‹ Traité des maladies des yeux, avec des planches coloriées représentant ces maladies d'après nature, suivi de la description de l'œil humainChapitre 6 sur 60 · A M AU R:OS E. T · texte numérisé non relu

A M AU R:OS E. T

je ne m'écarterai point de la méthode que vous prescrirez. Laroun, D. M.

Réponse.

Monsieur, je crois que le nommé Ch*** mange irop et Observe un mauvais régime. Je préférerais à lapplication des sangsues la saignée du pied suivie de l'émétique. ll faudrait ne lui permettre que des potages pendant quelque temps.

Deuxième Lettre de M. Li 4TOUR.

Au château de Claireau prés Orléans, le 28 septembre 17835.

Monsieur, tous les moyens que nous avons mis en usage jusqu'à-présent pour empécher le progrès de la paralysie des yeux de notre malade n'ont fait peut-étre que retarder cette affreuse maladie. Le raptus du sang vers la tête n'a pu étre interrompu ni par les saignées du pied ni par l'émétique , qui a produit un grand effet. Le malade à vomi de la bile trés- verte; néanmoins la douleur au front, le sifflement des oreilles, ont toujours persisté; l'engourdissement des extrémités et la faiblesse des lombes , augnientent visiblement. Les vésicatoires font beaucoup suppurer, ainsi que le sain- bois, mais ils ne remédient point à la compression du cerveau, d'ou résultent tous les accidents que le malade éprouve. Le plus frappant est celui des yeux : ils ne se fixent que par effort sur les objets qu'on pré-

sente au malade. L'oeil gauche sur-tout se porte involontairement sur l'angle externe, et ce.n'est que parce que le malade fixe mieux les objets avec l'oeil droit, que le gauche se trouve ramené pour former laxe visuel. Ce n'est qu après des efforts réitérés et une application pénible que les couleurs peuvent être distinguées. Ce n'est pas le seul accident : l'inertie des entrailles accompagne ce déplorable état. Le malade passerait toute sa vie sans aller à la garde-robe, si on n'excitait cette fonction par quelque purgatif irritant. Je l'ai mis depuis peu à l'usage des pilules faites avec trois grains d' ibéchdütis à agaric et jalap, de chacun dite grains. Il a fallu augmenter cette dose, qui n'opérait aucun effet. Il pr 'end ces pilules le soir, et depuis cinq jours, il. boit tous les matins une 'pinte d'eau minérale de Ségrai. L'analyse chimique de cette eau donne à-peu- pres les produits de l'eau de Passy. Le malade la rend tres-bien. Il faut, je crois, attendre du temps l'effet de ce moyen. Si vous vouliez, Monsieur, nous guider dans le traitement de cette maladie, je vous prie de croire à notre docilité pour vos conseils.

Latour, D. M.

Réponse.

Lorsque le malade est parti de Paris, sa vue était assez bien rétablie, et ses reins assez fortifiés pour que l'on put espérer que l'époque de sa guérison complète n'était pas éloignée......

Je vous engage à lui prescrire le sel volatil de vipéres, et des apozémes toniques avec Un raifort et la graine de moutarde.

Mémoire, le 16 mars 1768. — J'ai cinquante ans, je suis vif, bilieux et pituiteux; j'ai toujours été maigre, et ma vue a toujours été courte.

Jeus au mois de juillet dernier un coup de sang des plus violents : je restai trois quarts d'heure sans connaissance, sans pouls, sans mouvement, sans respiration, la tête penchée sur la poitrine, les dents serrées à un tel point, qu'on ne serait pas venu à bout de m'introduire une cuillére dans la bouche, sans une brèche oécasionnée par la chûte de quelques dents; je croyais toucher à mon dernier moment. Cependant à tout hasard, on envoya chercher le chirurgien d'un village voisin, qui, au lieu de me saigner au pied et de me donner de l'émétique, me fit trois amples saignées au bras et me purgea deux jours après. A peine mon accident était-il passé, que. j'eus un froid glacial et un mal de téte violent; on me coucha, on me fit boire beaucoup d'eau chaude, parce qu'on craignait une indigestion que je n'avais point, et je mouillai trois chemises. J'ai oublié de vous dire que j'avais le visage d'un rougecramoisi avant ce coup de sang, qu'une grande chaleur me sembla monter à la téte, et qu'un instant avant de perdre connaissance, Je sentis

dans l'estomac comme si jy avais la mie d'un pain chaud imbibé de vinaigre; ce que je ne ressentis plus quand je fus revenu. Aprés mes saignées et ma purgation, je me portali à-peu-près à mon ordinaire, sans cependant avoir la téte bien libre; elle ne l'a méme pas été depuis. On me conseilla de me faire saigner de temps en temps du pied et de me purger quelquefois.

