CHAPITRE VI
Des Lésions de la forme du Globe.
Le nom de staphylóme (1) appartient d'une manière plus particulière aux dilatations de la cornée, qui, amincie dans une ou plusieurs parties, ou dans la totalité de son étendue, forme une ou plusieurs protubérances , dans lesquelles l'humeur aqueuse et l'iris se couvent poussées par la pression continuelle des muscles du globe.
On remarque à quelques cornées plusieurs élévations ou bosses, qui présentent l'aspect d'une petite grappe de raisin ; de-là le nom de staphylóme: on a étendu ce nom à la protubérance de la sclérotique, quelquefois méme à la sortie de l'iris, à travers une ouverture faite à la cornée: il vaut mieux nommer, avec Galien, cette derniere lésion, procidence de l'iris.
Pour bien comprendre la formation du staphy-
iuis Ru 15 M LLLI ———————————————————
(1) Ópu da cfc poyuñs brepéyeuoa, prunelle qui avance par l'œil rompu. Hippocrate.
Zraghoua de cagui , uva , grappe de raisin. Paul. AEgineta , lib..VI, cap. XIX. | |
lóme de la cornée, on peut prendre la vessie d'un animal, la remplir d'eau, et aprés l'avoir liée solidement, détruire, dans un point plus ou moins étendu, et par un procédé quelconque , une partie des couches membraneuses dont elle est composée. On pressera ensuite cette vessie, et on verra une protubérance se former à l'endroit affaibli.
Si donc un abcés, une blessure, ou toute autre cause d'affaiblissement local, comme l'abus des topiques reláchants, une phlegmasie chronique, ou un épanchement lymphatique, a óté à la cornée son élasticité naturelle, en diminuant la force de sa texture dans un ou plusieurs points de son étendue, il existera une des conditions requises pour la formation: du staphylóme.
On a proposé différentes explications de la cause dont l'effort tend continuellement à distendre la cornée affaiblie. Aprés la dissection d'un grand nombre d'yeux qui avaient été désorganisés pendant la vie des sujets par différentes maladies, et apres les recherches les plus assidues sur des yeux vivants et staphylomateux, je suis resté convaincu que la pression constante des muscles du globe contribue, il est vrai, à produire cet effet, mais que, dans l'état actuel des connaissances, on doit reconnaitre quelque analogie entre la force qui dilate soit la cornée, en particulier, dans le staphylóme, soit la cornée avec la sclérotique dans l'Aydrophtalmie ; et la force qui dilate quelquefois le sac lacrymal lorsque le conduit
312 \ SECTION V, CHAPITRE VI; nasal est. obstrué ( Voyez ci-dessus, page 140.) Dans mon. opinion, lorsqu'il y a distension.
partielle ou totale, elle a lieu parce que, l'équilibre étant rompu entre l’action du système lymphatique absorbant du globe et celle du systéme: qui lui fournit ses humeurs transparentes, ces dernieres, par leur afflux continuel, font un effort constant dont l'effet est d'autant plus grand de dedans en dehors, .que la puissance absorbante est plus affaiblie. |
Plus l’âge est tendre, plus le sujet est exposé à cette maladie pendant les engorgements qu'il éprouve à la cornée, à cause de la mollesse, de la laxité, et de l'épaisseur de cette membrane, dans les premiers temps de la vie (1).
Le célèbre professeur Scarpa a remarqué que, dans les injections fines de la tête, si la matière injectée s'extravase en trop grande abondance dans le globe de l'oeil, la cornée comprimée d’arrière en avant se souleve sensiblement vers les paupieres dans un cadavre d'enfant; effet qu'on n'observe pas dans les yeux des adultes (2)... :.
Les matériaux que jai dans mes journaux, au sujet de cette maladie, sont innombrables. Mon pere était particuliérement consulté pour les ma-
--(x) Angeli commentatio med. de oculo. Erlangæ, 1802.
