Damer, Th. inaug. de Fourrey
poussées inflammatoires. Si ces interventions préliminaires sont insuffisantes, il n'hésite pas à recourir aux scarifications et au brossage. Il ne nie pas les rechutes; mais ce sont là, dit-il, des exceptions qui tiennent à la négligence de l'opérateur ou à un état lymphatique du sujet.
On évitera le symblépharon post-opératoire en lavant les paupières retournées tous les jours ou tous les deux jours avec une solution de sublimé à -^ et en déchirant au besoin à la sonde les adhérences qui tendent à s'établir.
L'entropion est également à craindre, et sur 130 malades opérés, Darier l'a observé 15 fois, au point qu'il a été obligé d'intervenir.
Une complication fréquente dans les jours qui suivent le grattage réside dans une exsudation librineuse, faisant adhérer les paupières au globe par une production diphtéroïde, pouvant s'accompagner d'ulcérations cornéennes, qui du reste guérissent sans laisser de taies persistantes.
Knapp1 s'applaudit de l'expression du tissu trachomateux au moyen d'une pince dont les branches, en forme d'étrier à leur extrémité, portent un rouleau à cannelures. 11 commence par éverser les paupières, puis il pratique des scarifications en série sur la conjonctive avec le bistouri à trois laines de Johnson. Saisissantalorsavec sa pince la conjonctive, il exprime le plus possible le tissu mou des granulations. Si le tarse en est infiltré, ce qui est fréquent, il applique la pince à cheval sur la paupière, l'une des branches du côté de la peau, l'autre sur la conjonctive, et agit comme précédemment. Il termine par un lavage antiseptique avec une solution d'acide borique à 4 pour 100 ou de sublimé à r~^, et les jours suivants il répète les mêmes lavages. Dans un nombre restreint de cas il a dû associer l'emploi du crayon de sulfate de cuivre et celui de nitrate d'argent.
Sur 114 sujets trachomateux opérés de mars en décembre 1891, il a obtenu les résultats suivants :
■ 15 guérisons complètes sur 16 cas de catarrhe folliculaire.
54 succès sur 64 trachomes folliculaires sans complications cornéennes.
Sur 22 trachomes diffus, 17 guérisons, 1 rechute; les quatre autres malades n'ont pas été suivis.
Sur 10 trachomes cicatriciels avec complications cornéennes, 7 succès, 1 récidive avec nouvelle intervention favorable sur un œil et ayant déterminé une infiltration hyaline sur l'autre. Enfin, dans deux cas de conjonctivite folliculaire saisonnière, deux guérisons, l'une rapide, l'autre au bout d'un an.