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HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE

Dans les inflammations de la cornée, la substance fondamentale et les cellules subissent des altérations passagères ou définitives.

Les premières consistent dans une simple dissociation des faisceaux et des fibrilles ; leur juxtaposition n'étant plus aussi intime, il se forme des espaces interfasciculaires qui n'existent pas à l'état normal, et dans lesquels s'infiltrent des liquides ou des cellules lymphatiques. Au gonflement des fibrilles succèdent des modifications

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dans leur pouvoir réfringent, plus tard laperto delcurtransparencf. Toutes CCS lésions altèrent la diaphanéitô do la membrane, mais elles sont encore susceptibles de rétrocéder et de disparaître sans laisser de traces.

Dans les processus ulcéreux destructifs au contraire, dans lii kératite suppurative, la substance fibrillaire elle-même subit une série de métamorphoses régressives, dont le dernier terme est sa destruction complète ; il est de règle d'observer en même temps dans les points envahis la disparition des corpuscules fixes.

Dans les circonstances les plus favorables, le tissu nouveau, comblant la perte de substance, se rapproche jusqu'à un certain point du tissu normal, mais sans jamais pourtant être absolument semblable, surtout au point de vue de la transparence. \

Ces différences essentielles existant entre les lésions passagères, j réparables et celles qui entraînent une désorganisation, profonde ' définitive et incurable, ont une haute importance au point de vue du pronostic.

Les modifications apportées par l'inflammation aux lamelles élastiques de la cornée et à leur revêtement épithélial sont de plusieurs sortes.

Nous avons déjà dit que les recherches les plus récentes ont démontré l'absence complète d'une membrane vitreuse antérieure ; la lame élastique de Bovvman n'existe pas en tant que membrane distincte. Ainsi s'explique aisément la fréquence des altérations de la couche superficielle sous-épithéliale de la cornée, tantôt atteinte d'emblée, tantôt participant aux processus occupant les couches profondes. C'est souvent par elle que débutent les ulcérations, caractérisées par la destruction des corpuscules fixes et de la substance fondamentale. Dans la kératite interstitielle superficielle, ! les fibrilles de cette première zone sont gonflées, dissociées, et dans : leurs intervalles les cellules lymphatiques sont infiltrées en abon- | dance; enfin, il est très-fréquent de voir des vaisseaux s'y développer en grand nombre. Ces faits pathologiques n'auraient pas j de raison d'être s'il s'agissait réellement d'une lame vitreuse, sous- j jacente à l'épithélium, car ces membranes offrent une résistance | remarquable à toutes les causes de destruction, aussi bien aux lé- | sions pathologiques qu'aux agents chimiques. |

La membrane de Descemet, qui présente réellement la structure j d'une membrane vitreuse, et en possède aussi les propriétés, | oppose une résistance beaucoup plus grande aux divers pro- • cessus.

Ainsi, dans les staphylômcs, alors même que le tissu cornéen est

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[détruit dans toute son épaisseur, la membrane de Descemet fait partie intégrante du nouveau tissu cicatriciel, sans avoir subi d'altération appréciable. On la voit quelquefois s'engager dans les perforations de la cornée, tapisser les bords de la plaie faire obstacle à la réunion immédiate et donner ainsi naissance à une fistule cornéenne.

, Les changements que l'inflammation fait subir aux couches épiihélialcs, antérieures et postérieures, ont aussi leur importance. Dans toutes les variétés de kératite, y compris même celles qui débutent par les couches profondes et restent longtemps limitées en pes points, des modifications constantes se montrent dans la poucheépithéhale antérieure. La prolifération inégale par places de ses cellules, leur accroissement, l'augmentation de leur volume, la dégénérescence graisseuse d'un certain nombre, produisent des rugosités à la surface de la cornée, et lui donnent un aspect flépoli.

Dans les ulcérations, la couche épithéliale, la première atteinte, îst complètement détruite au niveau des points envahis. Dans les itaphylômes, au contraire, les cellules superficielles dépourvues ie noyaux s'aplatissent, se dessèchent, s'accumulent, formant une îouche épaisse, presque cornée.

Ala suite de cautérisations intempestives longtemps répétées, des substances métalliques s'imprègnent dans ces couches épithéliales, et occasionnent des taches indélébiles. I La régénération de l'épithélium à la surface de la cornée s'accomplit très-rapidement ; vingt-quatre heures suffisent pour la 'éparation des cellules détruites par les lésions traumatiques superficielles. D'après Iwanofe, cette régénération de la couche îpithéliale aurait lieu aux dépens des cellules des couches superîcielles de la cornée, qui entreraient en prolifération et se segmenteraient.

Dans la kératite phlycténulaire, la couche épithéliale (hvanoff) îst soulevée par des amas de cellules interposées entre elle et le iissu cornéen ; ce groupement de cellules a lieu le long du trajet des îlets nerveux, à leur point de pénétration dans la couche épi- -héliale.

Quelquefois des sérosités s'accumulent au-dessous de l'épithélum et il se forme de véritables vésicules ou même des bulles.

L'épithélium qui revêt la face profonde de la membrane de Desîemet est fréquemment aussi le siège d'altérations morbides. De miits amas blanchâtres, disséminés, formant un pointillé plus ou noms ténu, se déposent à la surface: l'adhérence de ces particules

solides avec la couche épithéliale est très-faible, car une simple pa- I racentèse suffit pour les évacuer au dehors, entraînés qu'elles sont par l'humeur aqueuse. Examinés au microscope ces points semblent formés par des amas de cellules épithéliales, ayant subi des métamorphoses régressives. Considérés autrefois comme le résultat d'une variété particuHère de kératite [kératite ponctuée), une observation) plus attentive a prouvé depuis qu'ils appartiennent à l'iritis séreuse, à l'irido-cyclite, à Tirido-choroïdite : en pareil cas, le tissu propre de la cornée reste longtemps intact.

A l'état normal, le réseau des capillaires n'empiète que d'environ i à 2 millimètres sur les bords de la cornée, le centre en est complètement dépourvu ; mais dans certains états pathologiques la ; cornée se vascularise aussi bien à la surface que dans la profondeur, soit dans un espace restreint, soit dans toute son étendue. Iwanoff a; démontré que la formation des vaisseaux à la surface de la cornée ' est toujours précédée d'une accumulation considérable de cellules entre la couche épithéliale et le tissu propre. L'apparition s de ces cellules doit être considérée comme le premier stade de lai formation des vaisseaux. Dans le deuxième, les vaisseaux existent, mais leurs parois sont tellement minces que le sang semble cumuler' librement entre les amas de cellules; plus tard leurs tuniquesdeviennent plus marquées et plus épaisses. En même temps sur-vient une hypertrophie considérable de la couche épithéliale soulevée, enfin le dernier stade du processus aboutit à la formation) de tissu cellulaire péri- vas culaire.

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