(2) Ouvrage cité, traduction de M. l'Éveillé, tome I, p. 186.
ladies de la cornée;'et cela de tous les points de la France et de l'Europe. |
Jenner n'avait pas encore, par son immortelle découverte, préparé la destruction d'un des plus terribles fléaux du genre humain : l'inoculation méme de la petite vérole n'était pas, à beaucoup prés, généralement pratiquée. Cette affreuse maladie était, pour les taches et les staphylómes de la cornée, une source féconde qui heureusement tarit tous les jours ( ’oyez ci-dessus , page 278).
J'avais recueilli, sur cette affection, beaucoup de faits pour les publier ; mais je n'en donnerai qu'une partie : simplifier, c'est perfectionner. Je me contenterai de faire connaitre, par des figures, quelques-uns des différents aspects de la maladie, et on verra que, pour moi, le traitement en est bien simple.
Souvent la protubérance de la cornée est seulement partielle; ce staphylóme se présente le plus ordinairement dans l'étendue de sa moitié inférieure (pl. 58, fig. 1, 2, 3.).
Quelquefois elle est double (pl. 59, fig. r.).
Lorsque la tumeur est trés-volumineuse , la sclérotique participe à la dilatation ; il y a alors staphylôme de la cornée, et amincissement de la partie antérieure de la sclérotique, qui se trouve évasée en proportion de l'étendue acquise par le diamètre de la cornée. Jai vu de ces tumeurs si
volumineuses, que les paupiéres ne pouvaient plus les recouvrir.
Ce sont alors pour la plupart de véritables hydropisies de l'oeil. La cornée, dans certains cas, disparait presque entierement, ou du moins devient tellement opaque, qu'on en discerne à peine les traces ( pl. 62, fig. 1.).
Parmi le grand nombre de dessins que jai pris des diverses formes sous lesquelles se présente cette lésion organique, j'ai choisi, pour les publier, ceux qui la montrent avec les apparences qu'elle présente le plus ordinairement dans la pratique (voyez les pl. 57, fig. 1, 35 58, fig. 1, 5/585 59, fig: $221,795 605 fipzt $99,098 quem I, 5; 62, fig. 1, 33 63, fig. 1, 04, fig. a.) n
Le fils de M. S***, âgé de douze ans, dont l'œil est représenté, pl. 59, fig. 1, avait deux protubérances ou staphylómes de la cornée. L'histoire de cette maladie, consignée dans le Journal de mon pére,ne présente rien de particulier, sinon que la maladie fut attribuée à l'abus du fromage mou, en cataplasme, dont l'enfant avait fait usage pendant cinq mois, presque sans interruption. L'œil était dans le méme état, plusieurs années aprés. Mon pére avait conseillé de n'employer aucun moyen extérieur. C'est le meilleur conseil que l'on puisse donner dans la plupart de ces cas malheureux, lorsqu'il my a point de douleurs; et que la protubérance ne géne paie les fonctions de l'oeil sain.
Quand il existe un staphylóme à la cornée ou à la sclérotique, lors méme que la vue d'un oil
est seulement diminuée par un leucoma, ou par quelque désordre dans l'intérieur, non-seulement on doit prendre beaucoup de précautions pour le mettre à l'abri des accidents de tout genre, et se servir de l'autre œil avec ménagement ; mais encore lorsqu'il arrive à l'œil malade le plus léger échec, il faut apporter une grande surveillance, et redouter pour ce dernier œil une tendance vers la désorganisation. |
En effet, dans ces cas, un coup , méme léger, qui aurait peu d'inconvénient pour un oeil sain, suffit souvent pour donner naissance à un désordre grave, par exemple, à une protubérance de la sclérotique (obs. 248. ). ,
Le staphylóme de la cornée subsiste quelquefois pendant un grand nombre d'années, sans donner lieu à aucunes douleurs ; dans quelques cas, lorsqu'elles s'établissent, elles sont excessives, et se reproduisent, le plus ordinairement, par crises ( obs. 234, 235, 244, 245, 247. ). La cause la plus commune de cette protubérance est l'abces de la cornée, lorsque l’ulcère qui lui succède a beaucoup d'étendue et de profondeur, et qu'il est long-temps sans se cicatriser (obs. 241, 243. ).