Je me fis tirer du sang du pied droit au mois d'octobre; trois jours aprés, je ne voyais de l'œil droit que des mouches et des filandres noires, et la vue s'en est presque totalement éteinte. Je voudrais qu'elle le füt tout-à-fait; car le peu que j'en apercois à travers un treillis épais nuit au gauche. Lorsqu'il fait un beau jour et qu'on me ferme l'œil gauche, si avec le droit je regarde un clocher, je l'apercois trés-imparfaitement , et au lieu de le voir droit, je le vois courbé à angle droit, ainsi que les vitres et autres objets blancs et lumineux. Je fus purgé quelques jours aprés cette saignée, et le troisiéme jour, j'eus un second coup de sang, mais moins long et moins violent que le premier. Dans celui du mois de juillet, je me sentis monter le sang à la tête, et dans celui-ci il me descendit, soit du sang, soit des humeurs, de la tête au visage jusqu'au milieu du nez; j'en discernai à merveille l'écoulement avant de m'évanouir, et méme, long-temps depuis, j'ai eu souvent par intervalles le nez enflé et rouge; il le devint encore dans le courant du mois dernier.

AMAUROSE, 199 Ace second coup, qui me frappa chez moi, les gens de l'art de Saint-Calais vinrent à mon secours; le chirurgien voulait saigner, le médecin s'y opposa. Je ne le fus point. On me mit sur le sommet de la tête un cautére volant, qui tira dès la première fois , et a toujours donné des sérosités et des matières gluantes et blanchátres d'une odeur fétide. En établissant cet exutoire, mon médecin veut : 1? éviter des rechütes de coup de sang; 2° améliorer l'état de mon œil; 3° combattre un enchiffrenement auquel je suis sujet; 4? il avait enfin l'espérance de détruire ou du moins de diminuer l'humeur qui me cause depuis bien des années un rhumatisme.. ll y a un an qu'il est presque continuellement dans la téte. Depuis que je porte ce cautére, je suis purgé fort souvent, et J'ai pris à deux fois différentes beaucoup d'apozémes.

En décembre, quelques jours aprés avoir fait faire ce cautére, j'allai à Tours voir le frère André, bénédictin à Marmoutiers, bon chirurgien, et particuliérement fameux oculiste ; 11 examina attentivement mes yeux, et déclara qu'il s'agissait d'une paralysie.

Le coup de sang que le malade eut au mois de juillet de l'année dernière, la perte de l'oeil gauche survenue au mois d'octobre ‘suivant, le second coup de sang qui suivit de près cet obscurcissement de la vue, et ces humeurs qu'ilasenties

monter à la téte ou descendre sur le visage et au nez en diverses occasions, annoncent d'une facon qui n'est pas équivoque un embarras dans la tête, qui ne saurait étre attribué qu'à un état pléthorique dont il y aurait tout à craindre, non-seulement pour le bon œil, mais méme pour la vie, si on négligeait d'y apporter remède. La saignée est nécessaire; mais comme elle n'est pas sans inconvénient par rapport à la vue, il faut la faire avec ménagement ; elle doit être plutôt évacuative que révulsive. Nous serions donc d'avis que le malade füt saigné du bras, avec la précaution de mettre environ quatre heüres d'ntervalle entre les palettes. Le lendemain, vingt sangsues aux deux tempes. Émétique. Sel volatil de vipères. Petit - lait avec addition d’un demi-grain d'émétique. Entretenir le vésicatoire. Faire de l'exercice, et observer un régime sévère. On ne peut dissi- .muler que l'oeil droit court du danger. |

Observation 340.

Mémoire. — Une femme, àgée de trente-quatre ans, est attaquée depuis quinze mois de la goutte sereine, à la suite de convulsions causées par un acces de colére, qui avait été précédé de longs chagrins. Elle est d'un tempérament bilieux, pituiteux. Les spasmes qui l'agitérent ont excité des contorsions si violentes, que les bras et les mains paraissaient. disloqués : les yeux. ont tellement gonflé, que. la cornée faisait saillie. La malade

est tombée dans un état de faiblesse excessive qui dura six mois. Un mal de tête violent dont le siége principal se rapportait à l'occiput, et semblait partir du diaphragme, n'a duré que peu de jours, et a cédé aux vésicatoires placés aux oreilles pendant quinze jours et à la nuque pendant vingtquatre heures. Des vomissements trés-fréquents ont duré trois mois : la malade vomissait chaque fois qu'elle prenait des aliments. Les règles étaient vacillantes , et la moindre contrariété, le moindre chagrin les faisait fluer. Les extrémités supérieures et inférieures, pour ainsi dire paralysées, ont commencé à reprendre du ton vers le septième mois, et ont toujours été en s'améliorant , aussibien que l'appétit, le sommeil et les regles, qui ont repris leur cours ordinaire. Il ne reste maintenant à la malade qu'une légère douleur, vers la région du diaphragme. Elle distingue bien le jour d'avec la nuit; la pupille se dilate et se contracte à merveille;les yeux jouissent de tous leurs mouvements.

