Uhtuoff, Berl. Min. Woch., p
slituent les meilleurs topiques, auxquels nous ajouterons la liqueur de Labarraque à 5 pour 100. Le mercure administré par la bouche, en frictions, ou par voie hypodermique, contribue à la résorption de l'exsudat ilbrineux. Certains auteurs professent que, pour obtenir de bons résultats, il faut aller jusqu'à la salivation mercurielle, ce qui nous parait pour le moins discutable.
Barette se loue de la pilocarpine en injections hypodermiques, à la dose de 1 à 4 centigrammes chez les enfants. Sur six cas graves il compte une perte totale des deux yeux, deux guérisons avec taie centrale de la cornée et trois succès complets.
Comme dans la variété blennorrhagique, nous comptons peu sur l'action des sangsues et encore moins sur celle des scarifications de la conjonctive, qui nous paraissent môme contre-indiquées.
Une fois la purulence établie et le tissu diphtéroïde résorbé ou éliminé, le traitement revient à celui delà conjonctivite suppuralive, sauf qu'ici il faut s'abstenir des caustiques forts, de peur de ramener l'infiltration plastique. Alors aussi on substitue progressivement aux compresses chaudes celles froides, sans aller jusqu'aux applications glacées.
Dans la période de réparation on s'oppose autant que possible à l'entropion et à l'adhérencee des paupières avec le globe, ce qui malheureusement n'est que trop fréquent. Les ulcérations cornéennes et le pannus subsistent longtemps et méritent qu'on s'en occupe.
Nous ne saurions trop nous élever contre la diète sévère imposée dans le cours de la maladie. La plupart des sujets étant affaiblis et sous le coup d'une infection générale, il faut les tonifier et leur administrer de la quinine ou du quinquina sous forme de potion de Todd.
L'isolement des malades dans des lieux bien aérés est nécessaire si l'on veut éviter la contagion. Cela s'impose surtout lorsqu'il s'agit de la forme épidémique avec infection générale.
i. — CONJONCTIVITE DES NOUVEAU NÉS
Chez les nouveau-nés, la conjonctivite revêt presque toujours la forme purulente, plus rarement celle croupale ou diphtéritique. C'est dire qu'elle est de gravité variable, bien qu'il faille l'envisager comme éminemment menaçante pour la vue, si elle est abandonée à elle-même oii mal traitée.
Les premiers symptômes apparaissent vers le troisième ou le quatrième jour après la naissance. Ils consistent en boursouflement des paupières avec rougeur et adhérence de leurs bords. En essayant de les ouvrir, il s'échappe des mucosités légèrement lactescentes, mêlées dans les cas graves d'une sérosité citrinc qui se dessèche et forme des
croûtes. Peu après, la purulence ainsi que la rougeur et le gonflement s'accentuent, et le pus coule abondamment sur la joue, où il produit des excoriations.
En même temps, la conjonctive au niveau du tarse et du fornix devient turgescente et s'ectropionne au moindre effort de renversement. Celle sorte de paraphymosis s'accompagne d'un léger écoulement sanguin dû à la rupture des vaisseaux de la muqueuse enflammée, ou à une sorle de rhagade au niveau de la commissure externe provoquée par le blépharospasme. Pour ouvrir les paupières, on est le plus souvent forcé de se servir des écarteurs ou de recourir à l'anesthésie chloroformique lorsqu'on soupçonne des ulcérations cornéennes prêtes à éclater.
La présence de légères membranes croupales sur la conjonctive ne suffit pas pour envisager l'affection comme de la diphtérie, qui à tout âge se caractérise par la pâleur anémique, L'état lardacé de la muqueuse avec exsudation citrine et des néomembranes épaisses.
Dans les formes purulentes graves, les complications cornéennes ne sont pas moins fréquentes. Cela est surtout vrai chez les nouveaunés chétifs venus avant terme, dont les tissus, particulièrement la cornée, s'ulcèrent et se nécrosent avec la plus grande facilité sous l'action des microbes et des toxines.
