I. Ewetsky, Arch. f. Oplit., 1884, XXX. p
la formation des follicules ciliaires et des glandes de Meibomius. Il suffit de fendre la mince cloison au bistouri et à la sonde cannelée ou avec des ciseaux droits à bouts obtus, pour que tout rentre dans l'ordre.
SYMBLÉPHARON
Le symblépharon est l'adhérence anormale des paupières au globe. A l'état physiologique, ces parties jouissent d'une indépendance et d'une mobilité parfaites, grâce à la conjonctive qui se replie pour former les culs-de-sac. Que la muqueuse vienne à être détruite par ulcération, brûlure ou autrement, et la face postérieure de la paupière finira par adhérer à l'œil.
Le symblépharon se divise en partiel et en total. Le premier peut se réduire à une seule bride, alors que le second envahit au besoin les deux paupières et même les quatre. Entre les deux types on rencontre tous les degrés.
Les caustiques, l'acide sulfurique en tête, provoquent les symblépharons les plus graves, outre qu'ils s'accompagnent de la destruction du globe.
Le traitement est à la fois préservatif et curatif.
En présence d'une surface bourgeonnante du cul-de-sac, il faut s'opposer à la cicatrisation des deux feuillets conjonctivaux entre eux. Dans ce but, on conseille de rompre les adhérences avec la sonde à mesure qu'elles se forment, ou d'interposer une plaque isolante, particulièrement la coque de verre. Tous ces moyens mécaniques échouent, et il vaut mieux gratter les bourgeons charnus et y appliquer delà muqueuse empruntée à la face interne de la joue, au vagin ou à la conjonctive du chien, du cobaye et du lapin. On la maintient en place par des points de suture, en ajoutant au besoin l'anse de Snellen.
S'agit-il d'une simple bride reliant la paupière inférieure au globe, on la sectionne, ce qui suffit tant que le cul-de-sac reste indemne. Dans les cas contraires on l'excise, et l'on fait une autoplastie par glissement. La boucle en fil de plomb proposée par Himly pour fistuliser à la longue la base du symblépharon ne mérite aucune confiance.
Lorsque la bride est plus large et qu'elle avance jusqu'à la cornée, on la sectionne d'abord en ce point et l'on pratique une incision de chaque cùté pour la libérer dans sa plus grande étendue, sauf au niveau de ses insertions au tarse. Mettant alors à profit le conseil de Mackenzie, Laugier et Arlt, on passe au sommet du lambeau cicatriciel une anse de fil. dont les deux bouts ressortent à la joue un peu au-des-
SYMBLEPHARON.
Fip. 231.
Opération du symblépliaroa (Arlt).
sous du sillon orbilo-palpébral inférieur, où on les noue sur un rouleau de peau oudediachylon. De la sorte, le globe se trouve libéré, le cul-desac rétabli et le lambeau a moins de tendance à remonler. Pour assurer ce résultat, il est bon de suturer les bords de la muqueuse du globe, et si l'affrontement sans tiraillements devient impossible, on ajoute deux incisions parallèles à la circonférence de la cornée (Teale, Knapp) permettant de disséquer de chaque côté deux lambeaux triangulaires conjonctivaux.
Maintes fois nous avons opéré de cette façon et souvent sans réussir. L'insuccès tient à la section de la muqueuse par les fils, malgré toutes les précautions prises, et surtout à la production ultérieure d'une nappe de tissu inodulaire profond qui repousse le pont muqueux et le fait remonter, d'où nouvel effacement du cul-de-sac conjonctival. L'interposition d'une coque de verre ne sert à rien; le malade la supporte mal et l'on est obligé de la remplacer par une autre de plus en plus petite, jusqu'à expulsion définitive par contraction de l'orbiculaire.
Pour empêcher l'ascension du lambeau muqueux, nous avons essayé d'en attirer le sommet au dehors à travers une boutonnière pratiquée horizontalement à la base de la paupière et de le suturer à la peau.. Môme en procédant ainsi, le succès reste incertain.
Dans ces cas, comme lors de symblépharon total, nous avons souvent recours à la greffe avec de la conjonctive de chien ou de lapin, et même avec de la peau humaine prise dans la région épitrochléenne. Avec une antisepsie rigoureuse et des points de suture suffisamment nombreux, la reprise a été la règle. Malheureusement le résultat n'est pas définitif, pour les raisons indiquées plus haut. Le cul-de-sac nouveau tend en effet à se combler, et au bout de cinq à six mois il n'en reste plus assez pour servir de support à la coque prothétique et encore moins pour assurer la mobilité du globe. Disons toutefois que Taylor' a réussi en empruntant de la peau à la paupière supérieure
Fig-. 232. — Opération de Teale.