‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 48 sur 93 · AMBLYOPIE SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

AMBLYOPIE SYMPATHIQUE

Il est enfin des cas, et ce sont les plus difficiles à reconnaître lans la pratique, oii les accidents sympathiques ne se révèlent ue par des troubles fonctionnels sans lésions apparentes et sans ignés appréciables à l'ophthalmoscope. La pairsie de l'accommoïation, le rétrécissement du champ visuel, la photophobie, le bléphaospas?ne (Donders) avaient été déjà signalés comme des symptômes ►récurseurs de l'ophthalmie sympathique. Plus récemment, on a bservé des malades chez lesquels la vision centrale ayant diminué apidement sans cause appréciable après la perte d'un œil fut resituée par l'énucléation de cet œil; il n'y a donc plus lieu de lettre en doute aujourd'hui Yamblyopie sympathique. L'obseration suivante, due à Gohn, est des plus instructives à cet égard ; Ue prouve d'abord qu'une lésion des membranes profondes peut irovoquer l'apparition d'une ophthalmie sympathique et, de plus, ue la diminution de l'acuité visuelle peut en être la seule ma- 'jiifestation.

Un soldat fut frappé par une balle dans l'angle externe de l'orbite. • projectile fut extrait une demi-heure après la blessure, un fragment de

paroi orbitaire y resta implanté. Le malade resta complètement aveugle lu cet œil-là. Quand il vint pour la première fois quatre semaines après, on l'apercevait qu'une grande tache blanchâtre entourée de pigment, huit ou i\ fois plus grande que la papille ; il était difficile de savoir si cette -ion intéressait la rétine ou la choroïde; pourtant, en examinant avec

lucoup d'attention, j'arrivai à la conviction qu'il s'agissait là d'un énorme xsudat. On ne pouvait plus reconnaître la papille, ni les vaisseaux,

-,qués par cette large tache blanche; celle-ci s'étendait en dehors, vers endroit correspondant au siège de la contusion du bulbe. A cette époque, (lîil sain avait une acuité de cinq septièmes, le malade lisait le nui^ ro 7deJaeger de 4 à 24 pieds de distance, et ne pouvait déchiffrer

: le numéro 3. .Te m'expliquais difficilement ce trouble fonctionnel, 1 lyant jamais eu connaissance jusqu'alors qu'une lésion comme celle

l'œil perdu eût entraîné une ophthalmie sympathique. J'insiste expres- I nient sur ce point, il n'y avait aucune trace ni dHrilis, ni de cyclile, par Miiséquent aucune des causes habituelles qui peuvent produire l'ophthaliiio sympathique, mais seulement amaurose absolue, sans perception lu- (lineuse, même avec la fiamme de magnésium : pourtant Tacuité visuelle vnit baissé dans l'autre œil. Je tins le malade en observation. Toutes les

■ lications furent impuissantes, l'acuité baissait toujours. Au bout de cinq Abadie. Mal. des yeux. 21

mois, elle était descendue à quatre septièmes, le punctum proximum avait reculé de 4 ù 12 pouces, le malade ne pouvait fixer plus de quatre à cinq minutes, il éprouvait des phosplièiies et voyait coutinuellement des flammes passer au-devant de ses yeux.

Je me décidai à pratiquer l'énucléation de l'œil perdu. Quatre semaines après cette opération, l'acuité visuelle remontait à 1, le numéro 1/2 de Snellen était lu couramment, la restitution de la vision était complote.

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