‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 98 sur 154 · CHAPITRE SEPTIÈME. SOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. SOI

cipal de l'ophtlialmie dont nous parlons : en effet, il est constant en pratique que les enfants entachés du vice scrophuleux ne guérissent de l'ophtlialmie qu'à mesure que le volume du ventre diminue.

Ils se trouvent très- mal des topiques émollients et du séjour des lieux renfermés et obscurs. Au contraire les collyres légèrement astringents leur procurent du soulagement, ainsi que les lotions faites avec la décoction de feuilles de jusquiame et de fleurs de mauve bouillies dans le lait, avec addition de quelques gouttes d'eau végéto-minérale : même remarque à l'égard de la teinture thébaïque de la pharmacopée de Londres , des pommades dans lesquelles ont fait entrer la tutie , le bol d'Arménie , ou l'aloés en assez petite proportion pour qu'elles n'irritent pas trop. 11 est: encore fort utile de supprimer toute espèce de bandage, excepté un morceau de taffetas pour protéger les yeux ; d'habituer insensiblement le malade à supporter une lumière modérée; de lui faire respirer un air libre, et de lui procurer quelque exercice de corps. C'est à l'aide de tous ces moyens, qu'à défaut de remèdes spécifiques, on détruit cette ophthalmie, ou du moins on la rend plus supportable.

Je pourrais rapporter ici l'histoire de plusieurs malades, confinés dans des appartements obscurs, et abandonnés comme incurables, dont

l'état a été sensiblement amélioré sous l'influence des moyens que nous venons d'indiquer; mais sur-tout pour les avoir retirés peu à peu de l'obscurité à laquelle on les avait condamnés, et pour les avoir exposés au plein jour. Il est digne de remarque que la diathèse scrophuleuse s'évanouit assez souvent d'elle-même à l'époque de la puberté, lorsque le corps se développe. Si cet heureux changement arrive chez les sujets qui sont affectés d'ophthalmie, il n'est pas rare de la voir disparaître avec la diathèse générale (i).

L'ophthalmie varioleuse n'est pas moins rebelle que celle dont nous venons de parler : j'enteuds ici par ophthalmie varioleuse celle qui se manifeste à la suite de la petite vérole, ou quelques semaines après la chute des croûtes, comme il arrive souvent. Les symptômes inflammatoires sont terribles; et il n'est pas rare qu'après l'usage le plus prompt et le mieux entendu des anti-phlogistiques, cette ophthalmie devienne opiniâtre et résiste aux astringents les mieux indiqués.

L'un des remèdes les plus efficaces dans cette maladie est le séton à la nuque, entretenu pen-

(i) Ce qui confirme les paroles de Celse dans la préface du Irvre VII : Sicut in oculis quoque deprehendi potest , qui a inedicis diu vexati sine his interdum sanescunt.

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