‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 87 sur 154 · CHAPITRE SEPTIÈME. ÎJJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. ÎJJ

J'affirme sur mon expérience qu'il n'y a point d'exagération dans ce que dit Ware sur l'utilité de ce remède, administré prudemment et dans les circonstances convenables.

Le cas n'est plus le même lorsqu'on a pratiqué la rescision de la conjonctive pour s'opposer aux progrès du chémosis; alors il reste à traiter une ulcération qui repousse l'usage des stimulants , car ils rappelleraient infailliblement les symptômes inflammatoires. 11 faut s'attacher au contraire à calmer l'irritation et à favoriser la suppuration de la plaie faite à la conjonctive, par des fomentations d'eau de mauve ou de lait frais: cette suppuration se présente sous la forme d'un enduit muqueux. A la fin du second degré de l'ophthalmie , lorsque l'inflammation est purement asthénique, les bords de la plaie se rapprochent peu à peu , et finissent par se cicatriser entièrement.

Dès que le malade pourra supporter sans inconvénient une lumière modérée , on cessera l'usage des topiques ; mais on aura l'attention de placer un morceau de taffetas vert ou noir devant les yeux, en guise de rideau, pour donner au malade la faculté d'ouvrir et de fermer les paupières à volonté, sans avoir à redouter les

brillants , et où la lumière causait au malade des douleurs très-vives. »

effets d'une lumière trop vive. Enfin on aura soin d'éclairer progressivement la chambre du malade jusqu'à ce qu'il soit en état de supporter toute la clarté du jour ; car rien n'est plus propre à entretenir, et même à augmenter la sensibilité de l'organe de la vision, et par conséquent à prolonger la maladie, que de faire coucher les malades dans un lieu parfaitement obscur, ou les yeux couverts d'un bandage plus longtemps que la nature de la maladie ne l'exige.

Quoique ce qu'on vient de lire sur les phénomènes et le traitement de l'ophthalmie aiguë grave me paraisse suffisant pour diriger les jeunes médecins dans leur pratique, cependant je ne puis m'empêcher de faire mention d'une forme particulière de cette même affection. Assez analogue, quant à ses symptômes, avec les autres ophthalmies aiguës , elle en diffère en ce que, peu de temps après son origine , elle s'accompagne d'un écoulement très-abondant de matière puriforme. L'ophthalmie, dont je veux parler, affecte les enfants peu de temps après leur naissance, ou se manifeste chez les adultes à la suite de la suppression subite d'une gonorrhée virulente, ou du transport immédiat du virus vénérien sur les veux : d'où les noms d' ophthalmie des nouveauxnés, et d* ophthalmie gonorrhoïque.

La première de ces ophthalmies attaque , dis-

Page 1