Le soussigné estime que les muscles de l'oeil, qui ont leurs attaches fixes au fond de l'orbite , autour du nerf optique qu'ils embrassent, se sont trouvés. fortement contractés à l'occasion de la colére, que l'anneau modérateur de Valsalva s’é-. tant resserré par cette tension , le nerf optique a été comprimé.

La malade n'a pris d'autres remèdes que les ferrugineux et le bois de gayac par infusion,

126 SECTION VII, CHAPITRE I, quelques bains de vapeurs, l'eau de Cologne en frictions, les eaux de Balaruc en douches, et les vésicatoires apposés aux oreilles et à la nuque. | GRAUX.

Londres, le 24 juin 17575.

Mémoire. — Une dame, âgée d'environ soixante ans, d'un tempérament sec et bilieux, fut affectée, il y a deux mois, d'un obscurcissement subit sur l’œil gauche, ayant à-peu-prés la forme d'une mouche noire, avec nombre de filaments, qui parurent d'abord offusquer tout cet oeil; mais ensuite diminuérent peu-à-peu d'épaisseur et d'irrégularité , en formant une seule ligne noire d'un quart de cercle qui parait étre du cóté supérieur du petit angle de l'oeil. Cette ligne circulaire a beaucoup de mouvement, lorsque la malade tourne la téte ou qu'elle remue l'oeil, et se fixe toujours en remontant au méme endroit.

Il ne parait aucun changement de couleur, ni opacité dans la partie visible du cristallin. La prunelle, pendant plusieurs jours, était un peu plus contractée que celle de l'oeil droit; mais ensuite elle a repris son diamètre naturel, sans recouvrer toute son élasticité; les changements de lumière ne lui causant qu'environ les trois quarts de contraction ou de dilatation par comparaison avec leur action sur celle de l'oeil. droit; elle parait tres-noire. Dans le commencement, il y avait

un sentiment de pesanteur sur cet œil, sans aucune douleur de tête ni à la tempe. Cela s'est dissipé , en sorte qu'elle ne sent rien de plus à l'oeil affecté qu'à l'autre.

La malade a été saignée au pied, à la jugulaire, et à la tempe. Comme elle est d'un tempérament fort resserré, on lui a prescrit un régime rafraichissant , quelques purgatifs , ensuite l'usage de laxatifs propres à tenir modérément le corps libre, l'infusion de fleurs de romarin et d'eufraise , l'exercice du carrosse, les bains de pieds. De plus on entretient une évacuation d'humeurs séreuses au moyen d'un petit vésicatoire à la nuque, et comme elle prend difficilement les médicaments , on n'a point ordonné de remèdes internes atténuants, de céphaliques plus actifs, ni aucune application extérieure. La consultante, environ deux mois avant cette maladie de l'oeil, eut une attaque d'apoplexie, dans laquelle elle fut prés de trois fois vingt-quatre heures sans voir, entendre, ni parler, ayant cependant l'usage libre des bras et des jambes.

L'émétique, les saignées révulsives, un vésicatoire, et quelques diaphorétiques , la rétablirent en peu de jours, tellement qu'il ne lui restait aucunes traces extérieures de. cétte maladie lorsqu'elle fut attaquée de celle pour laquelle elle consulte. Son état présent est que le nuage de l'oeil gauche n'a point augmenté, qu'il ne s'étend point au droit, et qu'il se borne à cette ligne

circulaire décrite ci-dessus; qu'elle peut lire et écrire avec des lunettes, dont elle fait usage depuis nombre d'années; qu'elle se porte bien d’ailleurs, mange avec beaucoup d'appétit, mais peu, dort bien, et prend un exercice modéré. Elle desire connaitre le pronostic de cette maladie , les moyens les plus efficaces pour en prévenir. l'augmentation, et empécher que la méme cause n'attaque l'autre œil, le régime le plus convenable dans ce cas, et savoir si le siége du mal est dans le cristallin ou dans la rétine.

fiéponse.

. La maladie réside dans la rétine. Les moyens employés étaient trés-bien indiqués : entretenir le vésicatoire à la nuque. La malade prendra les eaux martiales de Dulwich, dans le comté de Surrey. On les fera venir à Londres; ensuite elle fera usage du suc de cloportes intérieurement et du baume de Fioravanti à l'extérieur.

Observation 342.

18 juin 1784.