Le sujet de l'importante observation 246, a été trés-heureux que la protubérance qui avait commencé à se manifester à son œil gauche, n'ait point continué à augmenter (tome II, pag. 431 et 432.).
" Quelques malades, avec des cornées plus ou
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moins déformées, conservent l'usage de la vue de manière à étônner (obs. 233); mais ils courent continuellement le danger de voir augmenter leur infirmité.
Le staphylóme transparent de la cornée est rare, cependant j'ai, dans les journaux de mon père et dans les miens, des notes relatives à plus de cent cas de lésions de cette espèce. Souvent elles sont si légères dans leur principe, que les aberrations de la vue, dont se plaint le malade, sont attribuées à toute autre cause : il est extrêmement rare d'en rencontrer une aussi considérable que celle dont je donne le dessin (pl. 57, fig. r.).
Ordinairement le centre de la cornée est seulement un peu soulevé ; quelquefois cette membrane, vue de côté, présente une courbure assez semblable à l'extrémité d'une ellipse, au lieu de figurer à-peu-près une portion sphérique, comme dans l’état naturel. J'ai vu la dilatation transparente de la cornée précédée, accompagnée, ou suivie, de phlegmasie : quelques-unes en ont toujours été pxemples,
Lorsque je suis consulté. pour cette lésion, je conseille de n'y rien faire de particulier. Je connais plusieurs personnes qui ont cette maladie depuis un. grand. nombre d'années , sans qu'elle ait fait aucuns progrés. Quelquefois seulement, avec le temps, le sommet du cóne perd un peu de sa transparence. La protubérance augmente dans quelques cas rares, se montre accompagnée d'oph-
talmie, et sort de cette classe particulière, pour entrer didi le nombre immense des staphylómes de la cornée (tome II, pag. 430, 431. ).
Dans quelques cas, la cornée amincie et distendue. outre mesure se rompt spontanément :
on peut, en général , regarder cet événement comme une heureuse terminaison € 238 , 246, tom. IL, pag. 431. ).
Quand: il y a un commencement de protubérance à la cornée, il arrive quelquefois qu'un épanchement lymphatique a lieu subitement entre les lames de cette membrane. Son état de désorganisation partielle n'est pas toujours un obstacle au retour de sa transparence: mais son rétablissement ne s'obtient qu'à la longue, et n'a pas toujours lieu d'une maniére complete (tom. IT,
page 432.).
LU iris est plus ou moins poussée vers la concavité du staphylóme de la cornée, et, par une conséquence naturelle, la pupille, lorsqu'elle subsiste, est plus ou moins allongée vers ce point. Dans quelques cas, l'iris n'est point déplacée , et la pupille conserve sa forme et sa largeur naturelles (tom. I1, page 415.).
On a dit que la cornée était plus épaisse dans le staphylóme: on a dit aussi le contraire. Pour moi, j'ai toujours trouvé cette membrane excessivement amincie ; quelques exceptions que J'ai notées avaient rapport à des dégénérations squirreuses , plutôt qu'au simple staphylóme. Dans un
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cas semblable, Richter, de Gottingue, a trouvé que cette membrane avait la consistance d'une excroissance cartilagineuse. Beer, de Vienne, en a rencontré une tellement dure et épaisse qu'il eut de la peine à y faire pénétrer le bistouri.
Dans*quelques cas, la cornée est tellement amincie en un seul point, à l'endroit où elle protubére , quà la moindre phlegmasie ou injection sourde qui développe des vaisseaux visibles jusque dans la tache, elle s'ouvre, avec douleurs par crises autour de l'orbite, accompagnées d'hémi-cránies; l'humeur aqueuse s'échappe en méme temps, pour se régénérer promptement, et sa sortie pro- . cure un soulagement passager au malade (tom. lI, pag. 394 , 395.).
