‹ Traité des maladies des yeux, avec des planches coloriées représentant ces maladies d'après nature, suivi de la description de l'œil humain (volume 2)Chapitre 68 sur 84 · AL · texte numérisé non relu

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324 SECTION V, CHAPITRE VI, secours de l’art que pou ils éprouvent des accidents. |

Si la cornée est peu déformée, et peu protubérante, quoique tachée; si des douleurs se font sentir par accès, et si les malades tiennent beaucoup à ne point porter un. œil d'émail, j'ai encore recours , de temps à autre, à une incision demi-circulaire au bas de la cornée, et je me contente d'enlever, avec les ciseaux, un peu du bord de ce lambeau ( voy. l'obs. 234 et la pl. 59, fig. »). Ordinairement, les humeurs s'écoulent lentement par cette fistule artificielle: pendant qu'elle se retrécit, la vie abandonne peu-à-peu les parties de l'intérieur de l'oeil, et le globe diminue de volume, inais rarement assez pour que le malade ait besoin de porter un ceil d'émail.

Aprés avoir comparé entre eux un nombre

considérable de résultats, je crois que l'enlévement de la cornée avec un cercle d'une demiligne, ou méme d'une ligne de la sclérotique, est préférable à la résection du sommet du staphylóme, aujourd'hui presque exclusivement conseillée et pratiquée. | j

M. Louis et M. Sabatier blàmérent ce dernier procédé, et recommandérent l’autre dans. une consultation qui eut lieu vers la fin de la vie de M. Desault, pour M. P"'*, l'un de nos premiers jurisconsultes, àgé alors de trente-trois ans. Le malade avait la cornée de l’œil droit dans l'état de celle qu'on voit, pl. 57 , fig. 3. Je l'opérai, en

enlevant la cornée, M. Desault tenant lui-même la paupe supérieure. Tout récemment, M. P''* a éprouvé, aux paupières du même côté, une phlegmasie. Je lui ai donné des soins avec M. Lerminier, son médecin; l'accident dissipé, il a Tepris son ceil artificiel.

Je me servais autrefois, pour exécuter cette opération, d'un bistouri dont la lame avait une dimension presque double de celle que présente la figure 4, planche 14.

Je passais cet instrument dans la sclérotique, en commencant par l'extrémité externe du diamètre transversal de la cornée à une ligne de distance, ou environ, du bord de cette membrane; je traversais vivement de part en part, pour faire sortir la pointe à pareille distance du bord interne , et je dirigeais le tranchant de maniére qu'un cercle de la sclérotique, d'une ligne environ de largeur, restàt après la cornée, que je saisissais avec des pinces à disséquer, et que j'enlevais de deux coups de ciseaux courbes sur le cóté: je tâchais, autant qu'il m'était possible, de prendre également par en haut un peu de la sclérotique, au moyen des coups de ciseaux.

Ce procédé n'est douloureux qu'au moment où l'on fait agir les ciseaux; je le crois le meilleur à employer , quand on n'a pas un instrument semblable à celui dont je me sers.

Get instrument, destiné d'abord à commencer l'opération de la cataracte, est celui de M. Guérin,

corrigé par M. Dumont. Je l'ai fait exécuter dans une proportion triple, avec des lames et des anneaux de différentes largeurs, selon U'CtPn Te des protubérances à supprimer.

On sait que la lame ( pl. 14, fig. 12) se visse à la tige (fig. 11), que cette tige ainsi armée est introduite dans une boite, dont elle est chassée par la vive action d'un ressort mis en jeu par une détente : dans son rapide passage, elle glisse sur l'anneau (fig. 13); voyez aussi la planche 64.

- Aujourd'hui, deux lames et deux anneaux me suffisent pour tous les cas. Je mets derrière l'anneau , du cóté par lequel il doit étre appliqué sur le globe protubérant, un cordon plus ou moins aplati de cire ramollie, qui ne permet à la tumeur de saillir à travers l'anneau , qu'autant qu'il est nécessaire pour que la lame, dans son passage, puisse supprimer toute la partie qu'on lui a abandonnée. Deux petites pointes implantées sur le bord de l'anneau, à la partie opposée à celle par laquelle arrive la lame, pénétrent dans la surface de la tumeur, et s'opposent à ce que le globe puisse étre chassé du cóté du grand angle; mouvement qui serait d'ailleurs empêché. par la légère pression qu'on doit exercer sur l'œil avec l'instrument, au moment ou l'on appuie le doigt sur le bouton qui fait partir la détente.

Depuis que j'emploie ce procédé , je remarque que le moignon de l'oil subsiste plus égal ; qu'il est moins sujet aux phlegmasies chroniques , et

LÉSIONS DE LA FORME DU GLOBE. 325 qu'il jouit d'un mouvement très-libre, qui se communique à l'œil d'émail.