Consultation pour M. G*"*, de Liége, àgé de cinquante-un ans, d'une constitution maigre, d'une taille haute , d'un tempérament bilieux. Il eut des fievres en 1782, et cette maladie, qui fut longue,

le mit à l'extrémité, et lui fit perdre l'oeil droit. Depuis sa convalescence, en janvier 1783, la vue

de cet œil commença à s'éclaircir, mais trés-lentement. Pour tout remède, on lui appliqua un vésicatoire au cou, qu'il garda deux ou trois mois, et il fit usage de l'eau de Cologne. Il y a donc plus de dix-huit mois que cet œil est affecté de paralysie. Elle a été complète, puisque le malade n'en voyait ni le jour ni la lumière d'une bougie. La nature a dissipé en grande partie cette maladie, et l'obscurcissement a diminué, au point qu'il n'y a plus que le centre de la rétine d'obstrué. En effet il ne voit point l'objet sur lequel aboutit l'axe optique, et apercoit presque tous ceux qui sont à cóté: c'est-à-dire qu'en dirigeant l'oeil droit sur le mot ROI en grosses lettres, il ne voit pas la lettre du milieu , et ne distingue que celles qui sont à droite et à gauche.

Un vésicatoire qu'on lui appliqua derrière le cou et l'usage qu'on lui fit faire de l'eau de Cologne paraissaient si bien indiqués, que c'est à ces moyens que nous croyons devoir attribuer la guérison commencée de cette paralysie, et si cette amélioration est restée imparfaite, c'est que le malade s'est lassé trop tót de porter son vésicatoire, parce qu'il rendait prodigieusement ; c'està-dire que la raison qui le lui a fait abandonner est précisément celle qui aurait dû le lui faire conserver.

Nous pensons que, pour dissiper entierement l'obstruction, il faut absolument revenir à un vé-

sicatoire au cou, dont on entretiendra lécoule- MT. 9

ment au moins pendant six semaines ; Monsieur prendra tous les matins une pinte de petit-lait avec un gros de terre foliée de tartre et quatre onces de suc de cresson , cerfeuil et chicorée sauvage. ll se purgera ensuite, et ira prendre les eaux de la Géronstere.

Observation 3423.

Bordeaux, le 25 juin 1744.

Mémoire. — M. de**", àgé d'environ quarante-

six ans, avait naturellement la vue bonne; mais elle commenca, 1l y à quelques années, à recevoir de vives atteintes par la migraine, et sur-tout il y a quatre mois, à l'occasion d'une fiévre maligne qui l'a lui a ótée presque entierement, puisquil ne voit pas à se conduire et ne distingue aucun objet.

Ses yeux paraissent assez sains, excepté que la prunelle est trop large, sur-tout à l'œil droit, et qu'à l'iris de celui-ci, il y a, sur le bord extérieur, du éôté du nez, un cercle blanc , large de deux lignes : lé cristallin parait dans son état naturel: |

11 faut observer que cette fiévre maligne avait commencé par une espece de migraine avec ophtalmie et diminution de vue; que dans l'état de cette fièvre le malade voyait mieux, et de mieux en mieux dans le déclin à mesure que les vésicatoires qu'on lui avait appliqués fournissaient de la matiére; mais qu'il a aussi, par degrés, perdu

la vue à mesure que cette évacuation a diminué. On eüt sans doute bien fait de pratiquer promptement un cautére pour supplément; mais on vient seulement de l'appliquer au bras, et il n'est pas encore ouvert; on va en appliquer un autre à la nuque.

Il est bon aussi de savoir que la mère du malade est aveugle depuis plusieurs années, et qu'il a un frére qui, depuis trés- long-temps, se plaint beaucoup de sa vue; qu'ainsi il y a une disposition. naturelle, à laquelle s'est jointe une autre disposition acquise par les accés de migraine, par une ophtalmie, et sur-tout par le caractère malin de la matière qui, à la suite de sa dernière maladie, a été déposée sur les humeurs, les membranes des yeux, et sur-tout sur les nerfs opti-

ques.

""** Médecin.

Mémoire pour le méme malade.

Bordeaux, le 26 juin 1744.

... Cette fièvre maligne fut terminée par une tumeur qui vint aux parotides du côté gauche. On ne différa point à profiter de l'avantage qu'elle devait procurer. On y appliqua aussitôt une trainée de pierre à cautère : par ce moyen, on évacua une quantité prodigieuse d'une matiére extrémement épaisse, visqueuse et blanchátre. Cette évacuation a duré environ deux mois. Pour aider

la nature dans ses opérations, on s'est servi de suppuratifs aussi long-temps qu'on a pu le faire. L'ouverture de ce dépót critique produisit peu aprés un trés-bon effet; car le malade, qui depuis plusieurs jours était accablé par les accidents les plus fácheux et hors d'état de se connaitre, revint à lui, et put se plaindre d'une douleur trés-violente à la p#tie inférieure des vertèbres des lombes et au sacrum. Il se tourna avec beaucoup de peine; on examina cette partie, qu'on trouva sphacelée, effet de la situation du corps, le malade étant resté toujours couché sur le dos depuis le commencement de la maladie. On enleva ce lambeau mortifié; il en résulta une plaie de plus d'un demi-pied d'étendue et de forme ronde; plusieurs escarres se détachérent dans les premiers pansements. La suppuration devint si abondante, qu'on fut obligé de panser pendant long-temps deux fois le jour. Cet ulcere est sur le point d'être entiérement cicatrisé.

