‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 121 sur 344 · Write, Encycl. intern. de chir., 1883, p · texte numérisé non relu

Write, Encycl. intern. de chir., 1883, p

envisagés comme identiques, ni comme deux types de contagion d'inlensité variable. Ceux qui croient à une conjonctivite purulente destructive, en faisant valoir des observations d'individus exempts d'écoulement uréthral, oublient que la contagion peut s'opérer par voie extragénitale comme pour la syphilis, sans qu'on puisse suivre la filière.

Dans la conjonctivite blennorrbagique par contage, on croirait tout d'abord à du catarrhe, mais au bout de deux à trois jours au plus la scène change. Les paupières énormément tuméfiées, de couleur lie de vin, se ferment, au point qu'il devient difficile de les ouvrir sans le secours des écarteurs, et toujours en provoquant du blépharospasme. Il s'écoule continuellement du pus mêlé de sérosité cilrine; les culsde-sac en sont remplis, et le liquide en se desséchant forme le long de la joue des croûtes jaunâtres.

La conjonctive présente des plis profonds et des sortes de franges qu'il ne faudrait pas confondre avec les vraies granulations. Sa portion bulbaire, fortement chémotique et d'aspect lardacé, constitue un bourrelet qui cache le contour de la cornée. Celle-ci reste transparente, ce qui contribue a inspirer une sécurité fallacieuse; mais bientôt elle s'ulcère sur les bords, outre qu'elle se nécrose et s'exfolie au centre, d'où perforation et perte de l'œil. Seule la membrane de Descemet et son endothélium persistent et peuvent servir dans quelques cas de barrière à l'infection du globe.

Les ulcérations dont il vient d'être question sont transparentes et tranchent peu sur le reste de la cornée; aussi passent-elles souvent inaperçues si l'on néglige l'examen à l'éclairage oblique, on a alors la fâcheuse surprise de constater du jour au lendemain un slaphylome de l'iris.

Pour expliquer l'envahissement et la perte rapide de la cornée, on a invoqué sans preuves l'étranglement de sa base par le bourrelet chémotique.

Une explication plus plausible est celle de la macération de l'épithélium par le pus et la pénétration dans le parenchyme des gonocoques ou des toxines. Le petit nombre de phagocytes immigrés fait que le tissu cornéen tout en gardant sa transparence se nécrose.

Au point de vue des douleurs, il existe des variétés individuelles. Fortes au début, elles cessent brusquement lors de la perforation de l'œil, ce qui contribue à tromper le malade sur son état.

Lorsque le mal suit un cours favorable, la cornée échappe à la destruction, le gonflement des paupières et le chémosis s'amendent, le pus diminue, devient blanc, bien lié, et finalement fait place à une sécrétion de mucus transparent. La conjonctive se dévascularise et tout rentre dans Lordre, sauf une légère hyperhéinie qui subsiste assez longtemps.

En dehors des taies et des slaphylomcs cornéens, il est rare de rencontrer de l'entropion et de l'ectropion persistants. Lorsqu'il en est ainsi, il faut accuser un mauvais traitement ou des complications granuleuses et diphtéritiques.

Une particùlarilé consolante au milieu des désastres, c'est de voir les restes de la cornée recouvrer leur transparence au point qu'une iridectomie optique devient possible. Bien des fois nous avons été témoin de cette terminaison relativement heureuse, surtout chez les enfants en bas âge.

Un des grands dangers de l'affection consiste dans son transport sur le second œil ou sur les personnes qui soignent le malade. Comme la transmission se fait toujours par le contact et non par l'air, il faut avoir les mains exemptes de toute souillure et ne jamais employer de linges et d'objets de pansement ayant servi au malade. Les mêmes recommandations s'appliquent à ce dernier, et pour plus de sûreté on recouvre l'œil infecté et au besoin celui sain avec de larges rondelles d'ouate hydrophyle qu'on badigeonne autour et en surface avec la pâte de Unna formée d'oxyde de zinc 10 grammes, eau et glycérine de chaque 50 grammes, le tout préparé à chaud. Certains préfèrent placer sur l'œil sain un verre de montre fixé autour par du collodion, afin de permettre au malade de se conduire, mais la pâte de Unna, dépourvue de toute action irritante et facile à décoller, est préférable comme adhésif au collodion.

L'emploi du nitrate d'argent contre l'ophtalmie purulente en général et celle blcnnorrhagique en particulier est encore le topique de choix, bien qu'il ne convienne pas à tous les cas. Déjà de Grœfe ' avait insisté sur certaines règles auxquelles il est bon de se conformer.

On commence par enlever de la surface muqueuse la nappe de pus au moyen d'une douche froide ou tiède renfermant du sublimé à ^^, du naphtol p à ^-^ô, ou du permanganate de potasse à ^—^ ou j^. Cela fait, on touche la conjonctive tarsienne et des culs-de-sac, soit avec le crayon mitigé contenant une partie de sel argentique pour 5 ou a de nitrate de potasse fondu, soit avec la solution concentrée à l2 ou 5 pour 100 de nitrate d'argent. Pour prévenir l'action du caustique sur la cornée on instille de suite une solution de sel marin, en ayant soin de laver la surface aussitôt avec de l'eau distillée stérilisée, dans le but d'empêcher que le précipité de chlorure d'argent n'adhère à la conjonctive et surtout aux ulcères cornéens, s'il en existe déjà.

11 est des cas où, par suite du gonflement excessif, on n'arrive pas à dérouler suffisamment les paupières. Comme il importe que l'action

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