‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 148 sur 344 · Knapp, Arch. f. Augenheilk., XXV, p · texte numérisé non relu

Knapp, Arch. f. Augenheilk., XXV, p

Le traitement par le jéquirity, qui à un moment donné a eu de nombreux partisans, a perdu à l'heure actuelle beaucoup de sa vogue. On sait que la graine de Vabrus precatorius a servi en macération, en glycérolé et môme en poudre portée directement sur la conjonctive. D'un usage populaire au Brésil, cette substance agit non pas, comme on l'avait supposé, par des microbes spéciaux, mais grâce à un principe chimique bien connu aujourd'hui, lajéquiritine.

Si l'on parcourt les travaux parus sur l'action de cet agent, on arrive à conclure que, sauf dans des cas bien spécifiés, il constitue un médicament infidèle, parfois dangereux et bon seulement contre le pannus sarcomateux dérivant du trachome. Pour s'en convaincre, il suffit de citer l'avis de Sattler1 : « Il m'arrive encore, dit-il, de me servir utilement du jéquirity deux à trois fois l'an; c'estcontrele pannus cornéen qui accompagne les vieux trachomes que je l'emploie. Dans ces cas, on n'a vraiment pas à craindre les complications imputables au jéquirity. Je n'en use jamais dans le pannus scrofuleux, donnant la préférence à l'application de pommade au bioxyde de mercure, à laquelle je joins un traitement général par les eaux thermales chlorurées sodiques. »

II. Pagenstecher2 reconnaît également l'inefficacité du jéquirity sur le trachome, et quant à son action sur le pannus symptomatique, il l'admet, mais en faisant observer que les récidives sont plus fréquentes qu'avec l'emploi du bioxyde d'hydrargyre en pommade, et qu'on s'expose, lors d'ulcérations, à provoquer la perforation de la cornée. Peu actif dans certains cas, il détermine dans d'autres une infiltration diphtéritique avec gonflement effrayant des paupières.

Gunning3 est du même avis, et, se fondant sur une longue expérience, dans une contrée où les granulations sont endémiques, il arrive à conclure que l'on ne peut se fier à cette substance que dans le pannus total de la cornée et de la conjonctive. Appliquée alors que ces membranes sont peu altérées, elle enflamme outre mesure la première et détruit la seconde.

Certains de nos confrères belges, Coppez4 en particulier, ont été plus heureux; mais, de l'avis du plus grand nombre, l'usage du jéquirity ne mérite d'être conservé que pour certains cas bien définis; le pannus crassus non compliqué d'ulcères profonds et marginaux, d'après de Wecker5 et son élève Menaco, en sont fâcheusement influencés. Pour terminer avec les topiques préconisés dans les formes graves

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