Il est essentiel de faire remarquer à M. Demours que, lorsque la parotide fut affectée, le malade n'y voyait point : peu-à- peu il recouvra la vue, ayant pourtant beaucoup de peine à distinguer les objets les plus visibles et les plus frappants, méme les corps lumineux; tout lui paraissait être du brouillard. La suppuration , tant de la parotide que de l'uleére du dos, lui rendit sensiblement la vue plus claire; cet éclaircissement a continué d'augmenter pendant environ trois

AMAUROSE. 133 mois; mais on a remarqué que; quelque temps aprés que la parotide a été guérie, et à mesure que l'ulcére s'est fermé, la vue s'est affaiblie, et a diminué peu-à-peu jusqu'à-présent, que le malade l'a entiérement perdue et est hors d'état de se conduire. Les pansements ont été commencés depuis le 7 février. |

Observations du malade. — ll est bon aussi de remarquer que, dans le temps que le malade y voyait un peu aprés sa fièvre maligne, sa vue s obscurcissait considérablement quand i] demeurait en repos et sans mouvement, et que lorsqu'il agissait et se remuait, la vue revenait.

"* Chirurgien.

Observation 5/44.

Orléans, le 14 juin 1781.

Mémoire. — Une femme, àgée de cinquantequatre ans, dont le retour s'est manifesté depuis trois ans, a eu cinq acces de fiévre intermittente quotidienne, le premier desquels a commencé le 18 octobre de l'année derniére 1780. Ces accés, qui ont toujours été accompagnés d'une vive douleur de tête, se rapprochant de plus en plus, la déterminérent à quitter la campagne où elle était alors et à retourner à la ville, à l'effet d'y étre plus efficacement secourue. Peu - aprés son arrivée, la maladie se développa de maniére à pouvoir être caractérisée fièvre maligne. Elle devint

continue; la douleur de téte augmenta tellement, qu'aprés une saignée au bras, on eut recours à deux saignées au pied qui ont été faites en deux jours, mais sans, tout le succes qu'on. en avait espéré. La malade s'apercut peu -apreés qu'elle avait perdu l'usage de.la vue. Cet accident l'effraya autant qu'il attira l'attention des personnés qui la gouvernaient ; le médecin. et le chirurgien l'attribuerent à un engorgement considérable qui s'était formé dans la tete, et qui avait comprimé le nerf optique, de maniere à lui ôter son ressort. Ils furent d'avis que, pour attaquer le mal dans son siége, il ne fallait point répéter la saignée du pied, mais appliquer au front les'sangsues, dont l'effet, qu'ils regardaient comme plus immédiat que celui de la saignée, pourrait étre plus salutaire. Cette opération, qui donna lieu à une effusion de sang considérable, diminua le mal de tête, et ce succès détermina une seconde application de sangsues, dont la malade se trouva itérativement soulagée. Sa faiblesse extréme ne permettant pas de continuer ces applications ni de lui faire aucune saignée, on se borna à prescrire des lavements et les boissons que son état exigeait. : | |

Par l'effet. de. ce: traitement, les: dangers -ont peu-à-peu disparu , la douleur de tête a:diminué, mais la cécité de la-malade, pendant laquelle elle a eu les yeux fixes , a, subsisté l'espace de cinq semaines, avec douleur à la téte: ellea été accom-

pagnée d'une pesanteur dans les paupieres qui en Ôtait l'action, et par intervalles d'un écoulement d'eaux ácres pendant dix à douze jours, apres lesquels cet écoulement a cessé.

La malade ensuite recouvra la vue, mais non complétement. D'abord elle a vu le jour, mais à travers un brouillard épais; apres elle a vu la lumière de la chandelle d'une grosseur extraordinaire et environnée d'un grand cerceau lumineux accompagné de rayons. Elle est restée dans cet état environ deux mois, pendant lesquels elle a eu de temps à autre les yeux fixes. Apres elle a commencé à voir le jour à travers un brouillard moins épais, et la lumiere de la chandelle dans sa forme véritable, cependant avec un peut cerceau lumineux accompagné de rayons moins grands. Et dans tous ces temps périodiques, la malade a eu plus ou moins de pesanteur dans les paupières, une espèce de barre transversale douloureuse au-dessus des sourcils, et une extrême sensibilité au grand jour et à la lumière.

