Valude, Soc. opht. de Beidelberg
10. Borkett, Arch. ofOpht., XIX et XX11I, 1890, et Arch. f. Augcnh.. XXIII, p. 350, 1891.
Gayet1 est des plus nets, à cause de l'engorgement symptomatique des ganglions du voisinage, de la présence des bacilles et du retour offensif du processus après un premier et un second raclage du tissu morbide.
La description magistrale de Haab2, fondée sur 13 observations, dont 6 personnelles, ne laisse rien à désirer. Pour lui, l'affection dépasse les limites de la conjonctive, ainsi que le prouve l'engorgement à peu près constant des ganglions préauriculaires et sous-maxillaires. Les paupières, malgré leur gonflement énorme, restent molles et pâteuses, bien que légèrement rouges ; la muqueuse, fortement injectée et granuleuse, offre des plis saillants autour du foyer tuberculeux qui s'ulcère, devient jaunâtre, comme lardacé, et s'entoure à la périphérie de granulations grises en nombre variable.
Le reste de la conjonctive, bien que ne participant pas à l'infiltration tuberculeuse, s'enflamme, offre une surface irrégulièrement veloutée, et sécrète du pus, ce qui contraste avec l'indolence habituelle de l'affection. Tant que la lésion est limitée aux culs-de-sac, la cornée reste indemne, mais ne tarde pas à se vasculariser sitôt que la conjonctive palpébrale et celle du limbe sont intéressées. Haab insiste sur le manque de proportion entre le tissu granuleux et les éléments du tubercule. Au début et tant qu'on s'abstient de caustiques, nitrate d'argent ou sulfate de cuivre, les granulations sont relativement discrètes et permettent d'apercevoir les follicules tuberculeux, le plus souvent en dégénérescence caséeuse au centre.
Rarement la lésion commence par la conjonctive bulbaire; seuls les deux faits de Sattler et celui de Vagenmann5 font exception. Gérin- Rose4, Gayet5, Parinaud6, Fontan7, Dufour et Verrey ont confirmé la description de Haab, et l'on peut dire que le diagnostic de l'affection est ordinairement facile. Le tubercule ne saurait être confondu qu'avec certaines formes luxuriantes de trachome chronique et le lupus. Pour l'en différencier, on tiendra compte des caractères de l'ulcération, de l'aspect lardacé de la muqueuse et de la présence de noyaux tuberculeux périphériques. De plus, l'engorgement des ganglions préauriculaires, sous-maxillaires et même digastriques contribuera à lever toute incertitude. Dans le doute on incise un lambeau de la conjonctive et l'on procède à l'examen au microscope sans négliger les inoculations sous-conjonctivales chez les animaux.