CHAPITRE CINQUIEME. lit
d'avancer qu'un seul fait, quoiqu'il me fut trèsfacile d'en rapporter plusieurs. On peut d'ailleurs consulter ceux qui terminent le chapitre précédent.
Je conseille également aux jeunes praticiens de lire un fait analogue inséré dans le deuxième volume des opuscules de chirurgie de Morand.
vingtième Observation.
M. Magiore F. , attaché au service de sa majesté l'empereur d'Autriche, âgé de quarante ans, doué d'un forte constitution , exposé à toutes les privations inséparables de la guerre, fut pris d'une ophthalmie intense avec céphalalgie violente et douleurs dans tous les membres.
Il eut recours à l'usage répété des saignés et des purgatifs, ensuite aux sudorifîqes etauxap^
pière soustrait alors les malades à tous les inconvénients de la diplopie , triste avantage que l'opération leur ferait perdre. 11 faut donc, dans ce cas, diriger tous ses moyens cura tifs contre la paralysie elle-même. Il est inutile d'entrer ici dans aucun détail sur le traitement général de la paralysie, mais nous recommanderons en particulier dans celle dont il s'agit, l'application d'un séïon à la nuque , l'usage des liniments volatils spiritueux, et celui de l'acide sulfureux qu'on dirige sur les paupières au moment où il se de'gage.
(Note des Traducteurs)
Il6 MALADIES J)£S YEUX.
plications ëmollientes locales. La rougeur de l'œil droit disparut en quelques semaines, mais il n'en fut pas ainsi de l'œil gauche. Le malade se soumit pendant long-temps encore à l'usage des topiques relâchants sous l'influence desquels on vit la conjonctive se gorger d'une sérosité rougeâtre , la paupière supérieure se boursoufler et tomber, de telle sorte que M. F. finit par ne plus pouvoir l'élever, et perdit entièrement 3a faculté d'ouvrir l'œil. Il se soumit vainement pendant dix-huit mois, tant en France qu'en Allemagne, à l'usage du mercure et de plusieurs autres médicaments; il tint fort mal-à-propos son œil couvert pendant long-temps avec une compresse et une bande qui déprimèrent de plus en plus la paupière supérieure.
Ce fut pendant le mois de septembre 1814, que je fus consulté par ce brave militaire. Je m'assurai que son œil était parfaitement sensible à la lumière, et je vis d'ailleurs qu'il jouissait de tous ses mouvements naturels. Avec le pouce et l'indicateur, je soulevai les téguments de la paupière supérieure et je les excisai, comme je Tai dit dans le chapitre précédent. Le malade se trouva délivré en peu de jours, d'une longue et pénible infirmité; on vit disparaître les vaisseaux variqueux de la conjonctive et Fengorgement des foflicules de Meïbomius et du tarse, entretenu par le frottement continuel de la paupière.