Dransart. Soc. [r. d'opht., 1802, p
cicatrices. En ayant soin de surveiller les malades et de retrancher les quelques granulations qui ont pu échapper, les récidives sont rares. Cette méthode lui semble applicable aux cas légers comme aux plus graves, et seul un fort degré d'hyperhémie du trachome la contreindique.
Darier1, qui a eu l'occasion de voir opérer Sattler, commence, lors de blépharospasme prononcé, par débrider la commissure externe, ce qui lui permet de mettre plus complètement à découvert les culs-desac. En supposant que la conjonctive bulbaire et la caroncule soient le siège de granulations et la cornée atteinte de pannus, il applique le blépharostat à ressort, tend la conjonctive bulbaire avec la pince, gratte et brosse la surface, ainsi que le pannus, sur lequel il agit avec beaucoup de précautions pour ne pas entamer le tissu sain de la cornée. Si la caroncule est trop infiltrée, au lieu de la scarifier et de la gratter, il l'excise.
Le second temps de l'opération consiste dans le brossage préparatoire. Pour ne pas être gêné par l'écoulement sanguin, il commence par la paupière inférieure. La brosse doit être en crins durs et courts; on l'antiseptise soigneusement en la trempant dans l'alcool absolu, puis dans une solution chaude de sublimé ou de cyanure de mercure à 1 pour 100. A mesure qu'elle s'imprègne de sang, on la nettoie dans la solution mercurique à j^. La surface granuleuse ainsi antiseptisée, on pratique des scarifications en série plus ou moins profondes, suivant les cas. A mesure que le tissu pulpeux est mis à découvert, on l'enlève avec une petite cuiller à bords tranchants.
Le troisième temps est le brossage final. On l'exécute comme au début, en usant toutefois de plus de force, mais sans déchirer les ponts de conjonctive qui séparent les incisions les unes des autres. Une autre précaution est de s'attaquer d'abord au fornix et de ne pas négliger en dernier lieu la partie du bord libre saisie avec la pince ectropionnante.
Une fois les deux paupières scarifiées, grattées et brossées, on procède au nettoyage minutieux, au sublimé faible, de toute la surface de la conjonctive. Les jours suivants, on fait des lavages antiseptiques, et, pour diminuer l'irritation, on pratique quelques attouchements avec le glycerolé de plomb ou toute autre substance cathérétique.
Au début d'une conjonctivite granuleuse, alors que le diagnostic est incertain, Darier n'emploie pas ce traitement. De môme dans le trachome suraigu succulent, il commence par des déplétions sanguines à la tempe, des scarifications conjonctivales répétées et des cautérisations au nitrate d'argent, ou au sulfate de cuivre et au sublimé. Il agit de même dans le trachome chronique compliqué de