‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 243 sur 344 · Despagnet, Soc. fr. d'opht., 1891, p · texte numérisé non relu

Despagnet, Soc. fr. d'opht., 1891, p

injecté du sublimé à -pj^, il racle les parois avec une petite curette demi-mousse, et s'il existe des végétations saillantes, il les retranche d'un coup de ciseaux. Comme l'hémorrhagie est abondante, il fait de nouveaux lavages, puis touche la muqueuse avec une boulette de coton trempée dans un mélange de sublimé et de glycérine à y^, dont il se déclare plus satisfait que de la solution d'acide phonique a j^. Les lavages et les attouchements sont répétés pendant les huit à dix jours que la plaie met à se fermer. A ce moment, on continue les lavages à travers les points lacrymaux.

Par ce procédé l'auteur dit avoir obtenu chez trois femmes atteintes de dacryocystite remontant à cinq, sept et dix années, une guérison radicale, alors que les sondes et les injections n'avaient donné aucun résultat.

De Wecker1 procède comme Tartuferi, avec cette différence qu'au lieu d'inciser le ligament palpébral interne seul, il pratique de dedans en dehors une ouverture de 1 à 1 { centimètre, par où il introduit une cuillère tranchante ayant la même forme que celle à chalazion, mais de dimension double. Après lavage au sublimé, il suture la plaie et enlève les deux ou trois points quelques jours après. Terson" de Toulouse se sert d'une fine curette fenêtrée qu'il introduit par le canalicule débridé.

Guaita3, qui en 1887 était partisan de la cautérisation ignée, a adopté depuis une méthode, suivant lui plus rapide, où il combine le curettage à l'introduction dans le canal nasal, préalablement stricturotomisé, d'une canule d'os décalcifié empruntée à la patte de la grenouille. Le volume de cette canule ne doit pas dépasser 2 à 5 millimètres; une fois en place, il applique deux ou trois points de suture sur le sac. et la durée du traitement est en moyenne de six à neuf jours. Si des phénomènes inflammatoires surviennent, il ouvre la plaie, lave la cavité au sublimé et désobstrue la canule. Dans les cas de dacryocystite phlegmoneuse, il incise le sac, procède au curettage, et ce n'est qu'au bout de trois à quatre jours qu'il pratique la stricturotomie et introduit la canule. N'ayant pas suivi ses malades plus de cinq mois, il ne saurait dire si la guérison a été définitive et si le canal a recouvré sa perméabilité.

Pour juger le curettage, une plus grande expérience serait nécessaire; tandis que la cautérisation ignée a fait ses preuves, non seulement dans l'antiquité, mais plus près de nous à l'époque où elle a eu pour défenseurs Nannoni, Sperino ctManlredi en Italie, Desmarres père et d'autres en France.

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