‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 168 sur 344 · Weller, Die Kranhh. des Menschl. Auges, Berlin · texte numérisé non relu

Weller, Die Kranhh. des Menschl. Auges, Berlin

2. Desmarhes. Traité des maladies des yeux, t. II, p. 235. 5. Fucus, Arch. f. 0., XXXVII, 5, p. 145, 18111.

PINGUECULA. 257

L'altération hyaline, surtout prononcée dans le lissa lamineux sousconjonctival, débute par l'augmentation de volume et rallongement des libres conjonctives enroulées sur elles-mêmes. En même temps, elles subissent par places la dégénérescence vitreuse, et se changent en concrétions enfouies dans une masse hyaline jaunâtre amorphe. Les parois des fins vaisseaux dégénèrent également, d'où le peu de vascularité du produit pathologique.

Les fibres élastiques, aussi bien celles du stroma muqueux que du tissu sous-muqueux et de la sclérotique, s'hypertrophient, se contournent sur elles-mêmes et présentent la même dégénérescence que les fibres conjonctives.

La couche épithéliale, loin de s'hyperplasier comme le voulaient Robin et d'autres, reste normale ou plutôt s'amincit. Contrairement à Gallenga1 et à Wedl-Bock!, Fuchs envisage l'altération cornée et la présence de pigment dans les cellules comme exceptionnelles. De même il pense que l'altération colloïde signalée par Vicentiis3 et la formation d'une poche centrale (Gallenga) sont des dispositions rares.

À titre d'exception, il signale deux cas de pinguécula où les cellules épithéliales contenaient des psorospermes à reflets verdàtres, non colorables par la plupart des réactifs. Pour lui, ces éléments qu'il a retrouvés dans le ptérygion n'auraient aucune signification particulière. Immédiatement sous la couche épithéliale, on trouve le derme conjonctival aminci et homogène, se continuant avec les lames de la cornée et décrivant partout des sinuosités dues à l'accumulation des masses hyalines.

Sgrosso* distingue deux sortes de pinguécula : la première, dont il a observé 14 cas, proviendrait d'une prolifération de l'épithélium ; la seconde, comprenant seulement deux faits, aurait son point de départ à l'épisclère.

Partant des données qui précèdent, la pinguécula, propre aux individus âgés, mérite d'être rangée à côté de l'arc sénile et des productions verruqueuses de la choroïde, tout en invoquant une prédisposition plus grande chez les arthritiques et le rôle incontestable de toute cause d'irritation locale par poussières de l'air, larmoiement persistant et inflammations chroniques de la conjonctive.

Tant que la pinguécula ne provoque pas de gène notable, le mieux est de ne pas intervenir. La simple abrasion aux ciseaux et des points de suture au catgut ou à la soie fine constituent le meilleur traitement.

1. Gallenga, Giorn. delta Zï. Acail. di Med., Torino, 1888, n° 4. a. Wedl-Bock, Lekrbuch d. Augenh., 1890, p. 196. 5. Vicentiis, Eslrato délia Med. Chir., p. 18, Kapoli, 1875. I. Sgkosso, Associoz. Qllal Ilaliana, Pisa. sept. 1890.

PANAS. — II. I 7

PTÉRYGION

Le ptérygion, unguis de Celse, réside dans la transformation de la conjonctive bulbaire en une bande triangulaire d'aspect fibreux, située principalement au niveau du grand angle, et toujours dans les parties de la muqueuse exposées à l'air. Les prétendus ptérygïons supérieurs ou inférieurs résultent de blessures, de brûlures ou d'ulcérations de la conjonctive, et méritent le nom de faux ptérygions ou ptérygoïdes qui leur a été donné.

Macroscopiquement le ptérygion rappelle le tissu de cicatrice étendu de la commissure à la cornée sous la forme d'un éventail à base périphérique et à sommet et'lilé central. Lorsque deux ptérygions coexistent, l'externe ou temporal est moins prononcé que celui nasal.