Je vois le plus ordinairement cette espèce particuliére se terminer par une ophtalmie portée au degré du chémosis, qui amène la fonte de l'oeil.
Dans ce cas, je me contente de prescrire une saignée, des cataplasmes de mie de pain et de lait, et la diéte qui ne doit étre austére que pendant les premiers jours.
Quand la cornée, encore saine, au moins dans une partie de.son étendue, forme une protubérance, ce staphylóme ne peut point avoir lieu, sans qu'il y ait, dans le tissu relâché de la membrane, des vaisseaux qui, venant de la conjonctive, sils sont superficiels, ou de la sclérotique , s'ils sont profonds , admettent la partie rouge du sang, méme dans les cas où ils ne sont pas visibles.
Lorsqu'on porte la pointe d'un instrument sur la cornée protubérante , il sort du sang de ces vaisseaux (tom. IL, pag. 416, 4t7. ). |
Si la plus grande partie de l'épaisseur de la cornée a été détruite par un ulcere, le staphylóme qui se forme prend l'apparence du sommet d'un dé à coudre; c'était sürement celle que présentait la protubérance de l’œil droit du sujet de l'observation 243 (tom II, pag. 425. ). |
Le staphylóme qui suit l'ophtalmie d'Egypte, présente une couleur d'un blanc perlé (pl. 6o, fig. 1.)
La protubérance de la cornée prend différents aspects , et change d'apparence pendant sa durée. . Ces changements tiennent au plus ou au moins d'amincissement de la cornée, et à la teinte de l'iris décolorée, qui communique cà-et-là différentes nuances à la cornée amincie , désorganisée, protubérante, blanchátre, encore un peu transparente , et plus ou moins parsemée de vaisseaux sanguins.
L'opération peut étre évitée ou retardée dans le plus grand nombre de cas de staphylómes, et alors cette maladie ne demande point de traitement.
On est trés-embarrassé lorsqu'on croit indispensable d'opérer un enfant: les parents prennent toujours plusieurs avis qui s ‘accordent rarement (obs. au }.
Il m'arrive fréquemment, avant de consentir
à l'opération, de gagner du temps en combattant les accidents par le régime et des remèdes palliatifs, dans l'espoir d'obtenir des seuls efforts de la nature, une terminaison spontanée par une rupture semblable à celle qui se fit à l'oeil de l'enfant, sujet de l'observation 238.
Souvent on obtient le plus grand succés d'une simple incision , semblable à celle que pratiqua M. T°" (tom. II, pag. 405), ainsi que M. Becquet (ibid. ); mais quelquefois l'oeil se remplit de nouveau, et la tumeur reparait : il arrive aussi que les membranes de l'intérieur du globe sortent , et cet accident n'est pas très-rare à la suite de l'excision seule du sommet du staphylôme, procédé conseillé par Celse( 1), et qui, dans ces derniers temps, a été et est encore le plus usité. On se débarrasse assez aisément, à la vérité, des espéces d'excroissances qui en résultent, en les touchant avec le nitrate d'argent fondu , et en couvrant l'oeil. de cataplasmes émollients ; mais c'est un accident désagréable qui prolonge le traitement, et n'a pas toujours une terminaison favorable.
L'incision cruciale (tom. IT, pag. 4o1) est bonne, et ne mérite pas d'étre abandonnée. |
On peut dire, en général, que les nombreuses méthodes auxquelles on a eu successivement recours, à différentes époques, sont toutes capables,
(1) De Med. lib. VII, cap. VII.
dans le plus grand nombre de cas, d'atteindre le but qu'on se propose , car la nature tend à compléter la désorganisation commencée , et elle l'achéve assez aisément, pour peu qu'elle: soit secondée. Voilà pourquoi une diminution de volume du globe a été souvent le résultat heureux d'un. coup qui a occasionné. une rupture de la membrane dilatée.
