Meukeh, Arck. f. Augenh.. XXII, p
services, mais à la condition expresse de soustraire le malade aux influences mauvaises qui ont provoqué l'affection. L'hygiène et l'isolement tiennent à cet égard le premier rang, tant dans l'intérè! du malade que de ceux qui L'entourent.
E. — CONJONCTIVITE GRANULEUSE. — TRACHOME
Nous abordons un sujet qui, par sou importance en pathologie oculaire, a préoccupé les chirurgiens de tous les temps, depuis Ilippocrate jusqu'à nos jours. Ce genre d'ophtalmie est en effet d'une fréquence extrême et d'une guérison difficile. Dans certains pays mal partagés et lors de mauvaises conditions d'habitat et de misère physiologique, l'affection devient endémique et entraine souvent une cécité complète.
La conjonctivite granuleuse, appelée encore trachomateuse, rentre dans la classe des processus suppuratifs. C'est ce qui a surtout frappé les premiers observateurs, Celse entre autres. Ce n'est pas que les saillies anormales dont la surface de la muqueuse est hérissée leur aient échappé, mais ils les envisageaient comme la conséquence plutôt que l'origine de la maladie. C'est ainsi que Celse distinguait deux formes à'aspritudo, les unes primitives subaigûes qui sous l'influence de causes parfois minimes déterminent le tourment continu des malades, les autres consécutives à des phlegmasies préexistantes des paupières. Prenant pour base le mode d'évolution des aspérités conjonctivales, il les subdivisait en sclérophtalmie ou tarsite, en trachome et en sycosis, qui correspond à la période cicatricielle.
Le premier partisan de la nature spécifique est Severus, et il faut arriver jusqu'à l'expédition française en Egypte pour voir son avis définitivement adopté.
Des nombreux travaux parus à cette époque, le mieux conçu est celui du Danois Beng. Pour cet auteur, il y a lieu de distinguer deux formes d'ophtalmie, l'une catarrhale bénigne, l'autre purulente grave: les granulations, auxquelles il réserve exclusivement le nom de trachome, jouent le rôle des plaques de Peyer dans la dothiénentérie. Cette dernière forme est envisagée par lui comme spécifique, alors qu'il considère le reste comme une simple inflammation papillaire.
C'est Vetch qui le premier en Angleterre s'est servi du terme granulations, à la place de ceux de trachome ou trachitis (Sylvaticus) et à'aspritudo usités auparavant. Fallot1 les regarde déjà comme des productions malignes analogues au tubercule; Ilimly-