CHAPITRE SEPTIÈME. I
globe de l'œil et les paupières, un blanc d'œuf frais ou du mucilage de semences de psilium préparé dans l'eau distillée de mauve. Le malade se tiendra dans son lit, la tête aussi élevée que possible, et s'abstiendra soigneusement de tout ce qui pourrait arrêter la transpiration. Enfin , si les paupières ont une grande tendance à se coller ensemble, ce qui arrive souvent surtout pendant la nuit, il les enduira tous les soirs en se couchant , avec un liniment composé d'huile et de cire. L'observation de ce précepte est trèsimportante; car rien n'est plus favorable aux progrès de l'ophthalmie que le séjour des larmes entre les paupières et le globe de l'œil (i). Sous l'influence de ces moyens, administrés
(1) Sed neque ad multum tempus claudere occulos conducit, maxime si fluxionem calidam habeat. Lachryma enirn suppressa calefacit. Hippocrat. de Visu.
Il est des individus dont les yeux sont doués d'une si grande sensibilité qu'ils ne peuvent supporter le poids des cataplasmes, ni même celui des compresses imbibées d'une décoction émolliente. On remplacera ces moyens par des fumigations qu'on dirigera sur les yeux à la faveur d'un entonnoir > placé sur un vase rempli d'un liquide émollient, dont on entretient l'ébullition au moyen d'une lampe à esprit-de-vin. Ces fumigations doivent être répétées au moins toutes les deux heures , et continuées pendant quinze ou vingt minutes, avec la précaution de tenir l'œil assez éloigner de l'appareil fumigatoire pour qu'il ne soit pas incommodé par une trop forte chaleur.
\"j<l MALADIES DES YEUX.
à temps et selon les règles que nous venons d'indiquer, la période inflammatoire se dissipe le plus souvent le cinquième ,. le septième ou le onzième jour. Ce changement s'annonce par des phénomènes qui ne permettent pas de le méconnaître; plus de fièvre, plus d'ardeur, ni de douleurs lancinantes dans les yeux; les paupières se dégorgent et se couvrent de rides, le calme se rétablit et l'appétit revient.
Dans le principe, les yeux étaient secs, arides, ou s'il en découlait une humeur , elle était claire , irritante ; elle est maintenant muqueuse et son écoulement est suivi d'un grand soulagement ; le malade ouvre et ferme les paupières sans efforts et sans douleurs; il peut supporter une lumière modérée, et les humeurs renfermées dans l'intérieur de l'œil ne sont plus troublées par des matières étrangères.
À cette période de la maladie, quand même les yeux seraient encore rouges et la conjonctive engorgée , il faut renoncer aux antiphlogistiques , et les remplacer (excepté les cas de rescision de la conjonctive dont il sera parlé plus bas) par des astringents et des corroborants, parmi lesquels je citerai le sel de Saturne, ou sulfate de zinc fsix grains), avec le mucilage de semences de coing (une once) et quelques gouttes d'esprit-de-vin camphré : le tout étendu dans six onces d'eau distillée simple,