Je réussis quelquefois à réprimer la saillie de la tumeur, à faire cesser les douleurs périodiques, et à diminuer la difformité, sans employer un œil
'émail, en faisant une petite incision. dans la partie la plus affaiblie et la plus saillante, et en appliquant un bandage composé de compresses , au nombre de quinze ou vingt, selon le plus ou moins de saillie naturelle du rebord orbitaire. Je place, entre les compresses, de trés-petits bourdonnets de charpie, en sorte que le tout forme un point de compression sur la partie incisée, et qu'il sagit de réduire ( pl. 57, fig. 2). Depuis que jai obtenu l'espéce de résultat dont je vais rendre compte, j'ai prolongé l'incision jusqu'à la sclérotique, lorsque. la saillie s'était étendue à cette membrane, et j'ai réussi au. moyen de ce bandage.
M. de J'*, employé aujourd’ eni dans les ponts- . et-chaussées , se donna, à l’âge de quinze ans, un coup de canif dans le centre de la cornée de l'oeil gauche: les accidents furent trés-graves; l'iris avait été piquée; une ophtalmie des plus fortes désor-
ganisa l'oeil, qui prit l'apparence qu'on lui voit (pl. 57, fig. 3). Ce résultat n'ayant point fait cesser les douleurs périodiques, et de petites élévations, qui se formaient fréquemment sur la tumeur, s'opposant à ce que M. de J** püût se livrer à la moindre occupation , ib.vint s'établir chez moi pendant deux mois, et, dans cet intervalle, je ne pus obtenir d'autre amélioration que la disparition de la phlegmasie chronique et des crises périodiques, qui commencerent par s'éloigner et finirent par disparaitre; deux ans après , il éprouva des rechütes; non-seulement il se formait de temps à autre des especes de phlycténes sur la cornée protubérante ; mais sa forme conique se changea peu- à- peu en une autre inégalement sphérique et bosselée, et les crises, sans étre trésviolentes , devinrent tellement importunes au malade, que ses parents obtinrent de lui qu'il mettrait fin à cet état pénible, en se soumettant à l'opération.
M. de J*** avait alors vingt ans; il hésitait entre le procédé que je viens d'indiquer, et l'amputation totale de la cornée avec un petit cercle de la sclérotique. Il se détermina pour ce dernier | parti, mais il ne voulut pas se soumettre à l'action de l'instrument dont je vais bientôt parler. J'avais passé le bistouri dans la sclérotique , au - dessous de la cornée: je me disposais à continuer l'opération, lorsque tout-à-coup M. de J*** s'y refusa absolument, tout en convenant que cette incision
LÉSIONS DE LA FORME DU GLOBE. 323 avait été trés- peu douloureuse. Les sollicitations les plus pressantes ayant été inutiles, j'employai le bandage. ll le conserva pendant deux mois, et l'oeil, réduit à une forme à-peu-prés réguliere, est devenu moitié moins choquant. M. de J*** n'en a jamais souffert depuis huit ans , époque de l'opération, et il a pu, aussitôt apres le traitement, se livrer sans fatigue à d'importantes occupations. |
Quelquefois il arrive que le bandage , appliqué dans lintention de conserver la forme de l'oeil, le fait fondre lentement et sans douleur. Cette terminaison ne peut point être regardée comme malheureuse. J'emploie souvent, pour l'obtenir, ce moyen, soit seul, soit précédé d'une incision (en placant ensuite le point de compression de manière à ce quil s'oppose à la formation de la cicatrice), soit enfin en appliquant le bandage, lorsqu'une de ces petites ruptures spontanées si fréquentes a eu lieu trés- récemment et pendant qu'il existe encore une fistule dans la cornée; quand, en un mot, le globe est encore mou. Si, dans ce dernier cas, la rupture a été accompagnée de beaucoup d'irritation, le bandage n'est pas toujours facile à supporter, et l'on est forcé de renoncer à son application, ou d'en suspendre l'usage , jusqu'à ce que l'oeil. soit remis dans son état habituel; on y revient alors, apres une incision préalable dans la protubérance; mais les malades ne réclament ordinairement les