CHAPITRE SIXIÈME. I
au niveau de son bord libre et sans intéresser le point lacrymal inférieur; avec une pince, je soulevai cette membrane, et, après l'avoir détachée jusque près de l'endroit où elle se réfléchit sur l'œil , je l'emportai d'un seul coup de ciseaux ; je recommandai à la malade de fermer l'œil, et je le couvris d'un plumasseau de charpie sèche assujetti par une bande, ce qui suffit pour arrêter l'hémorragie.
Deux jours après, à la levée du premier appareil, je trouvai la paupière inférieure redressée et sensiblement remontée vers le globe de l'œil: Je lavai la plaie avec de l'eau tiède, et la couvris d'un linge enduit de cérat et d'huile ; puis j'appliquai un bandage unissant dont l'action s'exerçait de bas en haut sur les téguments de la paupière. Du vingt-septième au vingt-neuvième jour, la suppuration augmenta et la plaie se recouvrit de fongosités qui s'opposaient évidemment au redressement de la paupière; je les excisai d'un seul coup avec des ciseaux courbes.
Le ier janvier 1 800, la suppuration reparut en assez grande abondance ; la plaie fut lavée plusieurs fois par jour avec l'eau d'orge et le miel rosat.
Le 5 du même mois, j'ordonnai qu'on appliquât tous les soirs de l'onguent ophlhalmique sur la face interne de la paupière, afin de surmonter la tendance qu'elle avait à se couvrir de fongosités. On ne cessa l'usage de ce topique que le dixième jour.
l5o MALADIES DES YEUX.
A cette époque, la paupière se soutenait à sa plus grande hauteur possible, et embrassait assez bien l'hémisphère inférieur du globe de l'œil pour prévenir l'écoulement des larmes sur la joue.
Du dixième au vingtième jour , la plaie se cicatrisa complètement : elle fut dans cet intervalle touchée de temps en temps avec la pierre infernale et lavée avec l'eau d'orge miélée.
Le 11 janvier, la malade quitta l'hôpital trèssatisfaite de son nouvel état. Il ne lui restait qu'un léger raccourcissement de la paupière inférieure qui n'était bien sensible que lors* qu'elle regardait en haut.