Aujourd'hui la malade n'a plus cette barre douloureuse, si ce n'est lorsqu'elle éprouve quelques maux de téte qui ne sont pas fréquents. Elle a trés-peu de pesanteur dans les paupières ; elle distingue les objets lorsqu'elle en est à quatre ou cinq pas, mais toujours avec un petit brouillard.

ll y a environ trois semaines qu'étant à la campagne, elle voyait, toute la verdure de couleur jaune. dans ,les. premiers jours; ensuite elle l'a

136 SECTION VII, CHAPITRE I, bien distinguée de prés. Ses yeux paraissent nets, les globes et les paupières ont leurs mouvements naturels; elle les ferme souvent pour se soustraire à l'impression du jour et de la lumiere. Autant de fois qu'elle les ouvre, le brouillard lui parait dans le principe plus épais, et il diminue lorsqu'elle les tient ouverts un certain temps. Depuis cinq à six semaines, son appétit est revenu et elle dort bien; malgré cela, ses forces ont jusquà ce moment fait peu de progres, et sa faiblesse est encore de nature à ne pouvoir lui permettre de faire deux cents pas sans être bien fatiguée, ou pour mieux dire sans étre hors d'état d'aller plus loin. Faut-il un vésicatoire?

La maladie touche à sa fin; il ne faut aucun nouveau reméde. Le vésicatoire serait probablement superflu.

Observation 345.

Lettre de M. FkAvTRIER @ mon pére.

Montlhéry, le...

Mon cher ami, une fluxion de poitrine, accompagnée de fièvre maligne putride, qui a été suivie de cécité, me fort aujourd hui l'occasion de vous écrire.

Le malade, âgé d'environ cinquante ans, quas tempérament robuste, ayant aimé le vin jusqu'à

l'excès, se plaignit d'une toux considérable, sèche, mais fréquente et sans crachats, avec difficulté de respirer, douleur de poitrine, une fièvre trésaiguë, la peau brülante, etc.

Pour calmer ces symptômes, j'ai été obligé de lui faire faire six saignées du bras et une du pied, parce que la fiévre, la toux et les autres symptómes m'ont paru rebelles, et je fus déterminé à la saignée du pied le quatrième jour que je fus appelé et environ le onziéme de la maladie, parce que la téte était prise, et que le malade ne se plaignait de rien que de cette partie. Le lendemain, le voyant assoupi, le ventre gonflé, le pouls relâché, la poitrine dégagée, je lui donnai une eau de casse aiguisée par quatre gros de sel d'Epsom et six grains d'émétique, ce qui procura des selles trés-abondantes. Le malade en a paru soulagé : il lui est resté cependant un aveuglement qui est arrivé successivement, le malade ayant commencé par apercevoir des brouillards. Je le vis hier; il n'y voyait point du tout. J'ai observé que la prunelle est toujours immobile, soit qu'on óte, qu'on approche ou qu'on éloigne la chandelle. Je lui ordonnai une saignée à la gorge d'environ douze onces; elle n'a produit aucune espéce de changement. Je lui a1 ordonné aujourd'hui quatre grains de kermès en quatre prises.

C'est ici une suite de la douleur vive de tête, de l'assoupissement, de la surdité, etc., c’est-à-

dire de l'inflammation de la tête, Maintenant je vous prie de me dire ce qu'il y a à faire et ce quil y a à attendre de cette dernière maladie; car pour les maladies précédentes, je crois en venir aisément à bout. Pour celle-ci, j'avoue qu'elle me passe. J'ai déja proposé des vésicatoires entre les deux épaules; marquez- moi s'ils conviennent; si le quinquina et le sel d'Epsom y sont contraires ou favorables; faut-il donner des tisanes sudorifiques ou un grain de kermes tous les matins pendant quelques jours ? Du reste les yeux sont un peu ternes, mais sains en apparence.

FrAuTRIER, Médecin.

Réponse.

Mon cher ami, comme le malade en question a perdu la vue à la suite de l'opération de la derniére eau de casse émétisée, il serait à souhaiter que l'action de ce médicament füt la cause de ce terrible accident. Vous en viendriez aisément à bout par les cordiaux et les restaurants, tels qu'un peu de nourriture, si l'état du malade ne s'y opposait pas, et un demi-gros de thériaque le soir. C'est un cas entièrement semblable à celui d'un malade que j'ai vu récemment avec M. Pousse, à qui deux onces de manne causerent le méme accident, qui effraya fort le malade et les assistants. M. Pousse, fort inquiet lui-méme, prit cet accident pour une goutte sereine. J'assurai qu'il verrait le lendemain, et lui ordonnai, en pré-