C'est un trés-petit avantage que db d'avoir changé la destination d’un instrument déja connu, en le faisant exécuter dans des proportions différentes, et'je ne prétends pas m'en prévaloir, l'ouvrier dont je me servais alors en a fait plusieurs; des praticiens en ont parlé; d'autres l'ont employé, mais non pas avant moi.

La figure 2, pl. 64, représente une tumeur au moment où elle va être emportée par la lame.

Depuis quelque temps je.n'enléve que très-peu de la sclérotique. |

M. P***, qui occupe aujourd hui une des placch les plus éminentes dans la direction de l'instruction publique, fut le premier pour lequel j'employai, en 1800, cet instrument. Il ne sentit presque point le passage de la lame, n'éprouva aucunes douleurs considérables à la suite de cette amputation; et il y a dix-sept ans qu'il porte un oeil d'émail, qui recoit du moignon du globe un mouvement trés - sensible.

Cette méthode n'entrainant jamais aucun accident, pas méme d'inflammation longue, et le rétablissement, toujours trés-prompt, ayant souvent lieu dans la quinzaine, son application n'est jamais suivie de ces adhérences , ni de ces excroissances qui, aprés un laps de temps plus ou moins long, finissent si souvent par priver le malade du triste avantage de pouvoir porter un œil artificiel.

J'ai opéré par ce procédé, il y a seize ans, une des filles de M. D"'*, chirurgien à Passy, prés Paris. À genoux devant sa fille, le père lui tenait les mains. Les appréts de l'opération avaient un peu .effrayé la malade; elle ne voulut pas se laisser couvrir l'oeil sain, et, de cet œil, elle vit au moment du passage de la lame, que sa cornée protubérante était tombée sur un des yeux de son pére. Me pardonnera-t-on d'avoir remarqué, et sur-tout de dire ici, que la jeune personne partit d'un éclat de rire? Elle portait un œil d'émail vingt- cinq jours aprés.

J'ai opéré, en 1815, avec cet instrument, M. M", d'Amsterdam, âgé de vingt-sept ans, venu à Paris chez M. M*"*, son oncle. Le septième jour de l'opération, il. me demanda la permission de faire le tour du Palais-Royal. L'oeil opéré était couvert d'un cataplasme émollient, et, comme il demeurait rue de Richeliéu, j'y consentis, quoique cependant il eüt éprouvé quelques douleurs assez vives trois jours après l'opération. Son rétablissement fut trés-prompt; le moignon du globe communique beaucoup de mouvement à l'œil d'émail que porte M. M***. '

Je vois quelquefois, après le passage de la lame, la membrane hyaloide se remplir de lymphe sanguinolente, et le corps vitré sortir entre les paupières. Je n'y fais rien lorsque cette tumeur negéne point pour placer le cataplasme; et c'est le meilleur parti. Si elle est trop considérable, j'attends

une demi-heure; alors quelques coups de ciseaux donnés à sa superficie, en procurent la diminution , et on couvre le reste avec un cataplasme. Il m'est arrivé plusieurs fois d'attendre, pour avoir recours aux ciseaux, le quatrième, le cinquième, et méme le sixième jour, et alors de l'emporter entièrement au niveau des paupières; la D ration détruit le reste.

Aujourd'hui je réduis à trois classes, dans ma pratique, les protubérances ou staphylômes de la cornée, les hydropisies du globe ou hydrophtalmies, et les staphylômes de la sclérotique.

La première se compose des tumeurs qui n'ont d'inconvénient que par leur difformité. Je conseille d'attendre.

Je mets dans la seconde classe toutes celles qui nuisent par la douleur, soit habituelle, soit périodique, et dont on veut absolument être délivré.

A celles-là j'applique l'instrument en question, et des cataplasmes de mie de pain et de lait pour tout traitement.

Quant à la troisième classe, j'y range les maladies. pour lesquelles on se refuse à prendre un parti décisif; alors j'ai recours à l'un ou à plusieurs des moyens que j'ai indiqués plus haut.

Le staphylôme de la sclérotique, et par conséquent de la choroïde appliquée à sa face interne , a lieu lorsque l'intérieur du globe étant désorganisé, son enveloppe cède en tous sens à l'effort qui a lieu de dedans en dehors par l'ar-

rivée continuelle des sucs fournis aux humeurs de cet organe dont le système absorbant a plus ou moins perdu de son énergie (pl. 62, fig. 1).

La dilatation de la sclérotique peut avoir lieu sur un seul ou sur plusieurs points de son étendue.

On en voit quelquefois de petites sur de plus grosses (obs. 240, et pl. 63, fig. 1).

Elle a lieu le plus souvent à l’occasion d'un coup ou d'une blessure (obs. 248, et pl. 62, fig. 3; obs. 279, et pl. 5o, fig. 1; obs. 289, et pl. 52, fig. 2). On la trouve, mais rarement, à des yeux dont l'intérieur a été désorganisé, par exemple, par un glaucóme ( obs. 382 ).