Les ulcères cornéens débutent ordinairement par la périphérie, où ils creusent un sillon qui gagne en étendue et en profondeur. Lorsqu'ils font le tour, le reste de cette membrane s'exfolie et il en résulte un staphylorne total et parfois l'expulsion du cristallin au dehors. Avec des ulcères plus limités, mais non moins trérébrants, on assiste à autant de staphylomes partiels et à l'établissement de fistules ayant pour conséquence une cataracte capsulo-lcnliculaire du pôle antérieur.
L'ophtalmie des nouveau-nés, plus que celle blennorrhagique des adultes, permet à la cornée de se reconstituer en partie et nous autorise à espérer une conservation partielle de la vue. C'est pourquoi il faut s'abstenir de toute intervention, tant qu'on juge le travail de cicatrisation non achevé.
Les divers degrés de gravité de cette conjonctivite s'expliquent par la nature des agents phlogogènes et l'influence du terrain. A égalité de virulence, les complications cornéennes sont d'autant plus à craindre que le sujet est scrofuleux ou débilité. Dans les conditions favorables la maladie cède à n'importe quelle médication locale mise en usage, alors que dans les cas graves on est impuissant à sauver l'œil et à prévenir la cécité, au moins d'une façon complète.
Rien au début ne révèle sûrement ces différences, pas même l'examen bactériologique du pus. Le mieux serait de procéder à des
inoculations sur des cornées d'animaux; mais, pour le gonocoque, ces dernières sont restées jusqu'ici entièrement négatives. Sur le singe, où nous les avons tentées, l'insuccès a été la règle, soit qu'on pique les tissus, soit qu'on les excorie ou qu'on lasse une injection sous la conjonctive. Une pareille immunité, relative il est vrai, semble également exister chez l'homme, si l'on en juge par le petit nombre d'ophtalmies de cet ordre comparé au chiffre des uréthrites et vaginites chez la mère.
Diverses conditions interviennent pour aggraver l'ophtalmie des nouveau-nés, telles sont : l'état chétif de l'enfant, le froid humide, ainsi que Arlt et d'autres en ont fait la remarque, et avant tout le défaut de nettoyage antiseptique des yeux, sitùt après l'expulsion.
Deutschmann ' cite deux observations d'ophtalmie compliquée d'arthrite, où il a rencontré le gonocoque dans le pus de la conjonctive et dans le liquide articulaire. 11 en conclut à l'identité avec celle blennorrhagïque de l'adulte, ce qui nous parait par trop absolu, vu la diversité d'allures de la conjonctivite purulente des nouveau-nés. Hocquard et Coppez'2 rapportent deux cas d'auto-inoculation vaccinale sur la conjonctive ayant donné lieu à une ophtalmie croupale ; c'est encore là une rareté.
La contamination résulte du passage de la tête fœtale à travers les organes sexuels de la mère atteinte de leucorrhée abondante ou de blennorrhagie. De là le précepte de toujours administrer avant l'accouchement des injections vaginales d'acide phénique, et mieux encore de sublimé à ^Vr.
Pour l'enfant, avec des boulettes de colon hydrophyle trempé dans de l'eau chaude stérilisée ou dans une solution d'acide borique à 4 pour 100, de naphtol [3 à ^?, de sublimé à , 0'u „ 0 , ou de biiodure de mercure à jïït,-^. on nettoie soigneusement les paupières et la conjonctive. Cela fait, on instille quelques gouttes d'un collyre au nitrate d'argent à 2 pour 100, en ayant soin de neutraliser de suite l'excès au moyen de la solution de chlorure de sodium; une seule application suffit. Cette méthode, dite de Crédé, a fait ses preuves, et grâce à elle la proportion des ophtalmies purulentes, qui dans les maternités était auparavant de 9 pour 100, s'est trouvée réduite à I pour 100.
Depuis 1888 Pinard a employé le jus de citron, qu'il exprime directement dans les yeux de tout nouveau-né sitôt après la naissance. Les résultats sont très encourageants, ainsi qu'en témoigne la statistique de la clinique Baudelocquc en 1891. Sur 1615 accouchements,