HISTOLOGIE NORMALE
La couche épithéliale (0"^,03 d'épaisseur) qui revêt la surface antérieure de la cornée est composée de plusieurs couches de cellules, dont les plus superficielles sont aplaties, les plus profondes cylindriques.
Au-dessous de cette couche, tous les auteurs classiques décrivaient une membrane vitreuse, élastique, amorphe, connue sous le nom de lame élastique antérieu7'e de Bowman, à laquelle on faisait jouer un certain rôle dans les kératites superficielles, phlycténulaires, vésiculaires et autres. Les dernières recherches histologiques démontrent que cette membrane ainsi envisagée n'existe pas.
Immédiatement au-dessous de la couche épithéliale se trouve le tissu propre de la cornée dont les couches les plus superficielles renferment en moins grande abondance, il est vrai, les cellules dont nous allons parler tout à l'heure ; mais, traitée par l'hypermanganatc de potasse, la substance fondamentale immédiatement sous-jacente àl'épithélium prend V aspect fihrillaire, ce qui n'arrive pas pour les véritables lames vitreuses, en particulier pour la membrane de Descemet, dont l'homogénéité et la transparence parfaites résistent à l'action du même réactif.
Dans la structure du tissu cornéen, les histologistes distinguent les cellules et la substance fondamentale. Les cellules sont de deux ordres. Les unes, dites migratrices (corpuscules mobiles de la cornée de Recklinghausen) (1), sont caractérisées dans le tissu vivant par les mouvements amiboïdes dont elles sont animées.
(1) Ueher EUerund Bindegewebskôrperchen. Virchow's Arch., t. XXVIII, p-