ni
de ceux qui voient des mouches, des toiles d'araignées, etc. Ces mouches sont fixes : je crois en connaitre la raison ; mais ces bluettes sont toujours en mouvement, de haut en bas, quelque position qu'ait la téte des malades. C'est une petite pluie de feu qui tombe, pourtant assez lentement, et voilà le phénoméne qui m'embarrasse; car, si on suppose qu'il y a dans l'humeur aqueuse des molécules plus réfringentes qui s'élévent de bas en haut, je concois bien qu'elles doivent exciter ces apparences; mais comment se peut - il faire que ces molécules luisantes ou autres soient. continuellement fournies de la partie inférieure de l'oeil, en quelque position que soit l’homme? Voilà sur quoi je vous prie de m'apprendre ce que vous pensez, vous qui avez fait tant de progres dans cette étude.
Vous pourriez encore, Monsieur, savoir par vous-même ou par M. d'Alembert, quelle est la : raison pourquoi l'humeur aqueuse, placée dans nos yeux, ou de l’eau placée dans un télescope, selon la découverte de M. Euler, empêche que les objets artificiels soient bordés de bleu d'un côté et de rouge de l’autre, comme ils le parassent quand on les regarde à travers un prisme ou un télescope ordinaire, ainsi que l'a observé Newton. Voilà ce que je ne puis demander à M. Euler lui-même dans les circonstances de la guerre; si vous le saviez, vous me feriez grand
plaisir de m'en instruire. Pardon de la peine que
je vous cause; mettez-moi à même de vous en témoigner ma reconnaissance. Jai l'honneur d’être, etc.
B. DE SAUVAGES, Professeur de Médecine.
N. B. Mon père ne garda point minute de sa réponse. On verra, si on lit le Mémoire suivant, que j'ai présenté à l'Académie Royale des Sciences, que, dans mon opinion, l'illustre professeur n'avait point une idée exacte des phénomènes que présentent les filaments voltigeants, dont la nature avait piqué sa curiosité. Je crois qu'ils descendent effectivement lorsque l'oeil est fixe. Foy. plus haut, page 388.