. Une femme de soixante ans, de faible constitution, avait l'oeil] gauche atrophié depuis plusieurs années, à la suite d'une ophtalmie. Elle se plaignait de l'oeil droit; les mouvements alternaufs de l'iris en étaient fort rallentis, et. elle ne pouvait plus lire. Cette femme ayant succombé à une péripneumonie, je fis, avec précaution, l'ouverture de l'orbite droite, dans l'intention d'examiner l'état du nerf optique depuis son entrée dans cette cavité jusqu'à son insertion au globe. Je trouvai une protubérance de la sclérotique (pl. 64, fig. 3) à la partie inférieure et latérale externe du globe. On apercevait la teinte noirátre de la choroide à travers la sclérotique amincie, ét, en examinant la cornée, on voyait l'intérieur du. globe un peu éclairé par la lumiére qui s'introduisait à travers les membranes, dont la

couleur et la densité naturelles avaient cessé d'exister. | | |

Je disséquai le globe avec la plus grande attention; la sclérotique avait perdu de son épaisseur naturelle. Je trouvai la rétine amincie et désorganisée dans sa partie qui correspondait à la protubérance; la partie de la choroide qui en recouvrait la concavité avait pàli et sa structure était altérée. Il me parut que tout se disposait à une désorganisation complète dans ce globe, méme en supposant que la protubérance n'eüt point fait de progres.

J'ai songé plusieurs fois depuis, à cette observation d'anatomie pathologique, lorsque j'ai rencontré de ces affections équivoques de la vision qui présentent une telle incertitude, quand on veut en établir le diagnostic, qu'on ne sait si on doit les ranger dans la classe des névroses ou dans une autre. Il doit arriver quelquefois que lon croit avoir à combattre une amaurose, tandis qu'il s'agit d'un amincissement et d'une protubérance, peut-étre fort peu étendue, de quelque partie latérale ou postérieure non visible de la’ sclérotique. M. Léveillé a fait la méme remarque à la suite de deux observations qui lui sont propres (r). Le célèbre professeur de Pavie en a recueilli deux qui ont de l'analogie avec celle que

(1) Traité- pratique des Maladies des yeux, par A. Scarpa, chap. XVII, traduction de M. Léveillé.

je viens de rapporter; et si le sujet de celle-ci eût vécu , son œil aurait probablement fini par se désorganiser entièrement, et par ressembler aux deux globes dont parle ce grand anatomiste.

Le premier œil, qui lui présenta la sclérotique dilatée et formant une protubérance dans son hémisphére postérieur, avait été pris sur une femme morte à l’âge de quarante ans; le globe, qui avait augmenté de volume, avait acquis une figure ovale par le soulévement de la sclérotique, qui s'étendait depuis la partie moyenne de cette membrane jusqu'au cóté externe du nerf optique : la cornée et les humeurs ayant conservé leur transparence, la pupille laissait voir dans l’intérieur, les effets de la lumiére qui traversait la sclérotique devenue mince et transparente. Le corps vitré était désorganisé et liquéfié; le cristallin, d'une couleur ambrée, avait conservé de la transparence. Il fut facile de reconnaitre , en plongeant l'hémisphére postérieur de cet oeil dans l'esprit de vin auquel on avait mélé quelques gouttes d'acide nitreux, que la rétine, à laquelle ce procédé avait donné de la. consistance et de l'opacité, ne se trouvait plus dans la cavité du staphylóme, que la choroide était décolorée et amincie dans la partie correspondante de son étendue, qu'elle avait perdu sa texture vasculaire, et que la sclérotique conservait à peine l'épaisseur d'une feuille de papier, notamment au sommet de la tumeur.

L'autre oeil était sain. Cette femme avait perdu,

LÉSIONS DE LA FORME DU GLOBE. 339 depuis plusieurs années, la vue de l'œil désorganisé, pendant le cours d'une ophtalmie accompagnée de violentes céphalalgies.

Un autre globe avait aussi une figure ovale; il avait. également augmenté de volume. La dilatation de la sclérotique avait eu lieu vers le méme point et à un degré à-peu-prés semblable. La femme sur laquelle il fut pris était morte à trentecinq ans. Le corps vitré était liquéfié; la couche extérieure du cristallin était convertie en unie sérosité laiteuse, et ce corps avait perdu de son volume; il n'y avait plus de rétine sur la partie dilatée de la sclérotique, qui était si amincie, ainsi que la choroide, que la lumière traversait ces deux membranes soulevées pour former la tumeur. Cette observation ayant une ressemblance presque parfaite avec l'autre, il y a apparence que l'auteur ne l'aurait point rapportée, s'il n'avait pas voulu en prendre occasion de faire remarquer que dans l'une et dans l'autre la protubérance formée par la sclérotique se trouvait au côté externe du nerf optique (*). ll ajoute que l'on parviendra peut-étre, en recueillant d'autres

(*) La sclérotique avait cédé à l'extrémité postérieure de l'axe optique, quoique trés-épaisse dans ce point : la raison en est, si je ne me trompe, que l'effort des humeurs contenues dans l'intérieur du globe a lieu aux deux extrémités de cet axe; c'est-à-dire au centre de la cornée, et à la partie opposée de la sclérotique , vers le fond de l'œil. ( Voy. ci-dessus, page 48.).

