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258 SECTION VII, CHAPITRE VI, morceau de sucre sur lequel on versera trois gouttes d'éther vitriolique. Elle en prendra un le matin une heure aprés le dernier verre de petitlait, et l'autre le soir en se mettant au lit. Comme ses yeux sont sujets à de légéres inflammations, nous croyons qu'elle doit éviter tous les collyres spiritueux , et s'en tenir à une simple infusion de fleurs de mélilot, dont elle se servira téde pour étuver ses yeux cinq ou six fois par jour lorsqu'ils seront rouges; elle n'y mettra rien. lorsqu'ils ne le seront ihi
T UAE Mémoire.
Toulon, le 17 février 1777.
L'examen des yeux de mademoiselle'** nous a fait apercevoir les vaisseaux sanguins de l'un et de lautre globe engorgés et devenus variqueux; la prunelle est excessivement et inégalement dilatée, de manière que le petit bord de l'iris, qui forme cette ouverture, se trouve, à la partie supérieure, trés-rapproché du grand bord ou bord externe; tandis qu'à la partie inférieure les deux bords sont plus éloignés. L'humeur aqueuse et le cristallin sont transparents. Le corps vitré nous a paru un peu blanchátre et plombé. Ayant vu souvent Mademoiselle, nous pouvons parler de l'état des milieux transparents dans les différents temps de sa maladie. Vers le premier période, lorsque l'inflammation de la rétine et de toutes les par-
GLAUCÓME. 259 ties auxquelles se distribue l'artere ophtalmique faisait la maladie principale, toutes les humeurs paraissaient troubles et confoudues , comme elles paraissent dans toutes les inflammations un peu vives et qui durent depuis quelques jours. Lorsque les symptómes inflammatoires diminuérent, les humeurs parurent reprendre leur transparence; mais aprés plusieurs jours d'insomnie, l'éréthisme de la rétine s’annonça par de grandes clartés passagères, dont la malade se plaignait , soit que les yeux fussent fermés ou qu'ils fussent ouverts. L'humeur vitrée commença à paraître un peu blanchâtre et trouble, et c’est alors que la vue a baissé de plus en plus.
Hurre, Manwe, REY.
Les nouvelles observations qu'on nous a communiquées au sujet de la maladie aux yeux de mademoiselle*** nous confirment dans l'opinion que nous nous en étions formée d'apres le premier exposé. Tous les remédes sont inutiles quant au rétablissement de la vue, ce qui n'exclut pas ceux qui pourraient étre nécessaires, soit pour dissiper l'engorgement des vaisseaux de la conjonctive, soit pour calmer les céphalalgies , soit enfin pour empécher que la téte ne se dérange entièrement, comme on parait lappréhender.
Nous pensons au reste qu'on ne doit emplover que les plus indispensables.
260 SECTION VII, CHAPITRE VI, Observation 381.
Roanne, le 18 février 1777.
Mémoire. — Madame de Ro""*, âgée d'environ soixante ans, fut sujette dés sa premiére jeunesse à des migraines d'une violence excessive, qui lui faisaient sentir de si vives douleurs dans les yeux, qu'il lui semblait, selon son expression, qu'on les lui cernait dans leurs orbites. Elle fut sujette, dés le méme temps, à des éruptions dartreuses et à de fréquentes ecchymoses ou taches larges et violettes à la peau, semblables à celles que pro- . duit le scorbut, dont on ne lui a d'ailleurs jamais observé d'autres symptômes. S'il lui arrive de se heurter ou de se froisser la peau, et méme si légèrement que tout autre n'en ressentirait pas la plus petite douleur, elle en éprouve de considérables, et il lui survient bientót aprés de semblables ecchymoses. Elle fut attaquée, l’année dernière, d'un anthrax à une jambe, et, depuis une quinzaine de jours, d'un furoncle à la cuisse du méme côté, qui en diffère peu, tant il est douloureux et rebelle. J'ajouterai qu'il lui survient habituellement des efflorescences érysipélateuses autour d'un cautére qui lui fut établi à la jambe du méme cóté, il y a environ trois ans. De ces efflorescences suintent des sérosités fort ácres; les larmes qui coulent de ses yeux, lorsqu'elle en souffre plus qu'à l'ordinaire, ont aussi beaucoup