Sciinelleii, Arch. f. Opht., XXVIII, 5, p
laires du globe et la régularisation de l'influx nerveux qui les anime peuvent être considérés comme définitivement établis. C'est dire que nous ne partageons pas l'avis de ceux qui opèrent couramment en bas âge en vue de rétablir l'équilibre de bonne heure. En agissant ainsi, on risque d'échouer, ou, ce qui est pis, de voir se transformer plus tard le strabisme convergent en divergent, de beaucoup plus disgracieux. Ce temps d'expectation est employé à la correction du strabisme par l'ensemble des moyens non sanglants précédemment exposés. A l'aide des verres, on restituera à l'œil dévié une acuité visuelle suffisante lui permettant de collaborer avec son congénère. Même au point de vue du succès opératoire, cette correction préalable devient nécessaire.
Il va sans dire que, si, par l'élude attentive du champ de regard, on arrive à reconnaître la rétraction de certains muscles et l'affaiblissement de leurs antagonistes, ce qui est le cas dans le strabisme fixe après quinze ans, l'opération s'impose d'emblée, sauf à recourir plus tard aux autres moyens orthomorphiques. Même en se conformant à ces règles, on n'arrive pas toujours à rétablir la vision binoculaire. Celase conçoit, étant donné que le défaut d'harmonie de la convergence a son siège dans les centres. Pour y parvenir, on devra, surtout chez les adolescents à accroissement corporel rapide, ne pas négliger le relèvement des forces par la gymnastique, l'hydrothérapie, la vie au grand air et un régime réparateur. De même, chez les anémiques et les névrosés, on joindra des moyens thérapeutiques spéciaux, et on évitera pardessus tout la fatigue et le surmenage des yeux.
Le redressement chirurgical du strabisme est de date relativement récente. Taylor, il est vrai, eut l'idée de sectionner le muscle supposé rétracté, mais elle ne fut mise en pratique que par Stromeyer, Pauli et surtout Dieffenbach qui, en 1859, l'érigea en méthode. L'opération de cet auteur consistait à diviser le corps charnu' du muscle en arrière de la capsule de Tenon, ce qui ne manquait pas de provoquer des accidents phlegmoneux graves du côté de l'orbite, à une époque où l'antisepsie était inconnue. De plus, on s'exposait à des surcorrections avec impotence fonctionnelle du muscle coupé et à la transformation fréquente du strabisme convergent en divergent, d'allure paralytique. Aussi cette opération, après avoir joui d'une grande vogue, fut-elle complètement abandonnée.
J. Guérin1, puis Bonnet de Lyon2, pénétrés des défauts de la strabotomie, telle qu'elle était pratiquée de leur temps, s'attachèrent à mieux préciser l'anatomie chirurgicale de la capsule de Tenon. Pour éviter