CATARACTE NOIRE PIGMENTAIRE
La cataracte noire^ ainsi nommée par quelques auteurs à cause de sa coloration foncée, se détache moins nettement que les autres variétés sur le champ pupillaire. Cette particularité aurait même empêché quelquefois d'en reconnaître l'existence; mais une pareille erreur, possible tout au plus si l'on se contentait d'un examen superficiel, sera toujours évitée quand on se servira de l'éclairage oblique et de l'examen ophthalmoscopique.
Dans cette forme la dégénérescence scléreuse envahit non-seulement la partie centrale du cristallin, mais encore les couches corticales adjacentes, de sorte que le noyau devient très-volumineux et peut même arriver à comprendre la totalité de la lentille. Les couches successivement atteintes par ce processus perdent graduellement leur transparence, elles prennent en même temps une teinte d'un rouge brun foncé tout à fait caractéristique.
De Grœfe ayant rencontré deux fois cette variété de cataracte sur des yeux qui avaient subi des traumatismes, expliqua la coloration spéciale du cristallin dans ces cas par la présence de la matière colorante du sang extravasé qui aurait pénétré dans son épaisseur à travers la cristalloïde. Getté hypothèse est difficilement admissible ; dans tous les cas, elle n'apas encore été confirmée par l'auatomio pathologique.
La condition essentielle du développement de la cataracte raollo étant V absence de noyau cristallinien , il n'est pas étonnant que cette affection n'apparaisse que chez les jeunes sujets.
Les opacités débutent tantôt par les parties périphériques, tantôt par le centre de la lentille ; quelquefois elles se montrent d'une façon diffuse dans toute son étendue. A cette époque elles ont assez souvent la forme de larges stries triangulaires, demitransparentes, à sommet dirigé vers la pupille ; leur coloration est d'un blanc bleuâtre légèrement chatoyant. En général, plus cette teinte est claire et plus est faible la consistance de la cataracte, plus son développement sera rapide.
Le cristallin est presque toujours augmenté de volume ; il refoule l'iris en avant diminuant ainsi la profondeur de la chambre antérieure.
La marche de la cataracte molle est le plus souvent très-rapide. Cette affection est fréquemment limitée à un seul œil.
En dehors des grandes causes prédisposantes que nous avons signalées déjààpropos de l'étiologie générale de la cataracte, la variété qui nous occupe présente des causes déterminantes particulières sur lesquelles il importe d'insister. Fréquemment elle est consécutive à dés lésions diverses du fond de l'œil et en particulier au décollement de la rétine. En pareil cas son développement trèsrapide, sa locahsation d'un seul côté, enfin l'absence totale de perception lumineuse ou tout au moins l'existence d'une lacune manifeste à la partie supérieure du champ visuel révèlent la présence d'une altération profonde qui a précédé celle du cristallin.
La cataracte molle, ainsi qu'on le verra à propos du traitement général de la cataracte, réclame une méthode opératoire spéciale. Au lieu défaire l'extraction du cristallin à travers une large plaie cornéenne, il suffit de dilacérer avec l'aiguille la cristalloïde antérieure et d'abandonner à une résorption spontanée les masses opaques qui se répandent alors dans l'humeur aqueuse. Cette variété de cataracte comprend elle-même plusieurs espèces :
1° La cataracte diabétique, liée à la présence du sucre dans les urines ;
2° Los cataractes liquides, siliqueuses, burséolées qui en dérivent par une série de métamorphoses régressives ; ^ 3" Les cataractes d'origine choroidienne consécutives à des lésions des membranes profondes.