sence de M. Pousse, de la nourriture, du vin, dont il ne buvait pas depuis quelques années, un demi-gros de thériaque le soir, et une compresse d'esprit- de-vin camphré sur l'oeil, renouvelée de temps en temps. Ces remèdes produisirent l'effet que j'avais promis. Je vous rapporte ce cas, afin que vous examiniez si celui pour lequel vous m'écrivez lui ressemble, ce que vous connaitrez par la dilatation de la prunelle et par la faiblesse du malade. Mais si la prunelle est rétrécie comme elle doit l'étre dans un degré de lumière ordinaire, c'est une preuve que cet accident dépend de quelque désordre dans la tête, et l'assoupissement que le malade a éprouvé pendant sa maladie semble indiquer que telle est la véritable cause de la perte de la vue. Dans ce dernier cas, le pronostic est plus incertain et le succes plus équivoque. Je ferais saigner le malade du pied, et je lui ferais passer promptement un séton à la nuque avec un fer chaud. La compresse d'esprit-de-vin camphré sur les yeux ne saurait y nuire. C'est à vous, mon cher ami, qui pouvez voir le malade, à examiner qu'elle peut étre la cause de cet accident, et à opter entre ces deux partis.

De tous les remédes que vous proposez pour combattre les restes de la maladie, le quinquina seul ne me parait pas convenir, parce qu'il fixe trop les humeurs dans les parties où elles sont engorgées. |

IV. B. L'amaurose était complète. Le malade est resté aveugle.

Mademoiselle Pauline C*** est âgée de onze ans et demi, eta toujours joui d'une bonne santé jusqu'au mois de février dernier, époque à laquelle des vomissements de phlegmes ont annoncé les accidents qui n'ont pas tardé à se manifester avec une douleur de tête, qui s'établit le 15 avril dans le cou du côté droit : la tête se pencha sur l’épaule du même côté; elle y resta pendant six semaines. Lorsque l'enfant commenca à pouvoir la relever, elle se plaiguit d'un brouillard devant les yeux, notamment devant le droit. Ce brouillard augmenta jusqu'au 1% août : alors l'oeil droit fut éteint, et le gauche se perdit entiérement le 15 du méme mois : on a fait appliquer deux fois à la marge de l'anus six sangsues... D'autres moyens, qui paraissaient indiqués, ont été employés; mais la maladie, dés son principe, a paru au-dessus des ressources de l'art. Depuis le commencement de juillet sur-tout, vomissements de phlegmes jour et nuit , douleurs du cóté gauche dans les viscéres du bas-ventre : au milieu d’août, passage de ces douleurs du côté gauche au côté droit; le 20 aoüt, convulsions de deux heures consécutives : depuis elles ont lieu chaque jour ; soubresauts, larmes arrachées par la douleur, presque sans aucune interruption ; douleurs de téte continuelles : tous les symptómes augmentent de jour en jour, au point qu'aujourd'hui il n'y a presque plus d'intervalles, méme la nuit. Nous avons

trouvé les pupilles dilatées et immobiles. Leur dilatation n'est point extrême, mais la jeune malade n’aperçoit point la clarté méme du soleil. Le 9 du courant, état d'anéantissement si complet, qu'on la crut morte. Depuis quelques semaines, elle a de ces sortes de pertes de connaissance pendant lesquelles on ne sent pas son pouls : les pieds, les mains et la téte deviennent froids.

Nous avons prescrit l'usage de la poudre de digitale pourprée et des pilules d'extrait aqueux d'opium , en commençant par un quart de grain, et nous avons engagé les parents à consulter sous le rapport de la maladie organique qui peut exister dans la téte.

Fait à Paris, le 14 septembre 1816.

Decuise, DEmours.

Depuis l’âge de deux ans, la jeune malade a été sujette par intervalles à des palpitations de coeur; elles étaient trés-fortes, et duraient quelquefois douze heures. Le 26 septembre, les accidents parurent augmenter; elle ne quitta plus le lit, et n'eut aucun intervalle dans ses souffrances jusqu’au jour. de sa mort, qui eut lieu le 19 janvier suivant: la dilatation des pupilles avait augmenté dans les premiers jours d'octobre; pendant les dernieres semaines elle était dans un assoupissement presque continuel qui n'était interrompu que par des crises de convulsions.

Observation 347.

Rouen, le 25 juillet 1805.

Mémoire. — M**. P"**, âgée de trente-huit ans, d'une constitution faible et délicate, ayantle genre nerveux sensible et irritable, me consulta en avril 1804, pour son: ceil droit, dot elle voyait fort peu. La pupille était trés-dilatée, ne se resserrant nullement, méme à l'approche subite d'une vive lumiere. Mon opinion fut que la paralysie du nerf optique était la cause prochaine de cet accident, toutes les autres parties du globe étant saines. L'oeil gauche était parfaitement bon. D'apres les diverses questions que je lui fis, j'appris que dés son enfance elle était sujette à de fortes migraines; qu'elle n'avait jamais eu d'éruptions à la peau, dont on püt soupconner la répercussion ; qu'elle n'avait pas eu d'enfants. A dix-sept ans elle fut réglée; elle l'a été trés-abondamment depuis, et tous les vingt Jours à-peu-prés; il y a quelques années qu'elle lest moins, mais toujours aux mémes époques. Il y avait deux ans et demi en avril 1804 qu'elle avait un. écoulement habituel trésconsidérable de flueurs blanches, qui lui causait beaucoup de chaleur et de dera dee aux parties sexuelles. Elle éprouvait des douleurs dans le bas-ventre; et fréquemment, la nuit comme le jour, elle était obligée de se lever et de faire des injections pour calmer ses vives douleurs. Elle éprou-

vait aussi quelquefois un sentiment de froid à la région de la matrice, et y appliquait quelque chose de chaud pour le dissiper.