33/4 SECTION V, CHAPITRE Vi,

observations , à établir. des signes capables de faire reconnaitre l'existence de cette maladie, mais, en songeant à sa nature et à son siége, il craint, avec raison, que lon ne trouve aucun moyen d'en suspendre l'augmentation, ou de la détruire. | . Quand on réfléchit aux effets que peut produire une tumeur du globe formée par un staphylóme de la sclérotique dans sa partie non visible, on trouve aisément quelles sont les especes d'effets qui peuvent en résulter. Par exemple , dans ces deux derniéres observations, le muscle droit externe ou abducteur, doit avoir été allongé et géné dans l'exercice de ses fonctions : il doit y avoir eu strabisme, et l'oeil. malade de chacun .des deux sujets doit avoir été tourné du cóté du nez, ce qui n'est pas dit : il eüt encore été desirable de savoir si le globe n'a pas paru un peu saillant entre les paupières; et j'ai soupçonné lexistence d'une tumeur de ce genre située vers le méme point, lorsqu'un globe plus ou moins déjeté vers l'angle interne et faisant un peu de saillie, m'a présenté un commencement de désorganisation. | pA | Quant à la thérapeutique des staphylómes de la sclérotique, je renvoie à ce que j'ai dit relativement à celle des protubérances de la cornée. En général, jen vois qui subsistent depuis longtemps et n'incommodent que fort peu les malades; aussi ou je ne conseille rien, ou je pro-

LÉSIONS DE LA FORME DU GLOBE. 335 pose l'amputation de la partie antérieure du globe, par le moyen de l'ophtalmotome dont j'ai parlé phus haut.

Il y a des cas où la maladie prend le caractere, soit des fongus hématodes, soit des tumeurs carcinomateuses , ou enfin des excroissances évidem: ment cancéreuses. //oyez ci-après le pe de l'exophtalmie.

LU'Aydrophtalmie ou hydropisie de l'oeil, est la maladie essentielle dans le plus grand nombre des lésions de la forme du globe. Les staphylómes ou protubérances, soit de la cornée, soit de la sclérotique, sont presque toujours des effets de la désorganisation plus ou moins considérable des humeurs transparentes, et sur-tout des vaisseaux lymphatiques absorbants. La figure 1 , planche 65, représente la buphtalmie ou l'oeil de bœuf.

Ce n'est que dans une pratique trés- étendue que l'on peut observer les différents aspects sous lesquels se présentent ces maladies; mais il suffit, pour s'en former une idée, de réfléchir attentivement sur la structure dü globe, de chercher ensuite quels sont les accidents qui peuvent se manifester, lorsque les liqueurs, continuellement apportées, ne sont plus reprises dans une juste proportion; et la solution de ce probléme sera que, selon la nature de la cause générale des accidents , selon la force plus ou moins grande des membranes de l'oeil et la gravité des circonstances accessoires, il y aura tantôt un simple excès de

nutrition, tantôt une désorganisation du genre de celle qui suit quelquefois le glaucóme (obs: 249); tantót une hydropisie, un épanchement, un amas de sérosité ( comme on en voit dans d'autres cavités du corps), avec dilatation de la cornée seule (pl. 61, fig. 3), ou de la cornée et de la sclérotique (pl. 62, fig. 1). |

J'ai été consulté, le 18 février 1815, par un étudiant en droit, àgé de vingt-un ans, qui avait eu sur l'œil gauche, six ans auparavant, une fluxion d'humeurs aqueuses et ácres, selon ses expressions. La cornée de cet œil, sans faire plus. de saillie, était d'un cinquième plus grande que celle de l'autre, et le globe avait augmenté dans. la méme proportion. Il voyait assez bien dans le milieu du jour et vers son déclin.

Je ne saurais trop répéter qu'un œil déja désorganisé, par exemple, aprés une contusion (obs. 264), est continuellement exposé à des accidents de différente nature, notamment à l'hydrophtalmie.

Je rencontre de temps à autre des globes un peu trop gros, dont la cornée est augmentée d'un quart, de moitié, et méme. de plus du double de son diamètre naturel. Sa convexité s’est ordinairement accrue dans la méme proportion. Le plus communément, ce défaut dans l'organisation est congénial. La vue subsiste toujours plus qu'on ne le croirait à l'examen, et cette : vue se conserve.

