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Bonnet, Traité des sections musculaires et tendineuses

d'ouvrir l'orbite, et se mettre à l'abri du contact de l'air ambiant qu'ils envisageaient comme la cause de la suppuration des plaies, ils eurent recours, non plus à la myotomie, mais à la ténotomie sous-conjonctivale, se conformant aux règles de la méthode sous-cutanée dont Jules Guérin fut le promoteur.

De Grsefe et ses élèves ont fixé depuis les règles opératoires de la ténotomie oculaire telle qu'on l'exécute encore aujourd'hui.

A côté de la strabotomie qui consiste dans le recul des attaches sclérales du muscle dévialeur, J. Guérin avait proposé l'avancement du tendon, pour restreindre la déviation secondaire succédant à la myotomie. Ce procédé a été rarement employé, bien que de Grsefe1, Liebreich2, Knapp3 et surtout Critchett4 eussent cherché à le vulgariser. Dans ces derniers temps, il a été repris par nous el d'autres, non sans des modifications.

Ténotomie ou recul du tendon. — A part quelques variantes sur lesquelles nous croyons inutile d'insister, le procédé de la ténotomie se résume dans la mise à nu du tendon et sa section au ras de la sclérotique.

L'opération est assez douloureuse pour qu'on doive recourir à l'anesthésie locale par la cocaïne, et, chez les enfants et les individus pusillanimes, au chloroforme, que nous préférons en général. Le temps de la plus vive douleur est celui de la recherche et de la section des parties profondes, tendon et ailerons capsulaires.

Les culs-de-sac conjonctivaux doivent être antiseptisés au préalable avec une solution de biiodure ou de sublimé.

Le blépharostat mis en place, on saisit avec des pinces à griffe, au niveau du tendon à couper, un pli vertical de la conjonctive, que l'on divise avec les ciseaux, de façon à y pratiquer une boutonnière horizontale de 4 à 5 millimètres de long. Introduisant par cette ouverture des ciseaux légèrement courbes à pointe fine, bien que mousse, on détache tout autour le tissu sous-conjonctival jusqu'à ce que l'on aperçoive la face superficielle du tendon, recouvert de sa gaine ténonienne. Ce dernier étant attiré au moyen de la pince, on pratique avec les ciseaux parallèlement à son bord le plus rapproché de l'opérateur, une boutonnière par où on le charge avec le crochet mousse à strabisme. On fait alors saillir l'extrémité de l'instrument sur le bord opposé du tendon, et, après un coup de ciseau donné à cet endroit, on l'accroche complètement.

La section doit être faite à petits coups, aussi près que possible de la

•1. De Grjsfe, Arch. /'. Opht., III, 1, p. 542.

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