CHAPITRE SEPTIÈME. l6l
"pendue, le globe de l'oeil est sec, la douleur de tète insupportable sur-tout vers la partie postérieure ; le malade est tourmenté d'une insomnie opiniâtre; il y a de la fièvre; la pupille est resserrée, la conjonctive teinte en rouge dans toute son étendue, et les amas de petits vaisseaux qui rampent à sa surface, au lieu d'être distincts et séparés par un réseau de capillaires déliés, comme dans l'ophthalmie légère, sont ici réunis et confondus de manière à simuler une sorte d'excroissance qui s'élève du globe de l'œil, et proémine entre les paupières.
Si, malheureusement la maladie fait encore de nouveaux progrès, les vaisseaux capillaires, déjà très-distendus , finissent par se rompre, et le sang s'infiltre dans le tissu cellulaire qui unit la conjonctive à la sclérotique ; la première de ces membranes s'éloigne de la seconde , se boursoufle et forme au-devant de l'œil une espèce de masse spongieuse au milieu de laquelle la cornée paraît enfoncée comme dans une fosse. C'est lorsque l'ophthalmie est parvenue à ce degré qu'on la désigne sous le nom de Chémosis.
Le plus ordinairement l'ophthalmie occtipe les parties externes de l'œil; quelquefois cependant elle se borne aux parties intérieures, ou du moins celles-ci sont plus grièvement affectées que celles-là. On juge que l'oplithalmie est in~
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terne, lorsque l'intensité de la douleur que le malade éprouve au fond de l'orbite n'est pas au début en rapport avec le degré d'altération extérieure de la conjonctive et des paupières: je dis au début , car, peu de temps après son invasion, l'irritation se communique des parties internes aux parties extérieures de l'oeil. Quant à la cause qui produit les accidents dont s'accompagne l'ophthalmie interne , il me semble que lorsqu'on considère le peu d'altération qui paraît au dehors, l'appréhension du malade pour la plus faible lumière, la teinte rosée de l'iris, le resserrement de la pupille, le trouble et l'aspect rougeâtre de l'humeur aqueuse , il me semble, dis-je, raisonnable de penser que, dans le plus haut degré de cette maladie, comme au reste dans l'ophthalmie externe très-intense , il se fait quelquefois un petit épanchement sanguin dans les chambres de l'œil , et plus particulièrement encore entre la choroïde et la sclérotique. C'est à cet épanchement qu'il faut surtout attribuer lissue le plus souvent funeste de l'ophthalmie interne, qui se termine ordinairement par l'amaurose , lorsqu'elle n'entraîne pas la fonte purulente de Foeil.
Lorsque l'ophthalmie aiguë est très -intense, elle réclame prompternent la méthode antiphlogistique dans sa plus grande extension. L'expérience a démontré que la lenteur qu'on met à