LÉSIONS DE LA FORME DU GLOBE. 337 On m'a amené, en février 1815, une petite fille âgée de neuf ans, qui avait apporté en naissant cette conformation; elle voyait à se conduire librement de l'œil gauche, mais ne distinguait rien du droit, dont la pupille n'était cependant pas plus dilatée que celle de l'autre. Elles avaient toutes deux une ligne et demie de largeur à un jour vif, et les iris ne jouissaient que d'un mouvement trés-faible. | M. Alibert m'a adressé madame G***, âgée de trente ans, à laquelle je donne actuellement des soins. J'ai dessiné son œil droit (pl. 62, fig. 2); après l'élargissement que la pupille avait éprouvé par l'action de l'extrait de la belladone; la grandeur démesurée des deux globes, notamment des deux cornées , est congéniale. La malade, à la suite d'une chüte grave, resta aveugle à làge de huit ans. Jusque-là elle avait vu à se conduire; mais, aprés la disparition d'une opiniátre phlegmasie , qui, d'abord aigué, avait passé à l'état chronique, la vue revint peu-à-peu, sur-tout à l'œil droit, et cependant cet œil a des taches sur la cornée, tandis que celle du gauche en est exempte. Celuici a la pupille fort étroite, et la malade n'en voit pas. Je me suis attaché à augmenter un peu le diamètre de la pupille du droit, afin que les rayons lumineux puissent entrer, au cóté latéral interne de la tache, par cette ouverture, dont la petitesse, extraordinaire, par rapport à la grandeur énorme des cornées, me semble le produit I. 22

338 SECTION V, CHAPITRE VI, d'anciennes ophtalmies. Cependant on ne voyait point d'adhérences entre la marge pupillaire et la capsule du cristallin; il y en avait peut-être quelques-unes trés-légéres entre cette capsule et la face postérieure de l'iris, prés de la pupille qui s'est élargie peu-à-peu, et la vue de l'oeil droit a été doublée, au point que madame G*** peut se livrer à quelques travaux d'aiguille, mais non pas à la lecture.

Je ne crois pas qu'on ait jusqu'à-présent amélioré, par l'emploi de la belladone, la vue d'un œil d'un volume aussi considérable, contre nature et congénial, et cela malgré la présence de taches assez fortes. Il est plus rare de voir l'humeur vitrée augmentée seule de volume, et la sclérotique un peu dilatée, sans que la cornée participe à ce développement pathologique. Le Mémoire suivant fait connaitre un cas trés-curieux de cette espèce d'affection.

« L'examen des yeux de madame F** m'a fait apercevoir une légère tuméfaction aux paupières et une saillie aux deux globes. Cette saillie n'est produite par aucune tumeur qui pousse ces organes hors des orbites, mais par l'augmentation de leur volume, augmentation qui dépend spécialement de celle du corps vitré : l'humeur aqueuse y participe peu. J'en tire la preuve: x? de l'étendue de la cornée opaque, beaucoup plus considérable que dans l’état naturel. 2» De ce que, lorsque Madame regarde en bas, l'ouverture

LÉSIONS DE LA FORME DU GLOBE. 339 des paupières laisse voir, par en haut, beaucoup. du blanc des yeux; ce qui n'était point avant la maladie. 3? De la dilatation de la pupille, beaucoup plus grande que dans l'état naturel, et élargie par le cristallin poussé en avant par la tuméfaction du corps vitré. Elle conserve cependant assez de ressort pour étre susceptible de resserrement et de dilatation, lorsqu'on frotte les paupières contre le globe. |

« Madame ressent une douleur sourde aux angles des yeux et au bas du front. Il n'y a pas d [ant mation. Toutes les humeurs ont leur transparence naturelle, et la vitrée ne péche que par sa quantité. La rétine est saine. La confusion avec laquelle Madame apercoit les objets un peu éloignés,. ne vient que de l'augmentation du volume du corps vitré, qui pousse un peu le cristallin vers l'iris, d'ou il résulte que les rayons lumineux qui viennent des objets éloignés se réunissent, pour en - former l'image, avant d'arriver sur la rétine, et ne parviennent à cette membrane qu'apres s'être écartés de nouveau. Madame y voit fort bien en approchant les objets des yeux, parce que les rayons qui partent des corps voisins, étant fort divergents, ne se réunissent que sur la rétine. Il résulte donc de ce déplacement du cristallin, que Madame a une myopie accidentelle. Cette cause de confusion, lorsqu'elle regarde des objets éloienés, est démontrée par un autre rapport de sa vue avec celle des myopes; savoir, qu'elle y voit

très-bien à une faible lumière, pourvu que les objets ne soient pas à une trop grande distance. La difficulté que la pupille trouve à se resserrer, à raison de la pression qu'elle éprouve de la part du cristallin, fait que Madame ne peut pas supporter une lumiére vive, parce que cette ouverture étant trés-dilatée, elle admet une trop grande quantité de rayons lumineux, dont l'action blesse la rétine, comme il arrive aux personnes qui, d'un lieu obscur, passent tout-à-coup dans un autre fort éclairé; nouvelle preuve que les milieux ont conservé leur transparence.

