CHAPITRE SEPTIÈME
ou de plantain. Quant à la manière d'employer ces collyres, on en fera pénétrer quelques gouttes , toutes les deux heures , entre les paupières, ou Ton en composera un bain dans lequel on plongera les yeux à la faveur d'un petit vase approprié à cet usage. Il est bon d'avertir à cette occasion qu'on rencontre assez souvent des sujets qui ne peuvent supporter les applications froides sur les yeux , sur- tout en hiver; ce n'est pas une raison pour renoncer aux collyres que nous venons d'indiquer, mais il faut les faire tiédir dans le principe, et en diminuer chaque jour la température, jusqu'à ce que la sensibilité des malades permette de les employer entièrement froids.
Un autre moyen également efficace dans la seconde période de l'ophthalmie , c'est-à-dire lorsque la faiblesse forme le principe de l'inflammation, c'est la teinture thébaïque de la pharmacopée de Londres (i), dont on fait in-
(i) Rec. Opii colati, unciam unam.
Cinnamom.
Caryophyl. arom. a a drachmam sernis. Vini albi meraci, Hbram semis.
Macéra per hebdomadam sine calore ; deinde per chartam cola. Jdde , posteaquam colaia sunt spiritus vini tenuioris vicesimam circiter parlem , ut tutiora sirït a ferme ntatiojie. Reponere opGrtet vitreis ampullis accuratè obturatis.
Pour rendre cette teinture moins stimulante , il suffira
stiller deux ou trois gouttes entre les paupières, deux fois par jour, ou le soir seulement, jusqu'à parfaite guérison. Au moment où ce liquide se répand sur le globe de l'œil, il produit une cuisson assez vive ; mais cette sensation disparaît promptement , et , le lendemain matin , l'état de l'œil est sensiblement amélioré. Mais , je le répète encore , autant ce collyre est efficace dans le second degré de l'ophthalmie, autant il est nuisible dans le premier; il faut donc toujours faire précéder son administration des saignées et des purgatifs; en d'autres termes, il * faut préalablement dissiper l'irritation (i).
d'augmenter la dose de l'opium. Quant à la manière de s'en servir, au lieu de la. faire tomber directement sur le globe de l'œil, il est plus convenable de la faire entrer par l'angle interne de cet organe, d'où elle s'étend ensuite lentement sur le reste de la conjonctive.
Ceux qui croient pouvoir substituer, dans le même cas, le laudanum liquide à cette teinture se trompent étrangement.
(i) Observation sur V ophthalmie , par James IVare. (Voy. Bibliothèque méd. phys. du Nord , tom I. « Cependant il ne faut pas s'attendre que ce collyre procure un soulagement aussi prompt dans tous les cas. Quelquefois il faut beaucoup plus de temps pour qu'il produise ce bon effet. J'ai même vu certains cas où le premier usage de la teinture thébaïque n'a pas procuré le moindre adoucissement; mais la plupart de ces cas étaient de ceux où l'inflammation des yeux n'avait encore duré que peu de temps , où les yeux paraissaient très-