‹ Traité des maladies des yeux, avec des planches coloriées représentant ces maladies d'après nature, suivi de la description de l'œil humain (volume 2)Chapitre 34 sur 84 · PHLEGMASIES DES GLANDES DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

PHLEGMASIES DES GLANDES DES PAUPIÈRES

cils et dans le tissu des paupières (1). Il a observé long-temps un jeune homme qui avait une dartre pustuleuse disséminée sur toute la surface des téguments. Ses yeux en étaient si violemment irrités, qu'ils ne pouvaient supporter aucune lumiére un peu éclatante... Les cryptes muqueux des paupiéres étaient tellement enflammés, qu'ils laissaient couler une grande quantité d'humeur puriforme. Cette dartre n'était jamais plus intense que lorsqu'il se livrait à une habitude funeste et solitaire, sous l'empire de laquelle il avait le malheur de vivre (2). » |

Il y a une espèce d'exsudation de matière sébacée jaunâtre, que je rencontre trés- rarement ( pl. 38, fig. 2). Je ne crois pas qu'elle ait encore été décrite. La peau en est couverte entiérement à trois lignes environ de la marge de la paupière inférieure, et à une ligne de celle de la paupière supérieure. On dirait que cette portion de la peau a été exposée à une fumigation résineuse. Cette cire est très-tenace, et résiste aux lotions, même d'eau chaude, qui enlèvent aisément la chassie commune. Il en reste toujours une teinte fort désagréable aux malades, qui sont ordinairement de Jeunes personnes. J'ai recueilli quelques détails relatifs à la marche de cette espèce d'af-

(x) Diction. des Sciences médicales, tome VIII, p. 17 et 36. :

(2) Ouvrage cité page 6r. |

fection. Elle ne demande pas de traitement spécial; mais elle est en général opiniätre, et elle m'a paru toujours due à ce principe que l'on désigne vulgairement sous le nom d'humeur de gourme. Je trouve, dans mon Journal, l'histoire de cette exsudation particuliére chez deux jeunes filles de seize à dix-huit ans, que j'ai traitées, et dont la guérison a été longue et difficile à obtenir. À la même époque, une jeune femme de vingt-un ans fut guérie moins difficilement : je lai vue plusieurs années après, n'ayant. aucun ressentiment de ce mal, qui parait être une trans: sudation de la matiére onctueuse des glandes de Meibomius, détournée en partie de ses couloirs naturels, et passant à travers les pores du tissu cutané des paupiéres. |

Jai traité, au mois de mai 1814, un clerc de notaire d'une grave.et opiniátre lippitude à l'oeil gauche, qui ne fut guérie qu'avec difficulté. Deus ans aprés, il vint me consulter pour une dou: leur avec un léger gonflement au périoste orbi. taire, au-dessous de l'extrémité externe du sourci gauche. Lorsqu'un peu d'humeur s'amassait at bord des paupières de cet œil, où lorsqu'il s’er écoulait quelques larmes, le malade éprouvai du soulagement. Un vésicatoire à la nuque a suff pour sa guérison, qui cependant a trainé en lon gueur dans l'été humide de 1816. |

L'inflammation de la marge des paupières es presque toujours soulagée par l'application, pen

PHLEGMASIES DU PÉRIOSTE ORBITAIRE. 91

lant la nuit, d'un peu de pulpe de pomme crue nveloppée entre deux linges. L'eau pure est le eul collyre qui convienne pour lotions. Le catalasme de cerfeuil est souvent utile. On le fait ‘uire dans de l'eau, et on le hache pour en forner une boule de la grosseur de la moitié d'un euf, qu'on applique le soir sur les paupiéres sans inge intermédiaire; on le retient avec une bande, t on le laisse pendant la nuit.

Je vois souvent le cerfeuil cuit réussir moins jen que le cerfeuil amorti sur une pelle de fer ju sur un plat de terre, sous lequel on a mis de a cendre rouge. Ce cataplasme se met aussi penlant la nuit. |

S1 l'irritation n'est pas forte, on se trouve bien l'étendre sur les paupières, le soir, un peu d'on- 'uent rosat, auquel on ajoute, pour un gros, de- )uis un jusqu'à six grains d'oxyde de mercure ouge, en augmentant par gradation. Lorsque la 'hassie est trés-tenace, on est obligé de prescrire le les laver avec de l’eau chaude à l'aide d'un inge : il ne faut pas abuser de ce moyen.

Des Phlegmasies du périoste orbitaire.

Rien de plus commun, dans la pratique des naladies des yeux, que ces sortes d'affections Obs. ro et 11). Elles ont à-peu-près les mêmes causes, et demandent à étre combattues par les némes moyens que les phlegmasies des membraaes de l'œil. ( Foyez sect. IV.)

Page 1