‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 151 sur 344 · F. — CONJONCTIVITE ÉLECTRIQUE ET PAR AGENTS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

F. — CONJONCTIVITE ÉLECTRIQUE ET PAR AGENTS CHIMIQUES

La conjonctivite ou ophtalmie électrique a été signalée pour la première t'ois par le physicien Foucault en 1845. Charcot1 en 1858 en observa deux cas chez des chimistes qui se livraient à des expériences de fusion et de vitrification de certaines substances à l'aide d'une pile de Bunsen de 120 éléments. Cet auteur accuse les rayons chimiques d'en être la cause et conseille de se servir de verres d'urane pour s'en garantir. Depuis lors, Sous2 de Bordeaux, Ch. Nodier", Bochard4, BockliF, A. Emrys-JonesG, David Little7, Defontaine8, Terrier9 et d'autres en ont rapporté des exemples.

De ces faits réunis on peuttirer la conclusion que l'ophtalmie tantôt légère, tantôt intense, se borne à l'œil, ou se lie au coup de soleil électrique de la face et des parties découvertes du corps. L'hyperhémie plus ou moins forte de la conjonctive, le larmoiement et le gonflement des paupières sont constants. A cela s'ajoutent la sensation de gravier, des douleurs parfois violentes, de la photophobie, des photopsies, le rétrécissement de la pupille, et l'apparition de mouches volantes.

Tous ces symptômes en apparence effrayants cèdent en général après 48 heures, par l'application de pommade à la cocaïne et de compresses froides.

Comme moyens prophylactiques, on a conseillé aux individus exposés à ces accidents de porter des verres rouges ou jaunes superposés.

Nous ne nous étendrons pas sur les conjonctivites chimiques, vu qu'il en a été longuement question à propos des brûlures des paupières. Seule la conjonctivite crysophanique et les dépôts métalliques qui dépendent d'applications prolongées des collyres d'argent et de fer méritent de nous arrêter.

Sous le nom de conjonctivite crysophanique. Trousseau10 décrit une inflammation survenant parfois chez des psoriasiques qu'on

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