Boget., Arch. f. Opht., XXII, p
NÉOPLASMES BENINS DE LA CONJONCTIVE. 27b
surtout aux approches de la puberté, qui en exagère le volume, que l'attention est éveillée. Tous les observateurs son! d'accord sur la plus grande fréquence de ces lipomes dans le sexe féminin; parfois ils coexistent avec d'autres anomalies, principalement L'éctopie de la pupille et un coloborae de la paupière.
Le diagnostic en est généralement facile. La paupière étant éversée, on aperçoit une masse mollasse, arrondie ou oblongue, de couleur gris jaunâtre et ordinairement lobulée. La conjonctive glisse dessus, exceptionnellement elle contracte des adhérences solides, et dans les deux cas la tumeur reste mobile sur le globe et se perd insensiblement vers la profondeur de l'orbite.
Comme il n'en résulte aucune gêne sensible, l'expectation est la règle, sauf si le malade désire s'en débarrasser à cause du refoulement de la paupière en avant.
L'extirpation ne présente aucune difficulté, et il faut seulement se garder de toucher au tissu cellulograisseux de l'orbite, qui se continue souvent avec celui de la tumeur. Après l'ablation, on suture la conjonctive au catgut ou à la soie fine.
Ci-joint des lipomes sous-conjonctivaux d'origine congénitale que nous avons extirpés chez deux tilles de sept et huit ans. L'une des tumeurs mesurait 2 centimètres de long sur 1 et demi de large. Bien que constituée exclusivement de tissu cellulo-graisseux, la masse était contiguë à la glande lacrymale palpébrale, rapport dont il faut tenir compte pendant l'opération.
D. — DERMOIDES
L'histoire des dermoïdes de la conjonctive est de date relativement récente. Ryba1 en 1855 comprit la signification exacte de ces productions qu'il envisageait comme un fragment de peau : d'où le nom de dermoïde proposé par lui, et adopté depuis. Les observations se sont multipliées par la suite, grâce aux publications de v. Grsefc\ Virchow3, Lew4, Pagenstecher et Gents, Wecker", Visconti7. Evemert8,