Ruet, Lehrbuch d. Augcnheilk., 1854, 11, p
Szokalski1 proposa la ligature du ptérygion à sa base au moyen de trois anses de fil.
Parlant de ce fait que le ptérygion n'est en somme que de la muqueuse peu ou pas altérée, Desmarres père eut l'idée de s'en servir comme d'un lambeau qu'il fixait par des sutures dans le cul-de-sac inférieur préalablement mis à vif.
Knapp'2 modifia ce procédé en divisant longitudinalement le ptérygion, et en greffant chaque moitié en haut et en bas dans une direction parallèle à la circonférence de la cornée.
Toujours dans le même but, Arltet Pagenstecher, après détachement jusqu'à la base et suture de la conjonctive, conseillent de laisser le ptérygion en place et de le refouler simplement du côté du nez. Si plus tard il survient du gonflement déterminant de la gêne, il pratique l'excision par un simple coup de ciseaux.
(ialezowski procède de même, sauf qu'il enroule le ptérygion dans le sens de sa surface cruente et le fixe au moyen d'un point de suture.
Martin de Bordeaux3 pratique l'ablation et cautérise ensuite à plusieurs reprises le point d'implantation cornéen avec un crochet à strabisme rougi à la flamme d'une lampe à alcool.
L'opération que nous avons définitivement adoptée vise avant tout l'arrêt du processus sclérosique de la cornée. D'autre part, étant donnée la difformité réelle qui résulte du plissement et de l'hypertrophie delà conjonctive, nous excisons le corps du ptérygion. L'enroulement ou l'abandon sur place après détachement jusqu'à la base ne nous ont jamais procuré de résultats satisfaisants, et tôt ou tard on est obligé d'en venir à l'ablation. Enfin, lorsque le ptérygion est très large, nous l'utilisons, à la façon de Desmarres, en le transplantant dans le cul-de-sac inférieur, puis nous suturons la conjonctive, en y ajoutant s'il le faut des incisions libératrices.
Ces indications posées, voici comment on procède :
A l'aide du blépharoslal on fixe les paupières, puis on lave antiseptiquement les culs-de-sac. Saisissant le ptérygion avec une pince dans sa seule portion charnue et vasculaire, on le détache en commençant par la tête, formée de tissu scléreux qu'il faut circonscrire et évider avec le bistouri demi-courbe aussi profondément qu'il est nécessaire. Une fois cette partie libérée, quelques coups de ciseaux donnés sur les bords suffisent pour détacher le reste jusqu'à la base. Le ptérygion est excisé à son tour ou laissé en place, suivant que l'on se propose ou non d'utiliser par greffe le tissu ptérygoïdal. Avec un petit
1. Szokalski, Arch. f. Physiol. und Heil/c, 1845, IV, p. 285.
2. Knapp. Arch. f. Opht., XIV, I, p. 267 5. Martin. Ami. d'ocul.. 1881, p. 144.
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thermo-cautère olivaire, on touche assez vigoureusement le fond et les bords légèrement opalescents de la cupule cornéenne. Si quelques vaisseaux fournissent du sang, on les cautérise. En supposant que le ptérygion ne soit pas large, la réunion des deux bords de la conjonctive par deux ou trois points de suture est facile. Lorsque au contraire la perte de substance est étendue, on pratique deux incisions conjonctivales libératrices parallèlement à la cornée, et, s'il le faut, deux autres plus périphériques vers la base du ptérygion; il en résulte deux lambeaux quadrilatères qui, réunis entre eux, recouvrent la brèche. Chibret' agit de la même façon, sauf qu'il enroule le ptérygion jusqu'à sa base et y lixe les lambeaux par un point de suture. Si l'on emploie le procédé de Desmarres, il suffit de mobiliser la partie inférieure de la conjonctive interposée entre la cornée et le bord du ptérygion, pour recouvrir une portion notable de la surface mise à nu.
Comme pansement, on saupoudre la plaie avec de l'iodoforme fin précipité par l'éther, puis on ferme les paupières pendant deux ou trois jours au plus, au moyen d'un bandage sec composé d'une rondelle de gaze salolée ou iodoformée, d'ouate hydrophile et de quelques tours de bande. La réunion par première intention est la règle; on retire les fils, à moins qu'ils ne soient en catgut, et l'on recommande au malade de laver l'œil avec une solution boriquée jusqu'à la disparition de toute hyperhémie. Les résultats obtenus sont, satisfaisants en ce sens que la marche envahissante du ptérygion se trouve définitivement arrêtée. Pour ce qui est de la difformité du grand angle, elle se réduit à une plaque, blanchâtre qui tranche sur le reste de la conjonctive. De même à la périphérie de la cornée il subsiste une lunule d'aspect porcelanique généralement plus petite que la place occupée antérieurement par la tête du ptérygion, ce qui tient à l'éclaircissement progressif des bords de la cupule. Là se borne le résultat que l'on peut espérer.
Pour ce qui concerne le traitement des ptérygoïdes, nous n'avons rien à ajouter à ce qui a été dit à propos du symhlépharon.