CHAPITRE .SEPTIÈME
dant quelques mois (i), ensuite, lorsqu'au moyen des poudres résolutives (2), on a débarrassé l'estomac et les premières voies, j'ai éprouvé qu'il était très-utile de faire prendre au malade, matin et soir, une pilule d'un grain de mercure doux, autant de soufre doré d'antimoine et quatre grains de ciguë pour un enfant de dix ans. Mais si le malade était doué d'une grande susceptibilité locale ou générale , je joignais avec succès à ce remède une mixture composée de trois gros de vin antimonial d'Huxham et d'un demi-gros de teinture thébaïque , que je faisais prendre matin et soir, à la dose de cinq ou six gouttes pour un enfant de dix ans, étendues dans un véhicule approprié. Comme topiques, on emploiera avec avantage les vapeurs aromatiques spiritueuses de la manière indiquée cidessus. Mais dès que la sensibilité des parties affectées aura repris son état naturel , il suffira
(1) Fabric. de Hilden. Centur. I, Observ. 41, Exemp. II, III. Journal de médecine de Paris, février 1789.
(2) Mec. cremor. tar. pu.lv eris , unciam semis.
Tartar. emeti, granum unum.
Misce et divide in seoc partes œquales. Pour un enfant de dix ans, il suffira d'en prendre une partie le matin et l'autre le soir.
de faire des immersions fréquentes des yeux dans l'eau distillée de plantain, aiguisée avec le sel de Saturne et quelques gouttes d'esprit-devin camphré ; on peut encore se servir du vin blanc dans lequel on a fait dissoudre un peu de sucre; de la teinture thébaïque de la pharmacopée de Londres, de l'onguent ophthalmique de Janin ou de tout autre analogue : on se conformera pour tout le reste aux règles que nous avons exposées plus haut. Le même traitement convient dans les ophthalmies chroniques, suites de la rougeole.
L'ophthalmie chronique syphilitique n'est au fond qu'un symptôme extraordinaire de la vérole confirmée. Cette ophthalmie présente cela de particulier qu'elle débute , pour ainsi dire, clandestinement, et qu'elle ne s'accompagne pas de symptômes inflammatoires trèsmanifestes; elle s'établit lentement, relâche peuà-peu les vaisseaux de la conjonctive et de la membrane interne des paupières , pervertit la sécrétion des glandes de Meïbomius , ulcère le bord libre des paupières, provoque la chute des cils, et finit par amener l'opacité de la cornée. Parvenue à son plus haut degré d'intensité, elle excite un prurit dans les yeux, qui s'accroît considérablement le soir et dans la nuit, et s'apaise le matin pour augmenter de nouveau au cou-