« D'aprés cet exposé, on ne peut méconnaitre la maladie. Plusieurs auteurs l'appellent exophtalmie, et d'autres Aydrophtalmie. Aucun de ces termes ne me parait cependant propre à désigner son vrai caractère : celui d'exophtalmie , suivant son étymologie, me parait ne convenir qu'à la saillie de l'œil produite par sa sortie; et celui d'Aydrophtalmie semblerait ne devoir être employé que pour désigner l'augmentation du globe par l'abondance de l'humeur aqueuse, et non par celle de l'humeur vitrée.

« Tel est le caractére et la cause prochaine de la maladie de madame F"'*; si nous en cherchons les causes éloignées, nous pourrons les déduire, 19 d'un état d'atonie dans les solides ; indiqué par l'enflure des jambes, et méme par une espèce d'oedématie du visage; 2° d'une diminution et d'un dérangement dans le flux menstruel;3? d'une

obstruction au foie indiquée par un sentiment de douleur, lorsqu'on touche dans toute l'étendue de l'hypocondre droit, de l'épigastre, et méme à la portion voisine de l'hypocondre gauche, c'està-dire dans toute l'étendue de la région du foie, et par la constipation continuelle qui annonce le défaut de sécrétion de la bile. Tin

« Les indications sont de procurer l'évacuation des humeurs surabondantes, et d'augmenter le ton affaibli des solides, en ménageant cependant la grande sensibilité de la malade...

« À Toulon, le 8 mai 1786. |

Signé MANNE. »

Je ne vois contre l'hydrophtalmie d'autre indication que de prendre des précautions générales. Lorsqu'elle est poussée trés-loin et que la désorganisation parvient au point d'incommoder sensiblement la malade, l'ophtalmotome est un remède facile et prompt. J'insiste pour l'opération lorsque les douleurs reviennent par accés, que ces accès sont suivis d'augmentation du volume du globe, et que le dd qui en résulte altére la santé du malade par des céphalalgies ; il suffit, pour les expliquer, de songer que la dure-mére, à son passage du crâne dans l'orbite, se partage en deux feuillets, dont l'un sunit au périoste orbitaire, et l'autre se confond avec la sclérotique, et que cette derniére membrane résiste à la force qui la dilate, par la fermeté de son tissu et l'entre-

croisement de ses fibres varié dans une multitude de directions.

Du Ptérygion et autres Excroissances.

Le ptérygion (1) ou onglet est l'épaississement variqueux d'une certaine étendue de la conjonctive, tant sur la sclérotique que sur la cornée. La portion épaisse de cette membrane devient mollasse : il semble qu'elle ait subi une macération partielle. En effet la forme qu'elle affecte a quelque ressemblance avec l'extrémité d'une aile d'oiseau, ou avec un ongle long et étroit ( pl. 40). La consistance de cette espèce de fausse membrane varie depuis une densité à-peu- près égale à celle qui est naturelle à la conjonctive, jusqu'à une fermeté rapprochée de celle du cartilage un peu ramolli. Sa forme est à- ij di prés Esp Sun Sa base est ordinairement à l'angle interne : j'en al vu tres- -peu à l'angle externe, et encore moins savancer vers la cornée, soit de la partie supérieure, soit de la partie inférieure du globe. Le nombre des vaisseaux sanguins, qui se dirigent de la base du ptérygion vers son sommet, varie beaucoup, et augmente à l'occasion de la plus légère phlegmasie. Ils sont en général très-déliés. C'est une complication des plus rares que de rencontrer deux ptérygions s'avancant vers le centre

(x) mespbytov , ala , aile. Aétius. tetrab. IT, serm. III. Actuarius, de method. med. lib. IV. Unguis, Celse, de re medicá , lib. VIL, cap. VII.

PTÉRYGION ET EXCROISSANCES. 343

de la cornée, l'un du grand angle et l'autre du petit angle. Si cette membrane a été couverte entièrement, on appelle la maladie pannicule.

L’accroissement du ptérygion est tres-lent. Je donne actuellement des soins à des malades chez lesquels il n'a fait aucun progrés apparent, depuis six, huit et dix ans; il avance bien plus lentement sur la cornée qu'au-devant de la sclérotique. Je le vois quelquefois aux deux yeux ( observation 250). j

On voit, dans certains cas, que la portion de la conjonctive qui recouvre la cornée a subi un épaississement marqué dans les points occupés par le sommet du ptérygion, tandis que la base ou la partie qui correspond à la sclérotique n'a occasionné aucune augmentation sensible d'épaisseur à la partie dela conjonctive qui en est le siége.

