‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 171 sur 344 · Sachs, biaug. Dissert, Kônigsberg · texte numérisé non relu

Sachs, biaug. Dissert, Kônigsberg

PTERYGION. 263

sine de la muqueuse, sans déterminer pour cela du ptérygion, Lant que la cornée cl le limbe ne subissent pas les altérations scléreuses indiquées plus haut.

La théorie de l'ulcère cornéen n'est fondée ni sur l'observation clinique ni sur l'examen histologique. Rien n'est plus commun que les conjonctivites phlycténulaires graves riiez les enfants et les ulcères en coup d'ongle chez les vieillards : ni chez les premiers ni ehez les seconds on ne voit survenir des ptérvgions vrais à marche envahissante. Les brûlures, les plaies, les ulcérations, les perforations de la cornée déterminent des ptérygoïdes qui, une fois organisés, restent indéfiniment stationnaires. Ce n'est pas à dire qu'il ne l'aille considérer que la dystrophie de la cornée: de son côté, la conjonctive secondairement attirée et plissée s'hyperhémie, s'hypertrophie et se rétracte. De là cette déduction que dans le traitement il faut tenir compte de la lésion cornéenne et des modifications survenues dans la muqueuse correspondante. Comme les causes d'irritation contribuent à aggraver le mal, des soins prophylactiques sont nécessaires.

Les caustiques, sulfates de zinc, de cuivre, nitrate d'argent, acétate de plomb, doivent être rejetés, à cause de l'irritation qu'ils provoquent. Les lavages antiseptiques conviennent seuls lorsque le ptérygion progresse avec lenteur. Darier', dans un cas de ptérygion charnu qui avait résisté à diverses interventions opératoires, dit avoir obtenu la guérison par le massage avec la lanoline hydrargyrique. Ce résultat mérite d'être consigné, attendu qu'il plaide en faveur du poinl de départ cornéen de l'affection.

De tout temps on a eu recours à divers procédés chirurgicaux. Celse. à l'aide d'un crochet pointu, saisissait le ptérygion, et pour le mobiliser le traversait avec une anse de fil. Tenant celle-ci d'une main, il réséquait le repli muqueux dans sa longueur, en ayant soin de respecter la caroncule, dont l'ablation aurait, d'après lui. l'épiphora pour conséquence.

Aelius et Paul d'Égine étaient également partisans de l'ablation, mais au lieu de se servir comme Celse du fin couteau, ils employaient un crin de cheval qu'ils faisaient agir à la façon d'une scie. Acrel2 fut le premier à circonscrire la tête du ptérygion avec le bistouri et à l'extirper en entier. Richter3 et Scarpa 4 se contentaient de faire l'ablalimi de l'extrémité seule.

D'après Ruet5, l'idée de suturer entre elles les lèvres de la perle de substance conjonctivale revient à Coccius.

1. Darier, Soc. d'opht. de Paris, 7 oct. 1890. ï. Acrel, Chir. Richter, Gôtt., 1771, p. 02. 7>. Richteb, Ibid.. p. 147.

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