‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 82 sur 154 · CHAPITRE SEPTIÈME. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. l

le répète, les saignées locales doivent être toujours précédées des saignées générales, hors les cas où Fophthalniie s'est manifestée à la

à celte méthode , dont quatre ont été recueillies à la clinique de M. Bretonnau, médecin en chef de l'hôpital-général de Tours , et l'autre dans sa pratique particulière. Ces observations sont toutes remarquables par le soulagement qui succéda à l'application des sangsues , et par la promptitude avec laquelle il se manifesta. Quoique affecté d'une ophthalraie interne, le sujet de la première observation guérit aussi facilement que les autres. Mais plus hardi que M. Demours, M. Bretonnau ne se contente pas de faire appliquer une seule sangsue, il en fait appliquer deux, trois à la fois , augmente même ce nombre le lendemain et le surlendemain , si le cas l'exige, et puis le diminue graduellement à mesure que l'inflammation se dissipe.

Barthez voulait qu'on attendît, pour pratiquer des saignées locales près du siège de la maladie, que la fluxion fut déjà fixe et bornée; mais lorsqu'elle était commençante, il conseillait de faire ces saignées loin de la partie malade, et de faire précéder les effusions sanguines générales, dans tous les cas de pléthore ou d'orgasme de la masse du sang. J'ai vu très-fréquemment, dit-il, des fluxions inflammatoires sur les yeux qui auraient été d'abord faciles à résoudre , devenir ou fort graves, ou long-temps reb^les, parce qu'on avait appliqué dans leurs premiers temps , et sans avoir fait précéder une évacuation générale convenable, des sangsues aux tempes, ou à d'autres parties voisines des yeux affectés. {Mémoire sur le traitement méthodique des fluxions, p. i4-)

Nul doute qu'on ne doive commencer par les saignées générales, toutes les fois qu'elles sont indiquées; mais depuis qu'on pratique des évacuations locales très-abondantes, on ne'

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suite de la suppression d'une effusion de sang habituelle; car alors il vaut mieux appliquer les sangsues aux environs du lieu par où se faisait eette effusion. Ainsi, au lieu de les placer aux environs des yeux , on les mettrait à l'anus si l'on

sent plus la nécessité de recourir aussi souvent à la phlébotomie que dans le siècle passé. Sous ce rapport , la pratique des médecins modernes est conforme à celle des anciens ; car Barthez lui-même dit (p. i3) que ces derniers , qui faisaient des saignées locales très-fortes , pouvaient remédier à la pléthore par la même saignée qu'ils employaient pour produire la dérivation. Mais chez les modernes, ajoute-t-il, les saignées dérivatives étant beaucoup moins considérables, ont communément des effets nuisibles lorsqu'on n'a point fait précéder les évacuations générales qui peuvent être indiquées. Cette observation était sans doute juste du temps de Barthez » mais elle est aujourd'hui superflue, car jamais on ne pratiqua des saignées locales plus abondantes.

Ainsi la nature nous laisse en quelque sorte le choix ; elle nous permet au début de l'ophthalmie de pratiquer une saignée générale ou d'appliquer des sangsues : tout dépend du nombre de ces dernières. Si ce nombre est petit , nul doute qu'il faut commencer par une saignée générale pour remédier à la pléthore, et pour rompre 1% tendance du mouvement fluxionnaire; mais on ne peut suppléer à la phléJ>otomie qu'en augmentant le nombre des sangsues , et en faisant couler abondamment le sang; alors la pléthore générale cède à l'effusion locale, et la fluxion artificielle, provoquée par les sangsues, s'épuise dans le lieu même de leur application par l'abondance de l'hémorragie. (Latour, Histoire des hémorragies .) tom. II, p. 67.

{Note des traducteurs . j

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