CHAPITRE SEPTIÈME
je , les enfants peu de temps après leur naissance, ou ceux qui sont encore à la mamelle. Dès l'apparition de cette terrible maladie, les paupières acquièrent un tel degré d'engorgement qu'on ne peut plus les écarter l'une de l'autre, encore moins les renverser en dehors. Que si le malade y parvient avec peine , on est fort étonné de voir la membrane interne des paupières convertie en une substance villeuse, assez semblable à celle de l'intestin rectum lorsqu'elle se renverse dans les efforts que font les enfants pour aller à la garde-robe.
Quelquefois pourtant il arrive que pendant les cris de l'enfant les paupières se renversent d'elles-mêmes, et restent dans cette position jusqu'à ce qu'on les rende à leur état naturel. A la période inflammatoire qui est de courte durée, succède un écoulement abondant et continuel de mucosités purifonnes, sécrétées en partie par les glandes de Meibomius , en partie par la membrane qui tapisse l'intérieur des paupières, et par la conjonctive elle-même. Au début de cette maladie , la fièvre est déjà forte , les cris , les veilles et les tremblements sont continuels ; enfin il se manifeste souvent des vomissements ou des déjections alvines jaunâtres et très-fétides.
Les médecins ne sont pas d'accord sur les causes qui produisent cette maladie : les uns l'attribuent au froid qui frappe subitement les
nouveaux-nés ; d'autres, à la chaleur des langes qui servent à les envelopper; ceux-ci, à l'intensité de l'irritation causée par une lumière trop vive; ceux-là, à la leucorrhée dont la mère est affectée pendant la grossesse et pendant le travail de l'enfantement ; enfin , il en est d'autres qui la font dépendre d'une gonorrhée ou de tout autre écoulement irritant venant du vagin. De toutes ces opinions sur l'étiologie de l'ophthalmie des nouveaux-nés , la plus vraisemblable, à notre avis, est celle qui la fait dériver de l'application immédiate d'un principe irritant sur les bords libres des paupières de l'enfant , à son passage à travers le vagin. En effet, cette maladie s'observe le plus souvent chez les enfants issus de mères affectées d'un écoulement blanchâtre, et l'on a remarqué qu'elle est trèsgrave lorsque cet écoulement est de nature vénérienne, ou lorsqu'il existe des ulcères au vagin, ou aux parties externes de la génération. A la vérité , l'on a vu quelquefois l'ophthalmie purulente sur des enfants dont les mères étaient exemptes de fleurs blanches, et vice versa; mais outre que cela ne prouve pas que la leucorrhée n'en soit la cause la plus fréquente, il faut observer que cette affection est quelquefois trèslégère, et même intermittente; en sorte que les femmes la regardent comme une chose peu importante, et qu'elles en nient l'existence. En se-