

rieufes s'élèvent à la même hauteur, le pli fait aux téguments a l'étendue convenable : dans le cas contraire il faudrait l'agrandir ou le diminuer. L'opérateur l'enlèvera d'un seul coup de ciseaux, en ayant la précaution, au moment de l'excision , de le soulever à sa partie moyenne plus que vers ses angles , pour donner à la plaie la forme d'une feuille de myrthe ; il en rapprochera les bords à l'aide de quelques bandelettes agglutinatives, mais sur-tout en fixant, par un bandage semblable au monoculus, une compresse sur le sourcil, et une autre sur la partie inférieure du contour de l'orbite. La guérison s'effectue de cette manière en quelques jours comme dans le trichiasis, pourvu que les compresses et le bandage soient exactement appliqués (i).

Je ne citerai pour preuve de ce que je viens

(i) L'opération très -- rationnelle que vient de décrire M. Scarpa, nom paraît contr'indiqirée, lorsque la chute de >a paupière supérieure dépend de la paralysie de son muscle élévateur , parce qu'il y a dans ce cas paralysie simultanée des muscles droit supérieur, droit inférieur, droit interne, petit oblique de l'œil, et par conséquent strabisme divergent. Tous ces muscles en effet, reçoivent, comme l'élévateur de la paupière, leurs nerfs delà troisième paire; or, pour que ce dernier fût seul paralysé, il faudrait que la cause de la paralysie n'eût agi que sur le filet nerveux qui lui est destiné; ce qui n'est peut-être jamais arrivé. La chute de lapau-

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