CHAPITRE SEPTIÈME. l
recourir aux évacuants, et sur-tout la timidité avec laquelle on pratique les émissions sanguines, sont les causes qui tendent le plus directement à favoriser le chémosis, la suppuration , l'épanchement d'une lymphe coucrescible dans l'intérieur de l'œil , et le passage de l'état aigu à l'état chronique ( i). Voulez -vous prévenir ces funestes accidents , hâtez -vous d'ouvrir les veines du bras ou du pied , et laissez couler abondamment le sang , en ayant égard cependant à l'âge et au tempéramment du malade (2). Après
(1) Voyez les préceptes et les observations pratiques de Galien. De Curât, rar. per Sanguinis Missiones , cap. 17.
(2) A la manière dont s'exprime M. Scarpa au sujet des saignées générales , il paraît qu'il prescrit indistinctement celle du pied ou celle du bras. Ceux qui croient que la circulation est exclusivement soumise aux lois de l'hydraulique, ne mettent en effet aucune différence entre ces saignées .Qu'importe disent- ils, qu'on tire du sang de tel ou tel vaisseau puisqu'ils communiquent tous ensemble? Mais la pratique delà médecine n'a pas confirmé les explications des théories mécaniques. Elle a prouvé que l'ouverture de la saphène est infiniment préférable à celle de la basilique ou de la céphalique, du moins dans le principe de l'ophthalmie : je dis dans le principe, car lorsque l'ophthalmie existe depuis un certain temps, à plus forte raison lorsqu'elle est ancienne, la saignée de la jugulaire agit plus efficacement que celle du pied. « J'ai adopté pour principe, dit M. Demours, de faire saigner dans toutes les phlegmasies de l'œil, lorsque la présence d'une lumière modérée excite un sentiment de douleur. La
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les saignées générales, on appliquera des sangsues près des paupières et particulièrement au voisinage du grand angle de l'œil (i). Mais, je
saignée du pied pour commencer est préférable à toutes les " autres , même à celle de la jugulaire , qui vient , en rang d'utilité' , immédiatement après , et peut même la remplacer. Je fais faire le plus souvent la saignée du pied, ainsi que celle du bras , en deux temps , à une heure ou environ d'intervalle. Autrefois on abusait peut-être de la saignée , aujourd'hui il me semble qu'on la néglige trop. On ne doit point en être économe dans le cas d'ophthalmie grave. Je prodiguejes saignées du pied et de la jugulaire , lorsque l'inflammation est portée au point de faire craindre un abcès dans la cornée , sur-tout lorsqu'il y a des douleurs par élancements dans le globe , dans l'orbite et dans la tête. » {Traité des maladies des yeux , tom. I, p. 238.)
[Note des traducteurs.) (i) M. Demours veut qu'on applique les sangsues, moitié à la paupière inférieure le long des cils , et moitié à la tempe près de l'œil ; mais jamais à la paupière supérieure, ni à la tempe , plus haut que la commissure externe des paupières. Il les fait poser aussi derrière les oreilles, et même sur la conjonctive palpébrale. Je me trouve souvent très bien, ditil , d'en placer une à la face interne de la paupière inférieure. Il faut pour cela choisir une des plus petites ;^lle ne reste en place que trois ou quatre minutes , et le sang s'arrête peu après qu'elle est tombée. Cet habile oculiste ajoute qu'i] n'a jamais vu résulter aucun inconvénient de ce moyen, et qu'il en retire tous les jours les plus grands avantages. (Loc. cit. tom. I, p. a35.)
M. Velpeau a consigné dans le nouveau journal de médecine (juillet 1820) cinq observations également favorables