Trousseau, Ann. de derm. et de syph., mai
panas. — IL 10
traite localement par des badigeonnages faits avec le mélange suivant :
Acide crysophanique 10 grammes.
Gutta-percha 10 grammes.
Chloroforme 80 grammes.
L'affection débute 12 à 24 heures après l'application du topique; presque toujours elle est bilatérale et s'accompagne d'un fort gonflement des paupières et de blépharospasme sans réaction notable. Au bout de 8 à 10 jours elle disparait, en général sans entraîner de complications du côté de la cornée.
Contrairement à Stocquard1, qui y voit une irritation produite par contact, Trousseau admet l'absorption du médicament et s'appuie sur ce que l'acide crysophanique porté directement sur l'œil des lapins y provoque une conjonctivite muco-purulente, alors que celle rencontrée chez ses malades est sèche ; on ne peut non plus incriminer les vapeurs de chloroforme. D'un autre côté, les sujets soumis à ce traitement, avertis du danger qu'ils encourent, en ont été exempts toutes les fois qu'ils se sont gardés de toucher à leurs yeux. Il ajoute que l'affection s'est toujours montrée bilatérale, ce qui exclut l'idée d'un transport par les mains, outre que les badigeonnages faits à la face n'y exposent guère plus que ceux du tronc.
Des applications prolongées de nitrate d'argent en collyre finissent par donner à la conjonctive une teinte bistre indélébile, état désignée, sous le nom à'àrgyrose.
A priori, on pourrait penser qu'il s'agit de l'incorporation des mollécules d'oxyde d'argent avec le stratum épithélial de la muqueuse. Grossmann2, par des examens microscopiques, a pu se convaincre que l'argent se fixe définitivement sur les fibres élastiques; ce qui explique la persistance de la coloration.
Reich% chez les individus dont les paupières avaient été longtemps touchées avec le cristal de sulfate de fer, a noté des taches rouges brunes indélébiles de la conjonctive. Par l'examen microscopique et les réactions chimiques, il s'est assuré que des molécules d'oxyde de 1er s'y étaient déposées, ce qui constitue pour lui la sidérose conjonclivale.
\. Stocquaud, Mém. deMéd. et de Chir., 1886, n° 3.
'2. Grossmann, Opht. Rev., juin, 1888.