La malade avait consulté pour cette maladie, et elle fit infructueusement usage de la boule de Nancy et de la tisane de fleurs d'orties blanches.

Je proposai un traitement, autant pour conserver l'eil sain, que pour guérir l'œil malade. Je crus qu'il était urgent de s'occuper de la leucorrhée, que je jugeai être la cause éloignée de la paralysie du nerf optique. Pour remplir cette indication principale, je conseillai nos eaux minérales, qui sont ferrugineuses. La malade en a fait usage pendant plusieurs mois; elle en buvait à ses repas avec du vin; matin et soir elle prenait des bols fait avec le kina, l’alun, et suffisante quantité de sirop de quinquina. On appliqua un vésicatoire sur le col, qui suppura peu de semaines , et fit beaucoup souffrir. Il fut remplacé par un cautére au bras, qui existe encore. L'émétique a été administré à plusieurs reprises : il a toujours paru fatiguer, agacer la malade, et affaiblir sa vue. Un doux minoratif paraissait plus salutaire, en ce qu'il améliorait l'appétit, les forces, et le sommeil. Pour réveiller l'action languissante du nerf optique, je conseillai d'approcher de loe malade jusqu'à ce qu'il rougit et larmoyàt, un petit flacon rempli d'esprit de sel ammoniac; on a employé de la méme maniere les vapeurs spiritueuses, telles que celles

du baume de Fioravanti, de l'eau de mélisse, de l'esprit de vin, etc. |

Les flueurs blanches, pendant ce traitement, paraissaient tantôt plus, tantôt moins , et cessaient quelquefois pour une vingtaine de jours. Elles ont disparu depuis quatre mois.

En juillet , toujours 1804, l'oeil droit se rétablit; presqu'aussitót le gauche devint malade; il fut entiérement privé de la vue. En octobre il devint meilleur; en novembre parfaitement bon. Vers le ro décembre les objets furent vus doubles des deux yeux. Cet accident dura environ un mois. En janvier, le droit s'est perdu de nouveau; le gauche est resté en bon état. Au commencement du mois dernier, la vue du gauche a diminué , et depuis à-peu-prés un mois la malade distingue à peine lombre des objets, encore n'est-ce que du gauche; le droit ne distingue rien; nous avons eu recours aux fondants. Tantót nous avons donné l'aquila alba et le soufre doré d'antimoine à la dose de deux ou trois grains par jour; tantót les pilules résolutives de Richter, celles de Schmuker, etc.

ll y a un an j'avais proposé un séton à la nuque, ouvert de haut en bas,et un cautére sur la téte à la jonction des sutures sagittale et temporale, que je croyais d'autant mieux indiqués, que la malade s'est toujours plainte, ainsi que je l'ai déja dit, et se plaint encore beaucoup de maux de téte, pesanteurs, embarras dans le front,

les sourcils et les paupières, qu'elle relève avec peine : les yeux méme n'en sont pas exempts.

Il n'y a que quinze jours que j'ai pu obtenir ces deux égoüts, qui suppurent bien depuis une huitaine de jours.

Il y a un mois, Madame voyait beaucoup de feu. L'écoulement périodique était en retard. Je lui fis appliquer des sangsues aux grandes lèvres; ses règles sont venues peu après, et elle n'a plus vu de feu. Depuis plusieurs années, le sang menstruel est si peu coloré, qu'à peine il teint le linge en rouge.

Madame a eu des démangeaisons à la téte et sur tout le corps, tantót à une place, tantót à une autre; des douleurs et des engourdissements dans les membres. Depuis la suppression des flueurs blanches, qui date de quatre mois, elle a eu des démangeaisons à l'anus, que les bains de siége ont calmées. Madame en prend au moins un tous les deux jours. Les bains entiers, dont elle a essayé à plusieurs reprises, ne lui ont jamais réussi; elle s'est mieux trouvée des autres. Madame se croit un jour environnée d'une grande clarté, le lendemain, d'une grande obscurité : cette intermittence se soutient constamment depuis quinze jours , et les objets ne peuvent étre distingués un jour plus que l'autre. Cette grande clarté géne et fatigue souvent les yeux. La couleur des flueurs blanches était tantót verte, tantót jaune. Madame a pris, en septembre dernier, une trentaine de

Page 1