L'épaisseur, en général, de cette fausse membrane, sa consistance et son étendue présentent beaucoup de variétés. Il y en a qui sont coriaces et qui offrent la résistance du parchemin ; quelques autres sont d'une nature presque cartilagineuse. | |

‘Le plus souvent, en pressant latéralement la conjonctive, on s'aperçoit que cette membrane est seule affectée ; quelquefois, on voit qu'on ne peut la faire varier que trés-peu sur le globe, et que le tissu cellulaire situé au-dessous est également affecté par le ptérygion qui alors a une plus forte épaisseur.

Ce qui prouve que cette maladie est due à un développement pathologique de vaisseaux, c'est qu'on en voit un très-grand nombre qui sé portent directement depuis la base du ptérygion jusque vers la partie centrale de la cornée. Leur grande quantité donne presquc toujours une teinte un peu rouge à cette excroissance.

Lorsque le ptérygion se forme à l'angle interne, et jai dit plus haut que c'était son siége le plus ordinaire , on dirait qu'il est étroitement uni au repli semi-lunaire de la conjonctive. Quelquefois sa base environne la caroncule lens il ne gène pas la vue tant que son sommet n'est pas parvenue au point de la cornée qui correspond à une demi- ‘ligne environ du bord de là pupille ; mais aussitôt qu ul dépasse cette marge, il nuit à-peu-prés autant à la vision, quand son épaisseur est trés- marquée ou quand elle est à peine sensible; méme lorsque.l'angle formé, par sa pointe est plus aigu qu'obtus.

Cette maladie ne se forme, en général, que sur les sujets déja avancés en áge; on la rencontre rarement chez les jeunes gens, et si quelques enfants trés-jeunes en ont présenté les apparences, il a été facile de reconnaitre qu'il s'agissait moins d'un véritable ptérygion, que d'une excroissance applatie. 1l est bien difficile, peut-être méme impossible , dans l'état actuel de la science, ‘de reconnaitre la cause qui donne naissance à cette fausse membrane, à cette dégénérescence vascu-

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laire d'une portion de la conjonctive; le professeur Scarpa en a donné la meilleure explication qui ait été proposée jusqu'ici; elle satisfait au premier examen; mais, au second, elle laisse quelque chose à desirer. Selon le célébre auteur, cette maladie est de la méme nature que le nuage de la cornée, et l'ophtalmie chronique variqueuse accompagnée de relâchement et d'épaississement de la conjonctive ; il regarde le degré seul auquel elle est parvenue comme établissant une différence entre ces trois affections, qui consistent, d'aprés son opinion, dans une varicosité plus ou moins étendue des vaisseaux de la conjonctive , et dans un certain degré de relâchement et d'é- | Fina c pc de cette membrane ; le ptéryg ion n'est donc, selon lui, sur la cornée, que la conjonctive dégénérée par l'effet d'une ophtalmie chronique, en une tunique épaisse et opaque. Il est trés-vrai que le ptérygion est une dégénéres- - cence de la conjonctive au-devant de la sclérotique et au-devant de la cornée; mais, si elle était uniquement l'effet d'une varicosité des vaisseaux de cette membrane , comment en trouverait-on qui ne sont précédés, ni accompagnés d'aucune phlegmasie soit aiguë, soit chronique, des autres parties de la conjonctive? S'il ne s'agissait que d'une inflammation variqueuse de quelques faisceaux capillaires, la maladie ne prendrait pas toujours une forme à-peu-près semblable. Je répéte cependant que cette explication est la

346 SECTION V, CHAPITRE VII, meilleure qui ait été donnée, et j'invite le lecteur à la méditer avec attention dans l'ouvrage de l'auteur ainsi que le procédé qu'il emploie pour enlever le ptérygion, et qu'il décrit avec netteté et précision.

Cet habile chirurgien a enlevé des ptérygions aussi aisément sur la cornée que sur la conjonctive de plusieurs sujets morts avec cette maladie. Il a remarqué que le ptérygion laissait dans le lieu quil occupait, la cornée parfaitement à nu, et évidemment dépouillée de cette enveloppe qu'elle recoit naturellement de la lame subtile et transparente de la conjonctive; et, au-delà du siége du ptérygion , il ne lui est jamais arrivé de pouvoir dépouiller la cornée de son tégument naturel.

J'engage encore le lecteur à consulter l'article 7 du Traité des membranes, par Bichat.

Il ne faut pas confondre avec le ptérygion, des excroissances soit charnues (pl. 4r, fig. 2), soit d'une nature presque cartilagineuse (pl. 39, fig. 3), qui viennent sur la conjonctive ou sur la cornée, ou qui ont leur siége partie sur l’une et partie sur l’autre de ces membranes; elles adhèrent quelquefois à la face interne de l'une des paupières (pl. 17, fig. 2); j'en ai détruit avec les ciseaux courbes seuls qui ressemblaient plus ou moins à celle que l'on voit pl. 17, fig. 1. Cette dernière n'était point adhérente à la conjonctive du globe.

