‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 210 sur 344 · GunwiTscn, ArcK. /. Opht., XXIX, i, p · texte numérisé non relu

GunwiTscn, ArcK. /. Opht., XXIX, i, p

vorticineuses ; 55 fois seulement elle se jetle dans L'ophtalmique très près du sinus caverneux et 9 ou 10 l'ois par une ou deux branches originelles, directement dans ce dernier. 11 ajoute que l'embouchure de la veine lacrymale principale dans l'ophtalmique se rapproche plus du sinus caverneux que celle des autres veines orbilaires. Habituellement, il a trouvé une anastomose avec la veine palpébrale supérieure.

Les lymphatiques sont encore incomplètement connus. Ce que nous avons constaté, c'est que, lors de tumeurs malignes, les ganglions pré-auriculaires et faciaux peuvent être envahis.

Le nerf lacrymal, né de la branche ophtalmique de Willis après son anastomose avec le plexus carotidien et le maxillaire supérieur, traverse la glande d'arrière en avant, et lui abandonne de nombreux tilets, constitués en majeure partie par des libres de Rcmak. Ajoutons que l'artère lacrymale reçoit du ganglion ophtalmique un filet qui l'accompagne dans la glande.

On conçoit dès lors que des excitations de la cornée, de la conjonctive, des bords palpôbraux, de la face et même du sympathique influent sur la sécrétion des larmes. Magcndie1, en piquant chez l'homme la branche ophtalmique, provoqua l'hypersécrétion. Les irritations de la muqueuse nasale, les efforts violents et les actes qui entraînent la suspension momentanée de la respiration, tels que le rire ou l'éternueinent, déterminent les mêmes phénomènes. La quantité des larmes diminue au contraire pendant le sommeil, ce qui explique pourquoi, dans la dacryocystite, le sac est à peu près vide au réveil, tandis qu'il est distendu dans la journée.

L'activité de la sécrétion varie avec les individus, aussi bien à l'état physiologique que pathologique. A cet égard, le sexe n'est pas indifférent. Tandis que les femmes pleurent à tout propos, les hommes, fût-ce sous le coup d'impressions morales vives, gardent ordinairement les yeux secs. Un autre détail qui n'a pas suffisamment attiré l'attention, c'est que les enfants à la mamelle crient et se débattent sans verser de larmes, alors même qu'ils sont atteints de conjonctivite. Il y a donc lieu d'admettre que les réflexes lacrymaux ne s'établissent que plus tard.

Demtschensko2, expérimentant sur les chiens, les chats et les lapins, a obtenu les résultats suivants :

La sécrétion lacrymale n'est nullement influencée par l'électrisation du nerf maxillaire inférieur, tandis qu'elle est augmentée par l'excitation du sympathique au cou. L'irritation du frontal, du sus-orbitaire, du nasal, du lacrymal, du glosso-pharyngien, du pneumogastrique

1. Magexdie, Précis de physiologie, I, p. 59, Paris, l!v>S. 1. Dejitsciiexsko, Pfluger's Arch., sept. 1872

agit, même après la section du sympathique, alors qu'elle reste sans effet après celle du lacrymal. La chloroformisation diminue, mais n'annihile pas la sécrétion. L'excitation du tronc du trijumeau donne le même résultat que celle de ses branches sensilives, et n'altère en rien la limpidité des larmes. L'irritation du cordon sympathique provoque au contraire une sécrétion trouble, par suite sans doute d'une surabondance de mucus conjonctival. La paralysie de la cinquième paire abolit la sécrétion et la ligature de la carotide la diminue, tandis que la compression des veines et de la trachée l'augmente. Les larmes se composent de :

Eau 99,06

Chlorure de sodium \

Phosphate de soude ■ ■ I

Phosphate de chaux. > 0,72

Mucus \

Graisse I

Parcelles cpilhéliales 0,14

Albumine 0,08

La réaction est neutre ou légèrement alcaline; la saveur en est salée.

Il est certain que diverses conditions organiques modifient cette composition: nous en voulons pour preuve l'apparition de calculs ou daçryolithes dans les conduits excréteurs et le sac ; mais c'est aller loin que d'admettre des inflammations de la conjonctive et des voies d'excrétion, consécutives à des changements dans l'alcalinité. Ce que l'on voit par exception, c'est la présence de globules sanguins, constituant ce que l'on est convenu d'appeler des larmes de sang. Nous avons observé un cas de ce genre chez une jeune fille névropathe, sujette à des héinorrhagies périodiques de cet ordre.

Voies d'excrétion des larmes. — Elles comprennent trois parties :

une première horizontale constituée par les deux conduits ou canali-

cules lacrymaux; une seconde verticale appelée sac, et une dernière

en continuation avec la précédente, mais plus étroite, désignée sous

. le nom de canal locrymo-nasal .

Conduits lacrymaux. — Ils occupent la partie la plus interne des bords libres qui, à ce niveau, sont arrondis et dépourvus de follicules pileux, ainsi que de glandes. Immédiatement en dedans du dernier orifice meibomien, on aperçoit sur chaque paupière une petite saillie conoïde appelée papille lacrymale, au centre de laquelle se trouve l'embouchure externe des canalicules. L'orifice supérieur a { de millimètre de diamètre, et l'inférieur {. Tous deux s'inclinent en arrière, comme pour plonger dans la partie la plus interne du sac conjonctival désignée sous le nom de lac lacrymal. L'inférieur est à 6mm,5 de l'angle

de la commissure, le supérieur à (i millimètres seulement. Il en résulte que lors du rapprochement des paupières, les deux points lacrymaux ne se correspondent pas, mais sont juxtaposés.

La première portion des canalicules est verticale dans l'étendue de 2 millimètres et se termine par un élargissement cupuliforme. D'après Heinlein et Gerlach,

à 1 demi-millimètre /v, - I

de 1 orifice le conduit se rétrécit, puis se dilate, pour aboutir finalement à l'ampoule précédemment décrite.

La partie horizontale, la plus longue, converge en sorte Cfue les deux canaux débouchent dans le sac par un orifice commun vers le tiers supérieur du sac, plus près de la partie antérieure que de la postérieure. La longueur de cette portion est de 5 à 7 i au plus.

En arrière, les conduits sont en rapport avec la conjonctive limbaire, en avant avec le ligament palpébral interne ou tendon direct de l'orbiculaire. Ils sont entourés de fibres musculaires striées longitudinales ou obliques, dont les antérieures appartiennent à l'orbiculaire, les postérieures au muscle de Ilorner. Parvenues à la base des papilles, elles s'entre-croisent en s'insérant sur les parois des canalicules, mais sans constituer un véritable sphincter, ainsi que Henke et Heinlein1 l'ont bien fait ressortir.

D'après Foltz \ il existe au niveau de l'embouchure commune une valvule, pourvue à son centre d'un nodule. De l'orme variable, elle a été également admise par Rosenmùller et Huscke, dont elle porte les noms.

Bochdaleck décrit un autre repli valvulaire à peu de distance

Fig. 250. — Conduits lacrymaux (d'après Heinlein).

a. Point lacrymal supérieur. — b, portion verticale ou infundibulum. — c d' , portion arquée. — d'd, portion horizontalement inclinée. — e, portion commune aux deux conduits. — /', sac lacrymal coupé obliquement. — h, libres de l'orbiculaire. — 1, premier diverticulum. — % second diverticulum. — <j, glandes de Meibomius.

lillimètres et la largeur d'un demi-millimètre

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