‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 69 sur 93 · POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

POSTÉRIEURE

La cataracte polaire antérieure est caractérisée par la présence d'une opacité grisâtre ou blanchâtre qui occupe le pôle antérieur du cristallin. Tantôt cette partie opaque est située sur le même plan que la pupille, tantôt elle fait saillie et proémine dans la chambre antérieure ; elle reçoit alors le nom de cataracte pyramidale.

On a pu examiner un certain nombre d'yeux ainsi conformés ot la question de savoir comment se comporte la capsule relativement à cette petite masse proéminente a été définitivement résolue. Il est démontré aujourd'hui, grâce au microscope, que, quelle que soit l'étendue de la saillie, elle est recouverte par la cristalloïdc antérieure et que dans toute cette région Vépit hélium soii>!jacent à la capsule manque complètement.

L'opacité paraît constituée par un amas de cellules fusiformes plus ou moins altérées, en régression graisseuse ou calcaire, tissu nouveau résultant sans aucun doute de la transformation des cellules normales-; quant au sommet de la saillie pyramidale, on le

le trouve quelquefois rempli par un liquide coagulé, tandis que la base est comme enchatonnée dans le tissu cristallinien.

Le développement de la cataracte pyramidale est presque toujours consécutif à une ulcération de la cornée suivie de perforation. Au moment où celle-ci s'établit, l'humeur aqueuse s'écoulanl au dehors, le cristallin se met en rapport avec la face postérieure de la cornée; au point de contact avec les parties enflammées, l'épithélium de la cristalloïde subit des altérations qui sont plus tard le point de départ des opacités. Quelquefois des exsudats se déposent en même temps à la surface de la capsule^ et quand le cristallin reprend sa place, on aperçoit un petit filament blanchâtre reliant encore le sommet de la pyramide à la cicatrice de l'ancienne plaie cornéenne.

On a avancé, pour renverser cette théorie, que la cataracte pyramidale se rencontre parfois avec une cornée parfaitement transparente, mais c'est là une objection sans valeur ; car on peut répondre d'abord qu'une ulcération de la cornée ayant abouti à la perforation se cicatrise parfois sans laisser de trace, qu'en second lieu chez les enfants, dont la chambre antérieure est déjà très-étroite, on voit dans certains états inflammatoires de l'œil accompagnés de ramollissement du tissu cornéen l'humeur aqueuse disparaître et le cristallin se mettre en rapport avec la cornée enflammée, sans qu'il y ait de perforation.

Cataracte polaire postéineure. - On doit rapprocher de la variété que nous venons de décrire, la cataracte polaire postérieure, caractérisée par la présence d'une opacité circonscrite occupant le centre de la cristalloïde postérieure. V

La forme circulaire de l'opacité, le reflet blanchâtre très-écla- |[ tant qu'elle présente à l'œil nu et à l'éclairage obhque, sa situation à la surface de la cristalloïde sont autant de caractères qui permettent de la distinguer des cataractes corticales développées dans les couches postérieures du cristallin. Celles-ci, qui sont presque toujours consécutives à des lésions de la choroïde et de la rétine, ont un aspect terne grisâtre, une forme étoilée; enfin, à l'inverse des autres, elles progressent, au heu de rester stationnaires.

La cataracte polaire postérieure a son siège au niveau de l'msertion de l'artère capsulaire, qui pendant la vie intra-utérine se rend à travers le corps vitré du nerf optique au centre de la cristalloïde ; elle ne serait autre chose que les vestiges des adhérences unissant cette artère à la cristalloïde. Un certain nombre de faits dans lesquels on a trouvé en même temps des

CATARACTES TRAUMATIQUES. Ail

débris de l'artère capsulaire flottant dans le corps vitré, quelquefois même le traversant complètement, paraissent confirmer cette hypothèse.

Catai^acte fusi forme axile. — On a signalé quelques rares exemples de cataracte congénitale ayant une forme fusiforme, occupant l'axe du cristallin et se rendant d'un pôle à l'autre. Cette variété paraît avoir des liens de parenté étroits avec les précédentes et n'en être qu'un degré plus avancé.

Les cataractes polaires congénitales, quand elles ont peu d'étendue, n'entraînent pas de trouble considérable de la vision, et nous n'avons qu'à répéter ici ce qui a été dit à propos de la cataracte zonulaire. Si la surface opaque n'occupe qu'une faible partie du champ pupillaire et si les petits malades ont une vision suffisante, toute intervention chirurgicale est inopportune ; si, au contraire, le diamètre de la cataracte dépasse celui de la pupille, il faut alors pratiquer une pupille artificielle en bas et en dedans ou une iridotomie. Le plus souvent ces opacités restent stationnaires pendant toute la durée de l'existence.

Page 1