Voigtel rapporte que chez un jeune garcon de

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Mohrenheim, un point blane parut sur la partie inférieure de la cornée, à la suite d'une ophtalmie grave , qu'il prit peu-à-peu la consistance d'une tumeur cartilagineuse, et parvint à la grosseur d'un pois. Sa base couvrait la moitié de: la cornée, et sa surface était couverte de vaisseaux variqueux trés-développés.

Beer décrit une tumeur de la cornée, de nature graisseuse et charnue qui avait la largeur d'un noyau de cerise. |

Le procédé décrit par Scarpa est bon; je lai employé, et j'ai réussi; mais je n'en ai point adopté de particulier. Je me contente de désorganiser cette fausse membrane, en en détruisant une partie. |

Lorsqu'elle n'atteint pas encore la cornée (pl. 59, fig. 2), il me suffit d'un coup de ciseaux courbes sur le plat (pl. 15, fig. 16), pour en enlever le milieu dans le sens de son étendue, c'est-à-dire à-peu-prés depuis son sommet jusqu'à une ligne de sa base.

J'ai détruit de la maniére suivante le pterygion représenté par la fig. 1, pl. 4o. Je l'ai saisi, à l’aide d’une pince (pl. Ys ; fig. I), au point où i passait sur la cornée, et j'en ai enlevé ce que j'ai pu, au moyen d'un coup de ciseaux courbes sur le plat ; j'ai óté ensuite, par le méme procédé, et toujours dans le sens de ses fibres, au moyen de trois coups de ciseaux , moitié à-peu-prés de ce qui en restait. Le surplus a été détruit par la suppuration et a

disparu peu-à-peu. M. de D''* d'Avallon, sujet de cette observation , avait à l'oeil gauche la méme maladie. Elle était précisément semblable à celle du droit, et datait , comme elle, de plusieurs années: j'en fis sur-le-champ l'opération par le méme procédé. Au moment où j'écris ( 1818), M. de D'"' à la vue trés- bonne, et, depuis dixhuit ans, il n'a jamais eu de ressentiment des suites de cette double opération. Les cicatrices en sont à peine visibles. |

Le ptérygion que l'on voit, fig. 2, était coriace et trés-ancien. J'ai passé entre la cornée et cette excroissance membraneuse, la lame d'une lancette un peu large, bien tranchante dans toute l'étendue de ses deux bords; je l'ai introduite dans une direction verticale, à trois lignes du sommet du ptérygion , en commençant par en bas, et dirigeant légèrement l'instrument vers ce sommet. Lorsque l'incision a été terminée, tonte la partie du ptérygion qui recouvrait la cornée, en était séparée; je l'ai enlevée d'un coup de ciseaux; et, de quatre autres coups, j'ai supprimé une bonne partie de la base restée sur la sclérotique. J'ai touché trois fois, trés-légérement, dans la semaine suivante, avec le nitrate d'argent fondu, et le rétablissement n'a pas tardé à étre complet. La cicatrice, qu'on voit encore sur la cornée, demeura blanchátre, mais moins étendue que ne l'était la maladie.

Je ne connais contre elle que l'opération ; ce-

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pendant lorsque les malades ont refusé de s'y soumettre, j'ai vu quelquefois les attouchements faits à de longs intervalles, avec le nitrate d'argent fondu, en arrêter les progrès. |

Le ptérygion adipeux ne mérite guéres ce nom. C'est simplement une petite tumeur graisseuse (pl. 39, fig. 2, et obs. 252). Rien n'est si facile que de la:détruire. Il suffit de passer dessous , une lancette, et de donner ensuite un coup de ciseaux . courbes sur le plat qui en enléve une grande partie. La suppuration détruit le reste que l'on touche, s'il le faut, deux ou trois fois en cinq jours, avec le nitrate d'argent fondu. C'est par le méme procédé que je détruis des tumeurs de consistance plus ou moins mollasse, qui ont leur base sur la conjonctive ( obs. 254, pl. 17, fig. 1): il convient encore pour celles qui, sous une apparence charnue ou cartilagineuse, se forment non-seulement sur la sclérotique, mais méme sur la cornée (pl. 4r, fig. 2 ; pl. 4o, fig. 3). Les attouchements avec le nitrate d'argent fondu, précédés ou non, selon lindication, de l'emploi des ciseaux, sont encore bons pour des tumeurs, sans consistance, de la conjonctive, qui succédent quelquefois à des phlegmasies ( pl. 41, fig. 3). Le plus ordinairement, on peut se dispenser d'y toucher, ou au moins attendre , en prescrivant des moyens généraux. Je vois quelquefois un coup de ciseaux très-superficiel, donné de huit en huit jours, les faire disparaitre peu-à-peu.

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