‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 62 sur 93 · CRISTALLIN · texte numérisé non relu

CRISTALLIN

Le tissu propre du cristallin, débarrassé de la capsule et de la couche épithéliale, paraît exclusivement composé de deux espèces de fibres : les unes, superficielles, sont les fibres à noyaux ;\q9> autres, qui constituent presque toute la masse, sont les fibres dentelée!^.

Les premières forment, tant à la face antérieure qu'à la face postérieure du cristallin, une couche périphérique de 0,3 environ. Ces fibres affectent la forme d'un prisme aplati à six côtés dont la longueur est indéterminée. Elles sont juxtaposées par leur face la plus large, qui est parallèle à la surface de la lentille, et l'angle saillant de chacun de leurs bords pénètre dans l'angle rentrant formé par deux autres fibres voisines. Leur largeur est de 0,007 à 0,009, leur épaisseur moitié moindre. Leurs faces et leurs bords sont lisses, sans sailUes ni dentelures. Elles sont pâles, transparentes, et renferment un noyau ; en se rapprochant des régions équatoriales du cristallin, ces fibres changent de longueur et de direction : elles deviennent de plus en plus courtes et décrivent des courbes à concavité antérieure; en ces points on constate d'une façon manifeste, comme nous l'avons déjà dit, qu'elles dérivent, par une série de transformations successives, des cellules épithéliales de la cristalloïde ; le noyau qu'elles renferment n'est autre chose que le noyau de la cellule qui leur a donné naissance.

Au niveau de l'équateur, 0. Becker a signalé l'existence de cellules particulières auxquelles cet auteur attribue un rôle prépondérant dans la génération des fibres cristalliniennes et qu'il désigne sous le nom de cellules formatrices. Mais pour quelques auteurs ces cellules ne présenteraient aucun caractère spécial et ne seraient que le premier degré de transformation des cellules épithéliales de la cristalloïde.

Les fibres dentelées forment la plus grande partie du cristaUin; elles sont un peu moins larges que les précédentes et ne renferment pas de noyaux; mais ce qu'elles présentent de plus remarquable, ce sont de fines dentelwes régulières sur les bords. Ces dentelures leur permettent de s'engrener réciproquement, de telle sorte que, peu adhérentes par leurs surfaces, elles le sont beaucoup plus paileurs bords; c'est ce qui exphque pourquoi, sous l'influence de certains agents chimiques, le cristaUin se décompose facilement en lamelles sans que les fibres elles-mêmes se dissocient.

Les fibres du cristallin ont assez de longueur pour parcourir

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