HISTOLOGIE DE LA CORNÉE
Les vaisseaux manquent complètement au centre de la cornée ; ce n'est que sur les bords, dans une étendue de 1 millimètre à 1 millimètre et demi, qu'on rencontre des capillaires se continuant avec les artôrioles et les veinules du limbe conjonctival.
Les petits troncs nerveux, au nombre de vingt-quatre à trentesix environ, pénètrent dans le tissu cornéen (Kôlliker) en des points à peu près également distants les uns des autres ; ils se subdivisent bientôt, et les fibres nerveuses perdent presque aussitôt leur myéline. Ainsi réduites au cylindre-axe, qui paraît lui-même se subdiviser, elles s'anastomosent entre elles pour former un réseau qui occupe les deux tiers de l'épaisseur de la cornée et dont les mailles sont d'autant plus petites que l'on se rapproche davantage des couches superficielles. Le réseau sous-épithélial, qui est celui dont les mailles sont les plus serrées, fournit de petits rameaux nerveux qui s'élèvent perpendiculairement à la surface de la cornée à travers les couches épithéliales ; arrivés au niveau des plus superficielles, là oîi l'épithélium est aplati^ ils s'anastomosent une dernière fois entre eux pour former un réseau extrêmement superficiel.
Cette accumulation des éléments nerveux à la surface de la cornée rend assez bien compte des troubles fonctionnels considérables, tels que photophobie intense, spasmes convulsifs del'orbiculaire, douleurs souvent fort vives, qui accompagnent les affections cornéennes siégeant dans ces couches superficielles, ou n'intéressant presque que l'épithélium, comme les kératites phlycténulaires, vésiculaires, etc. Les couches les plus profondes du tissu cornéen sont au contraire presque dépourvues d'éléments nerveux; aussi voit-on habituellement les ulcérations superficielles, très-douloureuses au début, devenir indolentes à mesure qu'elles augmentent de profondeur et qu'elles envahissent ces couches dépourvues de sensibilité.