‹ Traité des maladies des yeux, avec des planches coloriées représentant ces maladies d'après nature, suivi de la description de l'œil humain (volume 2)Chapitre 55 sur 84 · OPHTALMIE PAR IMPRESSION DE L'AIR · texte numérisé non relu

OPHTALMIE PAR IMPRESSION DE L'AIR

mie; mais c'était sur-tout la membrane muqueuse des voies de la respiration , qui était le siége de cette épidémie. Madame V***, attaquée dite légère ophtalmie, avait la poitrine déchirée quand elle toussait.

Moi-même j'ai éprouvé ce dernier symptôme ; il m'a retenu au lit pendant huit jours, et je suis parti encore malade pour La Haye, où j'étais appelé.

Pour bien juger une ophtalmie de nature épidémique, et les effets qu’elle pourra produire sur l'individu que l'on a à traiter, il est très-essentiel de se rappeler, que non-seulement la méme constitution de l'air peut causer, d'aprés la prédisposition particulière des personnes qui en éprouvent l'influence, des maladies différentes, mais que la méme maladie, entièrement semblable en apparence, peut avoir un événement heureux chez l'un et funeste chez l'autre.

« La premiére constitution de Thase fit naitre des tumeurs aux parotides, des toux rebelles, des fièvres ardentes, des fièvres continues bénignes, et plusieurs autres maladies dont l'issue était favorable chez les sujets bien disposés; mais elle donna naissance à des phtisies dangereuses, compliquées d'une fièvre demi-tierce chez les personnes disposées à cette maladie (1). »

(1) Hip. epid. lib. I, sect. I. Wallesius, comment. de morb. popul. 8 et 1o.

Sans sortir de mon sujet, je vois, sous l'influence de ces constitutions , des ophtalmies passer del état aigu à l'état chronique; d'autres donner naissance à des accidents qui laissent des traces plus ou moins longues, selon que la maladie a passé du tissu muqueux de la conjonctive, son siége ordinaire, à d'autres tissus de l'organe de la vision plus ou moins importants. Ces différences sont encore plus remarquables par rapport à l'état antérieur de ces mémes tissus, lorsqu'ils ont été le siége de phlegmasies dissipées sans vestiges , et, à plus forte raison , lorsqu'elles ont laissé des traces de leur existence. Je remarque sur-tout que les ophtalmies qui existent au moment où la constitution épidémique se déclare en sont évidemment influencées (obs. 121). On n'a point encore examiné, à ma connaissance, les effets différents que peut produire une ophtalmie épidémique sous les divers rapports que je viens d'indiquer. .

A la suite des ophtalmies qui régnent épidémiquement, je suis souvent consulté pour des résultats graves, tant externes qu'internes (1); cela tient, non-seulement à ce que quelques-unes produisent des lésions sérieuses, quoique n'ayant en apparence aucun caractere fácheux ; mais encore à la sécurité dans laquelle on est demeuré en songeant que d'autres ont souffert autant et ont été promptement soulagés., sans avoir pris la

EU OLD Le EE LE M EEG E Li MM

(1) Voyez observ. 157 et 158.

Page 1