FISTULE DE LA CORNÉE
ture, elle fait fonction de bouchon par un bienfait particulier de la nature, et s'oppose à la sortie ultérieure de l'humeur aqueuse; ce qui infirme la pratique de ceux qui cautérisent la partie saillante, partie dont la destruction donne lieu à de nouvelles effusions de lhumeur aqueuse à travers l'ouverture de la cornée ( obs. 230 ).
Une des causes les plus fréquentes de cette fistule est l’abus des bains oculaires dans des collyres, d’ailleurs indiqués, mais employés trop long-temps ou à un degré de chaleur trop consirable pendant la durée des abcés de la cornée.
J'ai rejeté de ma pratique, dans le plus grand nombre de cas des maladies du globe, l'usage de loeillere. Je n'aime point l'immersion de l'ceil. Ceux qui interrogeront leurs malades à ce sujet les trouveront tous d'accord avec moi. Étuver avec une éponge trés-fine ou avec un linge est bien préférable. C'est sur-tout dans les cas d'abcés que l'abus des bains de l'oeil. nuit d'une manière directe, en diminuant le ton, l'élasticité propre, la vitalité, pour ainsi dire, de la cornée, et en préparant Finjection pathologique des vaisseaux les plus déliés, comme on prépare le succès de l'injection artificielle, en plongeant, apres la mort, certaines parties dans de l'eau chaude, pour faire parvenir plus exactement les injections anatomiques dans les derniers vaisseaux.
L'art ne peut rien pour la guérison de cette
maladie. Comme il ne s'agit que de la régénération des parties détruites, la nature y pourvoit constamment, lorsque son travail n'est pas troublé , soit: par l'emploi de moyens nuisibles, soit par des vices spécifiques, 4 ou enfin par la durée .de la phlegmasie, cause première de la fistule. On ne peut apporter trop de soins pour combattre ces causes perturbatrices ; et, quand on a le bonheur de les écarter, on voit communément l'ouverture fistuleuse se fermer, et le globe, tendu de nouveau, GRprenuE sa csset naturelle.
Quelquefois l'iris contracte adhérence aux bords de la plaie cicatrisée , et alors la pupille reste plus ou moins allongée vers ce pars (voyez l'obs. 230, et la pl. 36, fig. 5).
. D'autres fois il ne okididte aucune adr entre la cornée et l'iris, en sorte que la pupille redevient parfaitement ronde. |
- Lorsque la cornée a été percée par un abcés, quil y a eu fistule, sur-tout lorsqu'elle a duré long-temps, il faut recommander au malade beaucoup de précautions, l'avertir qu'une rechüte pourrait ramener le méme accident , et qu'il doit réclamer les secours de l'art à l'apparition de la plus légère phlegmasie, sur- tout du plus petit point obscur formé dans la cornée ( voy. l'obs. 85, et la pl. 35, fig. 2). Une saignée du pied convient alors presque toujours: on y supplée par une application de sangsues sur un pied, s'il y a ob-
FISTULE DE LA CORNÉE. 309 stacle à l'exécution de la saignée, ou s'il s'agit d'un trés- petit enfant.
Je me trouve bien, lorsque la cicatrice de la cornée a de la peine à se faire, apres la diminution de la phlegmasie, de prescrire au malade l'usage d'aliments en petite quantité, mais contenant beaucoup de sucs nourriciers sous un petit volume, tels que le gibier non faisandé,le pigeon, le mouton, un peu de vin vieux. Il est trés-utile, pour obtenir cette cicatrice, de laisser l'oeil libre, et de l'exposer à l'action d'un air tempéré pendant quelques promenades à pied ou en voiture; elle doivent étre répétées dans la journée, mais trés-courtes. L'usage d'un garde-vue est utile, et il est indispensable d'éviter tout ce qui pourrait accélérer outre mesure la circulation, comme une agitation morale, une marche forcée, l'exercice du cheval, une digestion pénible. |
Lorsque la fistule s'ouvre de nouveau, le malade en est ordinairement averti par un petit bruit, suivi de l'écoulement de l'humeur aqueuse. Il doit dans ce cas soigneusement remarquer ce qui a donné lieu à cet accident, afin d'éviter, dans les jours suivants , tout ce qui pourrait le renouveler.
Un des plus graves inconvénients de la fistule de la cornée, c'est que le long écoulement de l'humeur aqueuse tenant les différentes parties du globe dans un état d'affaissement qui s'oppose au rétablissement complet de la circulation, il.
résulte, à la fin, de la prolongation de la maladie, une.diminution de volume de ces différentes parties, et, dans quelques cas, cette perte de substance va jusqu'à l'atrophie partielle ou totale de l'oeil. |