Fallot. Nouv. recherches, etc., Bruxelles, 1858, p
2. IIijtlï, Die Krank. a. Misbild des Mensch. Auges, Berlin, 1843.
est du même avis, sauf qu'il y voit autant d'agglomérats sarcomateux.
Une conception plus généralement adoptée fut celle de Decondé' : d'après lui, les granulations ne seraient que des follicules hypertrophiés de la conjonctive. Bens, Jacobson et la plupart des auteurs modernes, particulièrement Iwanoff, ont admis cette origine, bien qu'avec des variantes. Pour les uns, il s'agit de glandes pathologiquement développées de toutes pièces, alors que, pour d'autres, on a affaire à l'hyperplasie des follicules normaux.
Les travaux les plus complets sur cette question sont ceux de Sœmisch2, Raehlmann3 et Moauro''. Ces auteurs placent le siège du trachome et de la conjonctivite folliculaire dans le stratum sousmuqueux, formé comme on sait à l'état normal d'une couche de tissu adénoïde, c'est-à-dire de cellules lymphatiques et d'un stroma à mailles fines, tout comme les ganglions.
Nous avons vu à propos de la conjonctivite folliculaire que chaque follicule pathologique se compose d'un agrégat de cellules lymphoïdes, tassées les unes contre les autres et raréfiées à la périphérie, mais sans couche limitante. Pour Raehlmann, Frey, Wolfring et Moauro il y aurait, autour, des espaces lymphatiques communiquant entre eux. Lorsque ces lacunes se distendent, elles constituent des grains perlés envisagés à tort par Helling, Ganzee, Decondé et Wolfring comme le premier stade des granulations. La preuve du contraire nous est fournie par l'apparition de vésicules identiques sur la conjonctive presque saine, aussi bien chez l'homme que chez les animaux. Il se pourrait toutefois, comme le veut Sœmisch, qu'au moins en partie l'altération de l'épithélium ne soit pas étrangère à cette altération. Toujours est-il que les grains perlés en question siègent de préférence au cul-de-sac inférieur, souvent dans le supérieur et aussi, d'après Raehlmann, en plein pannus cornéen. Les sujets scrofuleux y sont plus enclins,- et sur les tarses nous les avons vus revêtir l'aspect blanc jaunâtre de tubercules caséeux interstitiels.
Au début, follicules lymphoïdes et granulations forment des amas pleins qu'il n'est pas possible d'énucléer; à une phase ultérieure, les éléments cellulaires se ramollissent et le contenu peut être exprimé à l'instar des comédons. Une autre métamorphose consiste dans la sclérose du stroma, qui étouffe les cellules de la périphérie vers le centre. Ce travail s'étend du reste au tissu conjonctif du tarse et aux parois des vaisseaux, qu'on trouve en pleine dégénérescence hyaline.
A mesure que le processus granuleux évolue, les follicules arrivent