‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 79 sur 154 · CHAPITRE SEPTIÈME. Wfj'J · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. Wfj'J

ou sablonneux pendant les chaleurs de l'été, la longue exposition des yeux aux rayons du soleil, etc. Il n'est donc pas étonnant que cette maladie règne fréquemment d'une manière épidémique, et qu'elle attaque indistinctement les personnes de tout âge et de tout sexe. Il est des cas particuliers où cette affection dépend de l'embarras de l'estomac : cela s'observe chez les sujets faibles , et chez ceux qui sont adonnés à la débauche ou qui se nourrissent d'aliments indigestes. Au reste, outre l'état général de . la constitution , et la manière de vivre du malade, rembarras de l'estomac s'annonce par de% symptômes qui ne permettent pas de le méconnaître : tels sont le dégoût, les envies de vomir , une répugnance pour les substances animales, la céphalalgie sus-orbitaire, la saleté de la langue, la fétidité de l'haleine, etc. La même maladie est quelquefois produite par la suppression d'une évacuation sanguine habituelle.

Lorsque l'ophthalmie aiguë est très-légère, elle cède assez promptement à la diète et aux purgatifs doux, comme un grain de tartre stibié étendu dans une livre et demie de décoction de chiendent. On répète ce moyen pendant quelques jours, pourvu qu'il n'en résulte pas des évacuations alvines trop abondantes. Quant aux moyens locaux , après avoir acquis la certitude qu'il ne s'est pas introduit de corps étran-

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ger entre l'oeil et les paupières , on prescrira de fréquentes lotions sur la partie malade avec l'eau de mauve tiède, et des applications souvent répétées d'herbes émollientes bouillies dans du ■lait(i). A peine est-il besoin de faire observer que si l'ophthalmie était entretenue par un embarras gastrique , le meilleur ou plutôt le seul moyen de la faire cesser prompteinent, serait de provoquer le vomissement; au contraire s'est-elle manifestée à la suite de la suppression d'un écoulement de sang habituel, des menstrues, des hémorroïdes ou d'un epistaxis , rien ne peut suppléer l'application des sangsues aux environs du lieu par où se faisait l'effusion naturelle. Enfin on appliquera des cataplasmes émollients sur les yeux , topiques d'autant plus nécessaires que les symptômes inflammatoires , et notamment la douleur et la cuisson, sont plus rebelles.

A la faveur de ce traitement, l'ophthalmie parcourt ordinairement sa première période dans l'espace de quatre ou cinq jours. Sa terminaison est annoncée par des symptômes nonéquivoques : le malade ne se plaint plus de ce sentiment d'ardeur et de cuisson qu'il éprouvait au début de la maladie; il se sent soulagé; il ouvre les yeux avec facilité, et supporte une lu-

(i) Pour faire ces sachets , on substituera avec avantage un morceau de voile tres-fin à la toile de lin*

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mière modérée , sans éprouver une sécrétion de larmes plus abondante que la sécrétion de mucus qui s'observe sur la fin de l'inflammation des autres membranes muqueuses.

A cette époque, quoique le blanc de l'œil soit encore rouge et paraisse toujours enflammé, il ne l'est pas réellement: mais l'ophthalmie n'est plus dans sa première période. A l'état inflammatoire a succédé l'atonie des vaisseaux de la conjonctive qui tapisse le globe de l'oeil et la face interne des paupières. C'est au praticien de suivre les indications de la nature ; c'est à lui de varier le traitement de l'ophthalmie d'après les changements qu'elle a subis. Loin d'insister sur les applications émollientes , il devra donc leur substituer les astringents et les excitants, comme, par exemple, une dissolution de sulfate de zinc, ou. d'acétate de plomb (huit grains dans six onces d'eau), à laquelle on ajoutera quelques gouttes d'alcool camphré. On fait instiller quelques gouttes de ce collyre dans les yeux, toutes les deux heures, ou l'on baigne ces organes dans ce même liquide à l'aide d'un petit vase approprié à cet usage. A la faveur de ce traitement , les vaisseaux de la conjonctive reprennent bientôt l'énergie qu'ils avaient perdue , et le reste de l'ophthalmie se dissipe complètement.

Parmi les ophthalmies aiguës, et principale-

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ment parmi celles qui sont épidémiques et qui dépendent de l'intempérie de la saison , il en est de si légères, que la période inflammatoire se fait à peine remarquer et disparait prompte ment et d'elle-même. C'est peut-être le seul cas d'une inflammation érysipélaîeuse(et telle cet ordinairement l'ophthalmie ) où l'on puisse appliquer avec succès, et dès le principe de la maladie, des topiques froids et résolutifs , tels que l'eau froide aiguisée avec quelques gouttes de suc de limon ou de vinaigre , l'eau de roses aluminée dans laquelle on a fait dissoudre un blanc d'œuf, etc. Or ces topiques sont toujours plus ou moins nuisibles dans la période inflammatoire de l'ophthalmie, quelque modérée qu'elle soit, si cette période dure quelques jours.

L'ophthalmie aiguë grave se présente avec le même appareil de symptômes que celle dont nous venons de parler, mais ils sont plus intenses et plus durables. En effet, le malade se plaint d'une chaleur brûlante dans les yeux: ces organes et les sourcils sont dans un état de spasme violent, l'impression de la lumière la plus faible est insupportable, le larmoiement est quelquefois continuel et très - abondant , les larmes sont acres et mêlées avec une certaine quantité de mucosité plus ou moins épaisse qui tend à coller les paupières ensemble. D'autrefois au contraire la sécrétion de ces fluides est entièrement sus-

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