CHAPITRE SEPTIEME. |X
quelques détails sur les phénomènes de cette maladie , bien qu'ils soient assez connus.
L'ophthalmie aiguë peut être grave ou légère. Dans l'un et l'autre cas, on remarque les symptômes qui caractérisent les inflammations des autres parties; plus une série de phénomènes particuliers relatifs aux fonctions de l'organe affecté.
en changeant le mode d'irritalion delà partie malade; les autres , en ramenant la phlegmasie de l'état chronique à l'e'lat aigu : ce qui signifie que l'état chronique cède à l'état aigu. Nous ne rejetons pas cette dernière explication , mais il reste à dire en quoi l'ophthalmie aiguë diffère de l'ophthalmie chronique.
Il nous parait qu'il vient un temps dans le cours les phlegmasies , et particulièrement de l'ophthalmie, où l'irritation tombe, sinon complètement, du moins en grande partie. Ce temps ne peut être estimé par le nombre de jours , mais par la différence des symptômes : la douleur cesse, la lumière est moins incommode, la sécrétion des larmes moins abondante, la rougeur de la conjonctive est aussi moins vive, etc. L'engorgement est alors l'élément principal; nous ne disons pas pour cela que l'irritation soit enlièremeni nulle; nous ne disons pas que la partie malade soit plus faible que dans l'état naturel; mais elle est faible relativement au degré de forces dont elle a besoin pour se dégorger; car, comme le dit fort bien M. Broussais, il faut des forces pour que la résolution s'opère. (Histoire des pklegmasies chroniques,!, 534.) D'où nous concluons que c'est en élevant le ton des parties malades, que les astringents dissipent l'engorgement de la conjonctive que nous regardons comme le principe de l'ophthalmie chronique. (Note des traducteurs.')
Dansl'ophlhalmie aiguë légère, l'intérieur des paupières et le blanc de l'œil sont plus rouges qu'à l'ordinaire. ; le malade éprouve une sensation de chaleur , accompagnée de pesanteur, de prurit et de picotlements, comme s'il avait des grains de sable dans les yeux ; s'il est un point de la conjonctive plus douloureux que les autres, les vaisseaux s'y dessinent d'une manière plus prononcée que dans le reste de son étendue. Le malade tient les paupières à demi fermées, à cause de la douleur qu'il éprouve à les ouvrir, et pour modérer l'impression de la lumière, à laquelle il ne saurait s'exposer sans augmenter la cuisson, la douleur et la sécrétion des larmes; s'il est naturellement très-irritable, le pouls devient un peu plus fréquent, principalement vers le soir; il s'inquiète, se tourmente ; la chaleur de la peau est sèche; il y a des frissons passagers, et dans quelques cas du dégoût et des nausées.
L'ophthalmie dont nous parlons est souvent de nature rhumatismale , ou , pour parler comme le vulgaire, elle est l'effet d'un coup cVair, ou d'une fluxion qui se porte à-la-fois sur les yeux, le nez, la gorge et la trachée-artère. Cette fluxion reconnaît assez souvent pour cause les variations de l'atmosphère, le passage brusque du chaud au froid, l'influence des vents du nord, les voyages dans des lieux humides et malsains,