Phosokûff, ârch. f. Qpjit., XI. 1, p. li
que l'on facilite en appliquant sur l'œil une éponge ou de l'ouate trempée dans l'eau chaude.
Autant que possible, on évitera d'exciser des lambeaux de conjonctive, de peur de provoquer par la suite de l'cntropion par cicatrice ; c'est dire que nous ne partageons pas l'avis de Vossius', qui prétend s'être bien trouvé de cette méthode.
Une autre précaution consiste à ne procéder aux scarifications et aux mouchetures qu'après la cautérisation au nitrate d'argent. Faites avant, on risque de voir le sel se diffuser dans la profondeur ou être entraîné au dehors par le flot sanguin. La présence d'ulcérations cornéennes necontre-indiquepas nécessairement l'emploi du nitrate, mais commande des précautions, et avant tout le renversement total des paupières.
Sans insister sur le traitement spécial que comportent les ulcères symplomatiques de la cornée, nous indiquerons les moyens pouvant s'opposer à une destruction souvent irréparable du globe.
Rien n'est commun comme les kératocèles transparentes du volume d'une perle, dues à la hernie de la membrane de Descemet. Abandonnées à elles-mêmes, elles gagnent en étendue et aboutissent à la rupture brusque de la cornée et au staphylome dit tête de mouche. Le mieux est de perforer la petite hernie cornéenne au moyen d'une aiguille lancéolée et de laisser filtrer l'humeur aqueuse; la fistule temporaire fait baisser le tonus et procure une cicatrice plate. Un moyen qui nous a mieux réussi est la perforation du sommet de la kératocèle au cautère filiforme ; il a l'avantage de mettre les lèvres de la fistule à l'abri d'une nouvelle infection et de rendre la cicatrice plus ferme. Cette méthode est également très utile dans le traitement des ulcères térébrants, avec ou sans hypopyon, auquel cas les myotiques, salicylate d'ésérine et nitrate de pilocarpine, constituent des adjuvants précieux. La cocaïne en collyre, à cause de son action destructive sur l'épithélium cornéen, doit être au contraire proscrite.
Les larges ulcères avec staphylonles seront saupoudrés d'iodoforme dans la crainte de voir l'infection se propager au vitré et provoquer la panophtalmie. Le bleu d'éthyle, en crayon ou en collyre, doué d'une propriété de diffusion remarquable, convient encore mieux.
En présence d'une hernie irréductible de l'iris, on l'excise; de même on extrait le cristallin s'il apparaît entre les lèvres de la perforation.
L'ensemble du traitement local exposé plus haut, bon dans l'ophtalmie blennorrhagique franchement purulente, cesse de l'être et devient même dangereux lorsque l'affection revêt le type diphtéroïde.