TRAITEMENT DU GLAUCOME
Avant la belle découverte de de Grsefe, le glaucome était considéré comme une afïection incurable. C'est en 1836 que ce chirurgien éminent, ayant observé que l'iridectomie affaiblit la tension intra-oculaire, eut l'idée d'appUquer cette opération au glaucome. Les succès furent éclatants, et l'on sait depuis quels immenses services cette découverte rend chaque jour à l'huma-, nité.
Devant l'efficacité d'un tel moyen, on comprend que tous ceux qui avaient été employés jusque-là aient été relégués au second plan. Nous insisterons peu sur les instillations d'atropine, les déplétions sanguines, les dérivatifs sur le tube intestinal, dont l'utilité est très-contestable ; à côté de l'iridectomie, nous ne jugeons dignes d'être conservées que la paracentèse de la chambre antérieure et la ponction du corps vitré. Ces deux procédés ont l'avantage detre à la portée de tous les praticiens, et il est incontestable que dans une attaque de glaucome aigu, ou dans une poussée de
glaucome chronique, ils peuvent provoquer une détente momentanée de la tension intra-oculaire. Mais la diminution de tension obtenue ainsi, au lieu d'être permanente, n'est que passagère, et l'on se voit toujours forcé d'en venir à l'iridectomie.
Quant au traitement médical dirigé contre le glaucome, aucune observation concluante de guérison n'a été encore publiée'; il n'est pas douteux toutefois que, si l'on avait affaire à un malade goutteux ou arthritique, il serait opportun de combattre d'abord cette diathèse par un traitement approprié.
Le résultat de l'iridectomie dépend de la forme du glaucome et de sa durée. Les plus brillants succès sont ceux qu'on obtient dans le glaucome aigu, quand l'opération est pratiquée à une époque aussi impprochée que possible du début de la maladie. En pareil cas, non-seulement l'excision de l'iris restitue la vision, mais elle prévient les retours offensifs et la guérison est le plus souvent définitive. Dans cette forme de glaucome, l'intervention doit être prompte, quelques jours suffisant pour anéantir complètement la vision ; bien des malades se décident trop tard, et perdent la vue par leur indifférence à se faire soigner.
Dans le glaucome chronique inflammatoire, l'iridectomie donne de bons résultats, lorsqu'il reste encore un peu de vision; mais, quand toute perception lumineuse quantitative a disparu depuis un certain temps, un mois environ, la cécité est irrémédiable.
Dans le glaucome chronique simple, l'iridectomie arrête la marche progressive du processus, elle empêche la vision de diminuer, mais sans restituer ce qui a été perdu. Il importe de bien se pénétrer de ce fait et d'en prévenir le malade.
Le plus souvent, en effet, ceux-ci, bien qu'ayant un glaucome confirmé, avec rétrécissement marqué du champ visuel, repoussent les conseils du chirurgien tant qu'ils possèdent une bonne vision centrale. Il faut qu'ils soient bien avertis que s'ils attendent pour se faire opérer d'être dans l'impossibilité de lire et de travailler, ils resteront désormais dans cet état.
Dans le glaucome hémorrhagique, il n'est plus permis de compter d'une façon certaine sur l'iridectomie, qui tantôt semble modifier d'une façon favorable la marche de la maladie, tantôt reste sans effet et ne peut empêcher une terminaison funeste.
Enfin dans certains cas l'iridectomie est impuissante à enrayer la marche progressive du glaucome, qui mérite alors à juste titre le nom de malin. C'est dans les glaucomes chroniques simples, et aussi, mais plus rarement, dans les glaucomes chroniques