Des ptérygions géminés, disposés côte à côte, sont exceptionnels el doivent être envisagés comme un large ptérygion, mince au milieu et épais sur les bords. Souvent l'affection se reflète sur les deux yeux d'une façon symétrique.

La partie la plus saillante et la mieux délimitée du ptérygion est le sommet ou tête. De couleur mate-nacrée, celle-ci adhère intimement au limbe et s'insère profondément à la cornée, à l'instar des tendons. Lorsqu'on la dissèque et qu'on l'enlève en totalité, il en résulte un creux assez profond, mais n'atteignant jamais la membrane de Descemct.

À la tête succède une portion rétrécie appelée col, puis vient le corps, qui s'élargit et se continue sans ligne de démarcation bien nette avec la conjonctive du repli semi-lunaire.

L'étendue du ptérygion est généralement en rapport avec la durée de l'altération. Dans celui invétéré, la tête arrive jusqu'au centre de la cornée et gène la vision; le corps gagne en largeur, suivant la direction oblique de la fente palpébrale et plus en haut qu'en bas. Une seule fois nous avons vu la base franchement au-dessous du diamètre horizontal.

Le tissu pathologique finit par déplisser et attirer à lui tout le repli semi-lunaire, auquel cas le globe est comme bridé et ses mouvements d'abduction notablement restreints.

L'épaisseur en est variable; mince et comme foliacée au début, à tel point que l'on aperçoit nettement la sclérotique à travers, le ptérygion s'épaissit par la suite et apparaît charnu. La vascularité anormale ne dépasse pas du reste la simple hyperhémie; l'état variqueux et l'exagération de la sécrétion conjonctivale sont rares.

PTERYGION. 259

Les anciens envisageaient le ptérygion comme un néoplasme justiciable de l'ablation totale. Scarpa' combattit, le premier cette doctrine, ne voyant là que le résultai d'une conjonctivite chronique qu'il appelle variqueuse.

Rogneta2 professe la même opinion, sauf qu'il met le point de départ dans l'épisclère. C'était également l'avis de Midleraoore3 et de Pétréquin*.

Les théories qui prévalurent depuis se rattachent à cette double origine, mais sans preuves anatomo-pathologiques. Seul Manhard3 distingue deux formes d'épiscléritis, l'une aiguë, l'autre chronique, ce qui est contraire aux données de la clinique.

Au point de vue de l'anatomie, seule là tête du ptérygion offre quelque chose de spécial; le reste se réduit à la simple attraction de .la conjonctive qui s'hypertrophie, s'hyperhéinie et se plisse en long sans changer de structure. C'est par l'envahissement du tissu cornéen de la périphérie au centre que la bride conjonctivale s'accentue à mesure.

D'après cette manière de voir, qui est celle de ltorner, Arlt, Sa1misch, Alt et Goldzier, le ptérygion cesserait d'être une maladie de la conjonctive pour rentrer dans le cadre de celles de la-cornée.

Alt6, sur des coupes d'ensemble comprenant le ptérygion et l'oeil, indique nettement les altérations de la cornée, qu'il rattache à un ulcère cornéen marginal, bien qu'il ne l'ait pas retrouvé sur ses préparations. La membrane de Bowmann rompue et enroulée était comme enfouie dans une masse épithéliale en voie de régression, située entre le chorion conjonctival et les couches profondes de la cornée restées saines.

Goldzieher7, ayant eu à examiner un ptérygion pris sur l'œil d'une vieille femme morte d'affection organique du cœur, a constaté un épaississement considérable de l'épithélium au niveau delà tête; audessous, la membrane de Bowmann était détachée et comme brisée; plus profondément, il existait une couche néoformée aux dépens du stroraa cornéen, dont elle se distinguait par 1 'épaisseur de ses fibres, l'abondance des noyaux et sa coloration différente par le carmin. Près des bords, celte masse se perdait dans la conjonctive et l'épisclère épaissis. L'auteur y signale de petites cavités tapissées d'épithélium en voie de dégénérescence muqueuse et des verrucosités dues à

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